Alio Daouda
| Ministre de la justice et garde des sceaux (Niger) | |
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Alio Daouda est un homme politique nigérien. Il occupe la fonction de ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, garde des Sceaux, chargé des relations avec les institutions au sein du gouvernement du Niger. Dans le cadre de ses fonctions, il est responsable de la politique judiciaire, de la promotion des droits humains et de la coordination des relations institutionnelles liées au système judiciaire du pays. Ancien premier président de la cour d'appel de Niamey, il est l'une des figures civiles les plus visibles du régime de transition qui gouverne le Niger depuis le coup d'État du 26 juillet 2023.
Biographie
Formation et début de carrière
Alio Daouda suit une formation juridique qui le conduit à intégrer la magistrature nigérienne. Classé au premier grade, deuxième échelon du corps de la magistrature, sous le matricule 71127/X[1], il fait progressivement carrière au sein de l'appareil judiciaire du Niger. Avant d'accéder aux plus hautes fonctions juridictionnelles, il exerce comme conseiller à la cour d'appel de Niamey, position qui lui permet d'acquérir une expertise approfondie dans les domaines du droit civil, pénal et économique[1].
Accession à la présidence de la cour d'appel de Niamey
À l'issue d'une décision du Conseil supérieur de la magistrature en septembre 2021, il est nommé premier président de la cour d'appel de Niamey, en remplacement de Gayakoye Sabi Abdourahmane, appelé à d'autres fonctions[1],[2]. Cette nomination le place à la tête de la principale juridiction d'appel du pays. Simultanément, il est désigné président de la chambre de jugement du pôle judiciaire spécialisé en matière économique et financière de la cour d'appel de Niamey, exerçant ces deux fonctions de manière cumulative[1],[3].
Alio Daouda est aussi président du tribunal militaire au titre de l'année 2022[4].
Entrée au gouvernement de transition
Le 26 juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani et les officiers du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) renversent le président Mohamed Bazoum et prennent le contrôle du pouvoir au Niger[5]. Le CNSP forme, le 10 août 2023, un gouvernement de vingt et un membres, composé à la fois de civils et de militaires[6]. C'est dans ce cadre qu'Alio Daouda, alors premier président de la cour d'appel, est appelé à rejoindre le gouvernement en qualité de personnalité civile[6]. Sa nomination est officialisée par le décret n° 2023-035/P/CNSP du 9 août 2023 portant composition du gouvernement[7].
Il occupe le poste de ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, garde des Sceaux, chargé des relations avec les institutions[8]. Dans cette fonction, il supervise la mise en œuvre de la politique judiciaire du gouvernement nigérien ainsi que les réformes liées au fonctionnement du système judiciaire et à la protection des droits fondamentaux[9],[10].
Actions ministérielles
Activités diplomatiques
L'un des dossiers les plus médiatisés de son mandat concerne le contentieux opposant le Niger au groupe français Orano (anciennement Areva), exploitant historique de l'uranium nigérien depuis 1971. Le 2 décembre 2025, Alio Daouda tient une conférence de presse à Niamey pour annoncer l'intention du Niger de poursuivre en justice la société Orano[11]. Il révèle la découverte de quatre cents tonneaux contenant des carottes radioactives hautement toxiques sur un ancien site d'exploitation abandonné dans le département d'Arlit, région d'Agadez[12].
Il accuse la société française d'avoir porté atteinte à la santé des populations nigériennes et d'avoir refusé d'obtempérer à des décisions rendues par les juridictions nigériennes[13]. Le 27 décembre 2025, il participe avec le ministre des mines à une communication officielle au palais de la présidence, lors de laquelle le gouvernement rejette catégoriquement les accusations portées par Orano évoquant un supposé « vol » d'uranium[14]. Alio Daouda souligne que le contrat entre le Niger et Orano constitue un droit d'exploitation conditionné et non une propriété du sous-sol nigérien, et que Niamey applique sa réglementation minière en toute souveraineté[15]. En février 2026, il installe un comité d'experts chargé de la documentation des plaintes dans le cadre du contentieux avec Orano, en vue d'établir les faits et de quantifier les préjudices subis par les populations et l'environnement[16].
Représentations internationales et coopération au sein de l'AES
Alio Daouda participe à plusieurs rencontres internationales consacrées aux questions judiciaires et aux droits humains. En avril 2025, il se rend à Genève pour participer à des réunions organisées autour des mécanismes internationaux de protection des droits humains. À cette occasion, il rencontre le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avec lequel il échange notamment sur la situation sécuritaire au Niger et sur les mécanismes d’enquête liés aux attaques contre les civils[17].
En mai 2025, il participe à Bamako à la première réunion des ministres de la Justice de la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Cette rencontre vise à renforcer la coopération judiciaire et l’intégration des systèmes juridiques entre les pays membres de cette organisation régionale[18].
Activités institutionnelles
Dans ses fonctions de ministre, Alio Daouda participe également à l’organisation et à la supervision d’institutions liées à la régulation de l’information et aux relations entre les institutions publiques[19].
En novembre 2025, il procède à l’installation officielle des membres de l’Observatoire national de la communication (ONC), une structure chargée de contribuer à la régulation du secteur de l’information et des médias. Lors de cette cérémonie, il souligne l’importance de la responsabilité éditoriale et de l’équilibre de l’information dans un contexte politique et sécuritaire marqué par des défis importants pour le pays[20].
Alio Daouda participe également à plusieurs initiatives de coopération judiciaire au niveau régional. En octobre 2025, il assiste à Ouagadougou à la rentrée judiciaire du Burkina Faso aux côtés de responsables judiciaires de la région[21].
En février 2026, il effectue une visite au tribunal d’arrondissement communal Niamey IV, où il souligne la nécessité de renforcer la performance et l’éthique dans le fonctionnement de la justice[22]. Le 5 mars 2026, il se rend aussi au tribunal de grande instance hors classe de Niamey[19].
Références
- cfeditorfr, « Conseil Supérieur de la MagistratureNominations et affectations des Magistrats (Suite et fin ) », sur niger, (consulté le )
- ↑ « Semaine OHADA à Niamey (NIGER), du 18 au 22 avril 2022 », sur OHADA.com, (consulté le )
- ↑ « Conseil Supérieur de la MagistratureNominations et affectations des Magistrats (Suite et fin ) – Le Sahel » (consulté le )
- ↑ « 1ère session du Tribunal militaire au titre de l’année 2022 : 13 dossiers dont une affaire d’atteinte à la sécurité de l’Etat et un viol sur mineur de 14 ans seront jugés – Le Sahel », (consulté le )
- ↑ « Niger : Les droits humains en chute libre un an après le coup d’État | Human Rights Watch », (consulté le )
- Agence Ecofin, « Niger : le CNSP nomme 21 ministres, dont l’actuel représentant permanent du Niger à l’ONU », sur Agence Ecofin (consulté le )
- ↑ iMalyis, « Niger : le CNSP met en place un gouvernement civilo-militaire de 21 portefeuilles », sur Agence Nigérienne de Presse, (consulté le )
- ↑ « Au Ministère en charge de la Justice : M. Alio Daouda rencontre les cadres et le personnel du Ministère – Le Sahel » (consulté le )
- ↑ « Point de presse du ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux : « Cette décision ne laissera pas intact, aux yeux des Nigériens et des millions de citoyens de l’UEMOA, le crédit de cet organe communautaire » déclare M. Alio Daouda », sur aniamey.com (consulté le )
- ↑ cfeditorfr, « Entretien accordé à la RTN par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, M. Alio Daouda : « Nous allons mettre en œuvre un dispositif pour débarrasser l’appareil judiciaire dans un premier temps de la corruption et pour que l’on puisse aller vers les autres services étatiques avec force et lutter contre ce phénomène » », sur niger, (consulté le )
- ↑ « Nucléaire : le Niger intente une action en justice contre Orano pour préjudice écologique lié à l’uranium », sur SudOuest.fr, (consulté le )
- ↑ « Le Niger annonce une plainte contre la société française Orano », sur www.aa.com.tr (consulté le )
- ↑ Agence Ecofin, « Uranium : le différend entre Orano et le Niger se déplace vers la pollution environnementale », sur Agence Ecofin (consulté le )
- ↑ « Uranium disparu au Niger: la junte rejette les accusations de «vol» », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Accusations de « vol » d’uranium : le Niger répond par le droit, les chiffres et l’histoire », sur ActuNiger, (consulté le )
- ↑ Salissou Soumana Karimou, « Différend juridique ORANO/Niger: Installation à Niamey d’un comité d’experts chargé de la documentation des plaintes », sur Agence Nigérienne de Presse, (consulté le )
- ↑ Abdourahamane Salifou, « En mission à Genève, le Ministre nigérien de la Justice reçu par le Haut-Commissaire des Nations-Unies aux Droits de l’Homme », sur Agence Nigérienne de Presse, (consulté le )
- ↑ Aujourd'hui-Mali, « Le ministre nigérien, Alio Daouda à la réunion des ministres de la justice de L'AES », Maliweb, (lire en ligne)
- « Poursuite de la série de visites du ministre en charge de la Justice dans les services rattachés : Le ministre Alio Daouda échange avec ses collaborateurs sur l’amélioration de la qualité des prestations – Le Sahel » (consulté le )
- ↑ « Installation des membres de l'Observatoire National de la Communication:Le Ministre Alio DAOUDA appelle à l'équilibre de l'information, à la transparence et à la responsabilité dans le secteur », sur www.gouv.ne (consulté le )
- ↑ Rédaction ESPOIR, « Rentrée judiciaire 2025-2026 au Burkina Faso : pour une justice plus proche des justiciables », sur ESPOIR INFO, (consulté le )
- ↑ « Visite du ministre chargé de la Justice au TAC Niamey IV : Le ministre Alio Daouda appelle à une justice plus performante et éthique – Le Sahel » (consulté le )
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