Amibe

Amibe
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Amibe » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après
Amibes dans un dessin de Christian Gottfried Ehrenberg.

Taxons concernés

Une amibe est un micro-organisme appartenant à divers groupes de cellules complexes eucaryotes. Dans l'usage du terme, amibe désigne en fait des organismes membres de nombreux groupes de protistes amiboïdes de différents taxons eucaryotes Entamoeba gingivalis: Amoebozoa, Acanthamoeba, Rhizaria, Heterokonta, Excavata et Opisthokonta[1]  : il ne s'agit donc pas d'un groupe monophylétique mais polyphylétique. L'ancêtre commun à toutes les amibes est peut-être également l'ancêtre commun de tous les eucaryotes[2].

Avec le réchauffement climatique, la contamination de l'eau domestique par des espèces libres d'amibes (principalement Naegleria fowleri et Acanthamoeba spp.) devient une menace émergente dans les pays à climat tempéré[3].

Biologie, écologie

Dans leur vie globale comme dans leur fonctionnement cellulaire interne, les amibes sont des unicellulaires eucaryotes, hétérotrophes phagotrophes, au même titre que beaucoup de paramécies.

La structure de la cellule d'une amibe ressemble beaucoup plus à celle des êtres multicellulaires qu'aux autres êtres unicellulaires.

Les amibes sont autant des organismes libres que parasites. Elles peuvent être nues ou posséder une coquille ou thèque, comme les thécamibiens ou les foraminifères.

Les amibes se déplacent et se nourrissent grâce à des sortes de membres temporaires dits pseudopodes. Elles peuvent attaquer d'autres cellules par phagocytose.

Reproduction

De par leur importante diversité, la grande famille des amibes ne tient pas d'un type de reproduction unique, mais emprunte à presque toutes les stratégies de reproduction connues. Et si la fission binaire est peut-être la manière "basique", elle n'est pour autant la seule, et on a un peu l'impression que, chez les amibes, tout est bon à prendre dans le but de se multiplier...

Ainsi, lorsque la fission binaire crée deux clones identiques, certaines amibes produisent des clones multiples ; parfois plus petits, parfois différents, jusqu'à et pour certaines, par combinaison avec la faculté de survivre déshydratée ou même réfugiées dans un noyau/graines/œufs qui attend les conditions favorables pour (re)prendre une activité, de véritables sporulations.

Par ailleurs, d'autres amibes, par cette fois faculté d'agglomération et/ou de mitigation, utilisent une reproduction qualifiable de sexuée. Cette reproduction s'entend encore hermaphrodite tant qu'aucun genre ne peut être attribué à ce type d'amibes de façon formelle, mais elle donne lieu, là encore, à la production d'être vivants, œufs, graines, clones ou non, jusque, là encore, à de véritables sporulations.

D'une manière générale, la reproduction des amibes est très représentatif de l’ensemble des reproductions du vivant sur Terre[4].

Aspects sanitaires

Certaines amibes (Entamoeba histolytica) sont causes chez l'Homme d'une infection parasitaire des voies digestives nommée amibiase (ou Amœbose). Le parasite est éliminé dans les déjections fécales des sujets infectés sous sa forme de kyste (forme résistante de l'agent infectieux). La transmission de la maladie se fait par voie digestive, directement par les mains sales ou indirectement par l'eau ou les aliments souillés de matières fécales. Ce type de risque est communément appelé le péril fécal[5].

Les kystes sont parfois très résistants et peuvent rester viables plus de 20 ans pour les Acanthamoeba[6],[7].

La prévention repose en priorité sur l’élimination de la contamination fécale de l’eau, des aliments et des mains[5].

Les procédés de potabilisation de l'eau doivent l'éliminer[8].

L'amibe Entamoeba gingivalis est liée aux parodontites[réf. nécessaire].

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Rabe, P., Rinkel, J., Nubbemeyer, B., Köllner, T. G., Chen, F., & Dickschat, J. S. (2016). Terpene cyclases from social amoebae. Angewandte Chemie International Edition, 55(49), 15420–15423 (résumé).

Notes et références

  1. (en) Sina M. Adl, Alastair G. B. Simpson, Christopher E. Lane, Julius Lukeš, David Bass, Samuel S. Bowser, Matthew W. Brown, Fabien Burki, Micah Dunthorn, Vladimir Hampl, Aaron Heiss, Mona Hoppenrath, Enrique Lara, Line le Gall, Denis H. Lynn, Hilary McManus, Edward A. D. Mitchell, Sharon E. Mozley-Stanridge, Laura W. Parfrey, Jan Pawlowski, Sonja Rueckert, Laura Shadwick, Conrad L. Schoch, Alexey Smirnov, Frederick W. Spiegel, « The Revised Classification of Eukaryotes », Journal of Eukaryotic Microbiology, vol. 59, no 5,‎ , p. 429–514 (ISSN 1550-7408, PMID 23020233, DOI 10.1111/j.1550-7408.2012.00644.x, lire en ligne, consulté le )
  2. (en) Daniel J. G. Lahr, Laura Wegener Parfrey, Edward A. D. Mitchell, Laura A. Katz, Enrique Lara, « The chastity of amoebae: re-evaluating evidence for sex in amoeboid organisms », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 278, no 1715,‎ , p. 2081-2090 (ISSN 0962-8452 et 1471-2954, PMID 21429931, DOI 10.1098/rspb.2011.0289, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) Jianyi Zheng, Ruiwen Hu, Yijing Shi et Zhenzhen He, « The rising threat of amoebae: a global public health challenge », Biocontaminant, vol. 1, no 1,‎ (ISSN 3070-359X, DOI 10.48130/biocontam-0025-0019, lire en ligne, consulté le )
  4. « Amibe : définition et explications », sur AquaPortail (consulté le )
  5. a et b Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso, Dr Lyonel Rossant, « Amibiase : causes, symptômes, diagnostic et traitements », sur doctissimo.fr, (consulté le ).
  6. Céline Coulon, Amibes libres de l’environnement : résistance aux traitements de désinfection et interactions avec les Chlamydiales. Sciences agricoles. Université Paris Sud - Paris XI, 2011. Français.NNT : 2011PA114806. tel-00665238,
  7. Sriram, R., et al., Survival of Acanthamoeba cysts after desiccation for more than 20 years. J Clin Microbiol, 2008. 46(12): p. 4045-8
  8. Vernhes, M. C., Benichou, A. et Pernin, P. (1999). Éradication des amibes libres par l’utilisation de champs électriques pulsés. Dans : Journée d’Électrochimie, 1 au 4 juin 1999, Toulouse, France.

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