Christian Tein

Christian Tein
Illustration.
Fonctions
Président du Front de libération nationale kanak et socialiste
En fonction depuis le
(1 an, 9 mois et 8 jours)
Élection 31 août 2024
Prédécesseur Aucun (poste vacant)
Roch Wamytan (indirectement)
Secrétaire général adjoint de l'Union calédonienne
Leader de la Cellule de coordination des actions de terrain
En fonction depuis le
(2 ans, 6 mois et 21 jours)
Prédécesseur Poste créé
Biographie
Date de naissance
Nationalité Française
Parti politique Union calédonienne
Père Emmanuel Tein
Fratrie Tani Tein
Famille Dimitri Tein Qenegei (neveu)

Christian Tein (prononcé /teɛ̃/) est un homme politique français, né en 1968 sur l'île Ouen.

C'est une figure politique indépendantiste kanak de Nouvelle-Calédonie. Il occupe le poste de secrétaire général adjoint puis de commissaire politique de l'Union calédonienne (UC), une des formations historiques du nationalisme kanak et composante du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), et il est également le porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusée par les autorités françaises d’avoir joué un rôle dans les violences de mai 2024.

Tein est désigné président du FLNKS en par deux des composantes de cette alliance, les deux autres — le Parti de libération kanak (Palika) et l'Union progressiste en Mélanésie (UPM) — ne le reconnaissant pas. Ces deux composantes suspendent à la suite leur participation au FLNKS puis le quittent définitivement mi-novembre 2025.

Biographie

Enfance et formation

Il naît en 1968[1],[2].

Son père Emmanuel Tein, est un élu de l’UC. Son frère aîné, Tani Tein, a fait de la politique et a été emprisonné en 1987, lors des évènements[1].

Carrière politique

Union calédonienne

Il est en 2023 commissaire général de l'Union calédonienne[3].

Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT)

En tant que porte-parole de la CCAT, Christian Tein a été activement impliqué ces dernières années dans la mobilisation sur le territoire de Nouvelle-Calédonie contre le projet de révision constitutionnelle[4]. En , pendant les émeutes, il lance des appels à ne pas piller les commerces[5]. Mais, après une rencontre avec Emmanuel Macron lors de sa visite le au cours de laquelle le président de la République réclame une levée des barrages, Christian Tein répond par des vidéos adressées aux militants de la CCAT. Il y concède vouloir « sur les artères principales, desserrer un peu l’étau » pour permettre un approvisionnement en carburant, médicaments ou permettre un accès aux dialyses, mais aussi qu'« il n'est pas question de desserrer fortement l'étau » et que : « Ma seule crainte (…), c’est qu’aujourd’hui, si on descend le niveau très, très bas, ça va être compliquée la mobilisation derrière. Les gens de chez nous vont lâcher prise. Et moi, je ne veux pas perdre. »[6],[7].

En , Tein est élu président du FLNKS[8]. Cette désignation n'est toutefois pas reconnue par le Parti de libération kanak (Palika) ni par l'Union progressiste en Mélanésie (UPM), deux des quatre formations membres du FLNKS[9],[10].

Accusations, détention, non-lieu

À la suite des émeutes en Nouvelle-Calédonie en mai 2024, il est interpellé sous l'accusation de participation aux troubles. Il est ensuite détenu en France métropolitaine[11] (au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach[12]). Il nie toute implication dans les violences[13].

Environ 200 personnes manifestent à Mulhouse en pour réclamer sa libération[14].

Le 3 juillet 2024, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nouméa décide de le maintenir en détention provisoire en France métropolitaine. La cour estime que sa présence en Nouvelle-Calédonie pourrait raviver un ressentiment conséquent auprès des milliers de victimes des émeutes, qui ont perdu leur emploi, leur entreprise, leur maison, ou des proches faute d'avoir pu accéder à des soins médicaux en raison des barrages érigés et tenus sur instruction de Christian Tein par les émeutiers[15]. Il se pourvoit en cassation pour contester sa détention en métropole, et la Cour invalide en effet cette décision en octobre 2024, sans le remettre en liberté[16]. Les charges retenues contre lui incluent « complicité de meurtre », « vol en bande organisée avec arme », « destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime et d’un délit », et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction de biens »[15]. Selon l'accusation, les émeutes du 13 mai ont été méthodiquement organisées par la CCAT, avec des référents de quartier pour canaliser l'action des jeunes issus des quartiers populaires[15].

En , Christian Tein, alors en détention, est nommé président du Front de libération nationale kanak et socialiste, par un congrès réunissant les composantes de ce dernier, sauf deux partis associés[17].

La cour d'appel de Nouméa décide le de maintenir sa détention[18].

En , les juges ordonnent sa remise en liberté et celle de trois responsables de la Cellule de coordination des actions de terrain, mais un contrôle judiciaire requis les empêche de se rendre en Nouvelle-Calédonie. Les juges considèrent que rien ne démontre que Christian Tein aurait organisé ou encouragé des attroupements armés ; au contraire, il aurait appelé au calme[19]. Il est libéré sous conditions en , malgré l'appel du parquet[20], et demeure ainsi sous l'interdiction de contacter les autres protagonistes du dossier et de retourner en Nouvelle-Calédonie[21],[22].

En , le contrôle judiciaire de Tein est modifié : il est autorisé à rentrer en Nouvelle-Calédonie et à rencontrer d'autres leaders indépendantistes. Cette mesure s'applique aussi aux militants Guillaume Vama, Dimitri Qenegei, Brenda Wanabo et Steeve Unë[13].

Le retour de Tein provoque des vives réactions, notamment une pétition s'opposant à son retour. Cette pétition recueille le plus de 3000 signatures, puis 13 000 en décembre[23],[24]. L'Union calédonienne voit dans ce retour une « très bonne nouvelle, réconfortante, très encourageante »[25].

La cour d'appel de Paris autorise le Tein à retourner en Nouvelle-Calédonie[26],[27],[28]. Il participe à une conférence de presse tenue à la Bourse du travail[29]. Tein rentre en Nouvelle-Calédonie en [24].

En juin 2026, l'enquête sur les émeutes impliquant Christian Tein et les autres militants kanak de la CCAT se clôt par un non-lieu général, mais le parquet fait appel[30].

Notes et références

  1. a et b « Nouvelle-Calédonie : 10 choses à savoir sur Christian Tein, figure indépendantiste et président du FLNKS », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  2. « Nouvelle-Calédonie: Christian Tein, leader kanak détenu en métropole, désigné président du FLNKS », sur TAHITI INFOS, les informations de Tahiti (consulté le )
  3. « Avenir institutionnel : les indépendantistes créent une "cellule de coordination des actions de terrain" », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère, (consulté le )
  4. « Crise en Nouvelle-Calédonie : qui est Christian Tein, le chef indépendantiste placé en détention provisoire dans l'Hexagone ? », sur France Info, (consulté le )
  5. « "La CCAT n’a jamais appelé à piller les magasins", réagit l'un de ses porte-voix, Christian Tein », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère, (consulté le )
  6. Françoise Tromeur, « Émeutes en Nouvelle-Calédonie. La CCAT réagit à la visite présidentielle : "On maintient la résistance dans les quartiers" », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère, (consulté le )
  7. Anthony Fillet, « Ce que Christian Tein dit en petit comité », sur La Voix du Caillou, (consulté le )
  8. « Nouvelle-Calédonie : le leader indépendantiste kanak Christian Tein a été libéré après un an de détention provisoire en Alsace », sur Franceinfo, (consulté le )
  9. « Nouvelle-Calédonie : Christian Tein, le leader kanak détenu dans l’Hexagone, désigné président du FLNKS », Le Monde et AFP, .
  10. Charlotte Mannevy, « Nouvelle-Calédonie : avec l’élection de Christian Tein à la tête du FLNKS, les indépendantistes font le choix d’une ligne dure », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) « New wave of unrest hits New Caledonia after authorities send pro-independence activists to detention in France », sur Australian Broadcasting Corporation, (consulté le )
  12. « Manifestation de soutien au leader kanak Christian Tein à Mulhouse », sur bluewin.ch, (consulté le )
  13. a et b « Christian Tein, le leader indépendantiste kanak, autorisé par la justice à rentrer en Nouvelle-Calédonie, mais dans l’attente d’un éventuel appel du parquet de Paris », Le Monde et AFP, .
  14. « Nouvelle-Calédonie : manifestation de soutien à Christian Tein à Mulhouse », sur Marine et Océans, (consulté le )
  15. a b et c « Nouvelle-Calédonie : ce qui est reproché à Christian Tein, chef indépendantiste incarcéré en France métropolitaine », sur Le Monde, (consulté le )
  16. « Nouvelle-Calédonie : le placement en détention dans l’Hexagone de l’indépendantiste Christian Tein sera réexaminé », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Nouvelle-Calédonie : Christian Tein, le leader kanak détenu dans l’Hexagone, désigné président du FLNKS » Accès libre, sur Le Monde,
  18. « L'indépendantiste kanak Christian Tein restera emprisonné à Mulhouse », sur France 3 Grand Est, (consulté le )
  19. « Nouvelle-Calédonie : les juges ordonnent la remise en liberté de Christian Tein et d’autres indépendantistes kanak détenus dans l’Hexagone », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. « Nouvelle-Calédonie : la justice libère Christian Tein et tous les indépendantistes kanak détenus dans l’Hexagone », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. Jeanne Péru-Gelly, « Remise en liberté de Christian Tein et des autres militants indépendantistes kanak détenus jusqu'ici dans l'Hexagone » Accès libre, sur Outre-mer La Première, (consulté le )
  22. « Nouvelle-Calédonie : le leader indépendantiste Christian Tein remis en liberté », sur Libération (consulté le )
  23. « L'éventuel retour de Christian Tein très mal accueilli par une partie des Calédoniens », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère, (consulté le )
  24. a et b « Le leader indépendantiste Christian Tein de retour en Nouvelle-Calédonie, trois mois après la fin de son contrôle judiciaire », AFP et Le Monde, .
  25. « Pour l’Union calédonienne, l’éventuel retour de Christian Tein “est une nouvelle réconfortante” », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère, (consulté le )
  26. « Nouvelle-Calédonie : le leader indépendantiste kanak Christian Tein autorisé par la cour d'appel de Paris à retourner dans l’archipel », sur www.cnews.fr, (consulté le )
  27. « Le leader indépendantiste kanak Christian Tein autorisé par la cour d’appel de Paris à retourner en Nouvelle-Calédonie », sur Mediapart, (consulté le )
  28. « Nouvelle-Calédonie : Christian Tein autorisé à rentrer après 18 mois de contrôle judiciaire », sur l'Opinion, (consulté le )
  29. « L’État a rappelé « qui est le colonisé et qui est le colonisateur » : les militants Kanak racontent leur incarcération - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
  30. « Nouvelle-Calédonie : non-lieu général ordonné en faveur des militants kanak de la CCAT, accusés d’être derrière les émeutes de 2024 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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