Philippe Smit
| Naissance | Zwolle, Pays-Bas |
|---|---|
| Décès |
(à 61 ans) Thoury-Ferrottes, France |
| Période d'activité |
- |
| Nationalité |
Néerlandaise |
| Activité |
Peintre |
| Mouvement |
Réalisme impressionniste, symbolisme mystique |
Philippe Smit (né le à Zwolle[1], mort en juillet 1948) est un peintre néerlandais, actif principalement en France et aux Pays-Bas.
Son œuvre, bien que saluée par certains collectionneurs[2],[3],[4]et critiques spécialisés[5],[6],[7],[8], reste relativement méconnue du grand public.
Biographie
Philippe Smit naît en novembre 1886 à Zwolle, aux Pays-Bas, dans une famille franco-néerlandaise.
En 1895, sa famille s’installe à Paris, où il reçoit une éducation essentiellement française. Il se passionne dès son jeune âge pour la poésie symboliste (Verlaine, Baudelaire, Mallarmé, Rollinat) et pour la musique de Claude Debussy, qui influencent profondément son œuvre.
La Première Guerre mondiale le surprend alors qu’il séjourne aux Pays-Bas. Il y reste jusqu’en 1920, hébergé par le couple de mécènes Nicolaas et Berendina Urban.
En 1921, il rencontre le collectionneur Theodore Pitcairn, qui devient son principal soutien financier. À son invitation, il effectue plusieurs séjours aux États-Unis, notamment en 1924, où il peint des portraits pour l’Église de la Nouvelle Jérusalem (swedenborgienne)[9].
Dès les années 1930, Philippe Smit et Berendina Urban (divorcée en 1929, elle l'épousera en 1940[10]) s’installent au château de La Motte à Thoury-Férottes (Seine-et-Marne). Il y continue son activité artistique jusqu’à sa mort en juillet 1948, à l'âge de soixante-et-un ans.
Œuvre
Philippe Smit figure dans plusieurs dictionnaires spécialisés consacrés aux artistes néerlandais et européens, notamment le Lexicon Nederlandse beeldende kunstenaars de Pieter Scheen (1970)[11], le Beeldend Nederland (1993)[12] et Beeldend Benelux (2000)[13] de P.M.J. Jacobs, ainsi que dans le Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler des XX. Jahrhunderts de Hans Vollmer (1953-1962)[14].
Philippe Smit développe un style éclectique et personnel, souvent qualifié de « réalisme impressionniste » ou de « symbolisme mystique ». Il est influencé par Jean-François Millet, les impressionnistes comme Claude Monet et Vincent van Gogh, ainsi que par Odilon Redon. Il utilise principalement le pastel, apprécié pour sa richesse chromatique, mais pratique également la peinture à l’huile.
Son œuvre reflète une quête spirituelle et esthétique, souvent nourrie par la poésie, la musique et les écrits de Emanuel Swedenborg. Il peint des portraits, des natures mortes, ainsi que des paysages, notamment dans la région de Fontainebleau et sur les bords de Seine. Resté en marge des mouvements artistiques dominants de son époque, il reçoit une reconnaissance limitée de son vivant[15],[16].
Expositions et critiques
La première exposition publique de Philippe Smit a lieu en , à la Larensche Kunsthandel d’Amsterdam. Il y présente 38 œuvres, principalement des pastels de paysages urbains et ruraux. Les critiques sont contrastées, mais l’une d’elles, signée Anton Zelling, se distingue par sa tonalité élogieuse : dans un article intitulé « Philippe Smit » paru dans De Hofstad le , Zelling met en lumière « les pastels parisiens […] qui révèlent une sensibilité poétique hors du commun » et souligne la capacité de Smit à unir « musique, poésie et religion » dans son art[5].
En 1920, le Kunsthandel De Hem à Laren organise sa deuxième exposition personnelle. C’est à cette occasion que Kasper Niehaus, critique d’art du Telegraaf, se montre particulièrement enthousiaste : il salue la maîtrise technique de l’artiste, sa faculté à magnifier la nature tout en conservant réalisme et lisibilité, et regrette que cet « artiste de grand talent » demeure encore « un visage trop méconnu »[7]. Niehaus devient dès lors un ardent défenseur de son œuvre, lui consacrant plusieurs articles dans les années suivantes[8].
En 1923, l’Atelier De Sparren à Laren lui consacre à nouveau une exposition individuelle, précédée et suivie de plusieurs expositions collectives. Sa série d’expositions néerlandaises se conclut en 1933 avec sa participation à une exposition collective[17] organisée par le marchand d’art Jacques Goudstikker à Amsterdam.
En , peu avant sa mort, Philippe Smit présente pour la première fois ses œuvres au public français lors d’une importante exposition à la galerie Pierre Maures à Paris. Plus de trente œuvres y sont présentées, principalement des pastels et des huiles récentes[18],[19].
Plusieurs expositions posthumes ont lieu aux États-Unis, dont la plus importante est sans doute celle organisée par le Michele & Donald D’Amour Museum of Fine Arts à Springfield, en , à l’initiative de Theodore Pitcairn[3]. Trente-six œuvres y sont présentées. En 1960, la collection Pitcairn est également exposée à Philadelphie[20]. Du 10 février au 10 mai 2026, le musée d'Orsay présente les trois pastels récemment acquis dans le cadre d’un accrochage intitulé Lumière du Nord : dessins scandinaves et néerlandais du musée d'Orsay[21].
Héritage
La majorité des œuvres de Philippe Smit se trouvent dans des collections privées. Une partie importante est conservée par la Lord’s New Church aux États-Unis[22].
Plusieurs musées en possèdent également dans leurs collections permanentes :
- Musée d'Orsay, Paris : Clair de lune, Maartensdijk (1916)[23], un pastel acquis en 2024; Bouquet de fleurs des champs (vers 1913)[24] et Jeune fille dans un lit (1914)[25] sont également entrés dans les collections publiques la même année.
- Musée des impressionnismes Giverny, France: Scène dans le parc (avant 1915)[26]
- Singer Laren Museum, Pays-Bas, De Wilgen (Saules) (1917)[27]
- Michele and Donald D’Amour Museum of Fine Arts, Springfield, États-Unis, L'Innocent (The Innocent) (1920)[27]
- Glencairn Museum, Bryn Athyn, États-Unis
Références
- ↑ Acte de naissance, archief Historisch Centrum Overijssel, NL et "Bevolkingsregister met Philippe Smit", Stadsarchief Amsterdam (consulté le 17 juin 2025)
- ↑ « Personnages autour de Philippe Smit : Nicolaas Huibertus Urban », sur L'œuvre complet de Philippe Smit
- (nl) Kasper Niehaus, « Philippe Smit, tegenpool der abstracte Kunst », De Telegraaf, 8 janvier 1958, p. 7 (consulter sur delpher.nl)
- ↑ Art Collecting, 1930-1967, Series 2. Theodore Pitcairn Family Papers, Mss.005.089. Academy of the New Church Archives. [...] contains documents relating to Theodore Pitcairn's art collection and his patronage of Philippe Smit. [...], The Bryn Athyn Historic District Archives at Glencairn Museum, ArchivesSpace
- (nl) Anton Zelling, « Philippe Smit », De Hofstad : artistiek weekblad voor Nederland, 15 avril 1916, p. 1–2, (consulter sur philippesmit.com)
- ↑ (nl) Kasper Niehaus, « Philippe Smit: Kunsthandel 'de Heem', Laren », De Telegraaf, 7 octobre 1920, p. 7 (consulter sur delpher.nl)
- (nl) Kasper Niehaus, « Philippe Smit », Het Getij. Maandschrift voor kunst en letteren, vol. VII, 1922, p. 80–84 (disponible à la Erfgoedbibliotheek Hendrik Conscience)
- (nl) Kasper Niehaus, « Philippe Smit », Elsevier's Geïllustreerd Maandschrift, vol. 47, n° 93, jan.–juil. 1937, p. 225–239 (consulter sur philippesmit.com)
- ↑ (en) Winfred Hyatt, « The Art of Philippe Smit », The Bulletin (Bryn Athyn), vol. 13, no 2, , p. 33–34, 42–43
- ↑ Etat civil, 16 octobre 1940, Archives communautaires Pau Béarn, Pyrénées, cotes extrêmes 1 E 1-470 ; 2 E 1-6
- ↑ Pieter A., Scheen, Lexicon Nederlandse beeldende kunstenaars, 1750-1950. vol. 2, M-Z. 's-Gravenhage: Scheen, 1970, p. 360
- ↑ P.M.J. Jacobs, Beeldend Nederland : biografisch handboek. vol. 2, L-Z. Tilburg: P.M.J. Jacobs, 1993.
- ↑ P.M.J.E Jacobs, Beeldend Benelux : biografisch handboek. vol. 5, Pr-Ti. Tilburg: Stichting Studiecentrum voor beeldende kunst, 2000.
- ↑ Hans Vollmer, Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler des XX. Jahrhunderts. Leipzig: E. A. Seemann, 1953-1962. vol. IV, Q-U, p. 303.
- ↑ (en) Martha Gyllenhaal, The Art of Philippe Smit, Directed Research, Temple University, USA, Revisé par l'auteur, Bryn Athyn, PA, College, 2014, (lire en ligne)
- ↑ Jeanine Rivais, « Le mystère Philippe Smit (1886-1948) », Le Cri d'os: revue trimestrielle de poésie, etc., no 10, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Tentoonstelling van moderne kunst [Goudstikker, dec. 1933]: https://rkd.nl/library/51952
- ↑ R.D., « Au long des cimaises », L'Aube, , p. 2 (lire en ligne
[gallica.fr])
- ↑ « Un peintre inconnu présente des anges qui font du tricot », Point de vue, no n° 152, , p. 15 (lire en ligne
[gallica.fr])
- ↑ Denis Leon, « Smit works featured at museum », The Philadelphia Inquirer, 19 juin 1960, p. 105 (consulté sur https://www.newspapers.com (site payant) le 13 juin 2025)
- ↑ Laurent Boudier, « Expos : Lumière du Nord », Télérama Sortir, supplément de Télérama : le guide culturel du Grand Paris, no 3974, , p. 30
- ↑ Correspondence Re: Paintings/Art Objects at the Lord's New Church, 1992-93, Folder 17. Theodore Pitcairn Family Papers, Mss.005.089. Academy of the New Church Archives. Correspondence and other material the paintings/art held at The Lord's New Church which had been gifted by T. Pitcairn. The Bryn Athyn Historic Archives at Glencairn Museum, Archives Space
- ↑ « Clair de lune, Maartensdijk, Philippe Smit (1916) » [archive du ], sur Musée d’Orsay (consulté le )
- ↑ « Bouquet de fleurs des champs, Philippe Smit (vers 1913) » [archive du ], sur Musée d’Orsay (consulté le )
- ↑ « Jeune fille dans un lit, Philippe Smit (vers 1913) » [archive du ], sur Musée d’Orsay (consulté le )
- ↑ « Scène dans le parc », sur Giverny, musée des impressionnismes (consulté le )
- (nl) Florence Castellani et Andreas Narzt, édité par Anne van Lienden, conservatrice au Singer Laren, « Philippe Smit: vergeten schilder die opnieuw aandacht krijgt », Kwartaalbericht, vol. 155, (lire en ligne)
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Catalogue raisonné en ligne de Philippe Smit
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