Tatarstan

République du Tatarstan
(ru) Республика Татарстан
(tt) Татарстан Республикасы
Blason de République du Tatarstan
Armoiries
Drapeau de République du Tatarstan
Drapeau du Tatarstan
Tatarstan
Réserve d'Iske-Kazan.
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Volga
District fédéral Volga
Statut politique République
Création (106 ans)
Capitale Kazan
Raïs Roustam Minnikhanov (ER)
(2010- )
Premier ministre Alexei Peçochine (ER)
(2017- )
Démographie
Population 4 019 606 hab. (2025)
Densité 59 hab./km2
Géographie
Coordonnées 55° 33′ nord, 50° 56′ est
Superficie 67 847 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Russe, tatar
Fuseau horaire UTC+3
Code OKATO 92
Code ISO 3166 RU-TA
Hymne Hymne national du Tatarstan
Immatriculation 16, 116
Localisation
Situation de la république.
Voir la localisation en Russie
Situation de l'oblast
Voir la localisation en Russie européenne
Liens
Site web www.tatar.ru

Le Tatarstan (en russe : Татарстан ; en tatar : Татарстан), en forme longue la république du Tatarstan, (en russe Респу́блика Татарста́н, Respoublika Tatarstan [rʲɪsˈpublʲɪkə tətɐrˈstan] ; en tatar : Татарстан Республикасы, Tatarstan Respoublikacy) est une république de la fédération de Russie dans le district fédéral de la Volga, tirant son nom du peuple tatar. Les langues officielles sont le tatar et le russe. Situé dans le bassin de la Volga, sa capitale est la ville de Kazan.

À l'ouest, le Tatarstan est bordé par la Tchouvachie et le Mari El, au sud par les oblasts d'Oulianovsk, de Samara et d'Orenbourg, au nord par l'Oudmourtie et l'oblast de Kirov et à l'est par le Bachkortostan. La délimitation des frontières entre le Tatarstan et le Bachkortostan, définies par le NarKomNatz lors de la formation de l'URSS, reste aujourd'hui contestée.

Peuplée de 4 019 606 habitants en 2025, elle est la huitième région la plus peuplée de Russie. Les Tatars constituent la majorité de la population, et elle est aussi peuplée de Russes, Tchouvaches, Bachkirs et Géorgiens entre autres. La principale source de richesse de la région est le pétrole, grâce à une industrie pétrochimique florissante.

Géographie

Situation

Une grotte éclairée de lumières ocres et bleues. Une sorte de plafond, des éboulis sur une sorte de sol, l'ensemble rocailleux et terreux.
La grotte de Yurievskaya, dans le Tatarstan. Juin 2016.

Couvrant une superficie de 67 847 km2, le Tatarstan est l'un des 89 sujets de la fédération de Russie[1]au sein du district fédéral de la Volga. Il se situe dans l'est de la partie européenne du pays, entre la vallée moyenne de la Volga et l'avant-pays ouralien. Le Tatarstan est limitrophe à l'ouest des républiques de Tchouvachie et de Mari El, il borde au sud les oblasts d'Oulianovsk, de Samara et d'Orenbourg, au nord la république d'Oudmourtie et l'oblast de Kirov et à l'est la république de Bachkirie[2].

La république s'étire sur 570 km du nord au sud, et sur 460 km d'ouest en est. Il est compris entre le 53e parallèle nord et le 56e parallèle nord, et entre le 47e méridien est et le 54e méridien est. Son principal cours d'eau est la Viatka, tandis que la Kama coule dans le nord-est du territoire[2]. L'ensemble de l'oblast se trouve dans l'heure de Moscou (MSK). Le décalage par rapport au temps universel coordonné est de +03.00[3].

Relief et géologie

La république du Tatarstan se situe dans l'est de la plaine d'Europe orientale, à l'extrémité nord de la région moyenne de la Volga, à la confluence de la Kama dans la Volga[2]. Son territoire est divisé en cinq parties naturelles et géographiques distinctes par ses cours d'eau, avec la pré-Volga à l'ouest et au sud de la Volga ; la pré-Kama occidentale entre la Volga et la Viatka ; la pré-Kama orientale, à l'est de la Viatka et au nord de la Kama ; la Trans-Kama occidentale, située au sud de la Kama entre la Volga et la Chechma ; et la région de Trans-Kama orientale entre la Chechma, l'Ik et la Belaïa[4]. Le paysage de la république est caractérisé par ses plaines découpées, et forme globalement une cuvette, les principaux reliefs se situant aux extémités de la république, tandis que les terres les plus basses jouxtent la Volga et la Kama. Le point culminant de la république avec ses 381 mètres est atteint dans le sud-est de la république, dans le raïon de Bougoulma, à la frontière avec l'oblast d'Orenbourg, tandis que les altitudes les plus basses sont le niveau moyen normal de la mer de Kouïbychev, à 53 mètres au-dessus du niveau de la mer. Avant la création du réservoir, l'altitude la plus basse était de 34 mètres, mais la création de ce dernir a fait passer l'altitude moyenne de la république de 133 à 147 mètres[5].

Le Shatyr-Tau dans le plateau de Bougoulma.

Le plateau de la Volga s'étend depuis la frontière sud dans la partie occidentale de la république. D'une altitude maximale de 235 mètres dans le raïon de Tetiouchi, le plateau est traversé par la Sviaga du nord au sud. Sa partie à gauche de la Sviaga est caractérisée par un relief doux et régulier, tandis que sa partie dans le sud de la république est parfois escarpée, et la dénivellation est particulièrement marquée dans les zones en direction de la Volga. Le nord-ouest de la république constitue la limite méridionale de l'Ouval de la Viatka, un plateau allongé depuis l'oblast de Kirov au nord, en passant par Mari El. Dans la république du Tatarstan, il atteint une altitude maximale de 235 mètres dans le raïon de Baltas[5]. Le plateau de Bougoulma est le plus haut et le plus vaste plateau du Tatarstan, occupant le sud-est de la république. Il fait partie du plus grand ensemble du plateau de Bougoulma-Belebeïev, et le plateau est caractérisé par des vallées sineuses, encaissées, étroites et des pentes abruptes. Nombre de ses sommets sont plats, appelés localement « syrts ». L'extrémité nord-est du Tatarstan est occupée par une petite partie du plateau de Mojga, partagée avec l'Oudmourie. L'altitude maximale du plateau est de 243 mètres, tandis que l'altitude prédominante oscille entre 140 et 160 mètres[6].

Des plaines occupent le centre et les vallées fluviales de la république : le plateau de la Volga est limité au nord et à l'est par la plaine trans-volga, occupant de vaste zones le long des deux rives de la Kama. Si la plaine devient étroite entre la Kama et Kazan, elle s'élargit à nouveau en amont du fleuve[5].

Hydrographie

Le Tatarstan se caractérise par un vaste réseau hydrologique, irrigué par le grand fleuve qu'est la Volga et par ses affluents tels que la Kama, la Belaïa, la Viatka et la Sviïaga entre autres. Toutes les rivières font ainsi partie du bassin de la Volga. Le Tatarstan possède 4 098 cours d'eau qui traversent le territoire. Parmi ceux -ci 3 686 sont de petites rivières dont la longueur ne dépasse pas 10 km, et la longueur totale du réseau hydrologique est de 19 623,5 km[7].

Longueur (km)[7] Nombre de

cours d'eau

% Longueur des

cours d'eau

%
< 10 3686 89,9 9365,3 47,7
10-25 305 7,4 4456,1 22,7
26-100 95 2,4 3849,4 19,6
101-500 12 0,3 1961,7 10,0
Total 4098 100 19623,5 100

La république compte plus de 8 500 lacs, un nombre qui était autrefois bien plus élevé avant la création des réservoirs de Kouïbychev et de Nijnekamsk qui ont inondé les plaines inondables. Parmi les lacs, les lacs de plaine inondable et autres bras-morts prédominent (83 % du total) tandis que les lacs karstiques représentent 16 % du total. Les lacs de suffosion représentent seulement 1 % des lacs de la république[7]. Les réservoirs artificiels représentent environ 16 % de tous les plans d'eau, et ils occupent une superficie de 3 683,23 km2. Les plus grands réservoirs sont le réservoir de Kouïbychev sur la Volga et le réservoir de Nijnekamsk sur la Kama. Il y a aussi le réservoir de Zaïnsk et le réservoir de Karabach entre autres[8].

Enfin, la région compte plus de 7000 marécages, qui se trouvent pour la plupart dans les plaines inondables. Le plus grand marais est le marais de Koulegach avec une superficie de 2 274 hectares dans la plaine de Kama-Belaïa[9].

Voies de communication et transports

La M7, principal axe routier de la république.

Le principal axe de transport est la route fédérale M7, qui relie Moscou à Oufa en traversant d'ouest en est la république, souvent en 2x2 voies. Au niveau de Kazan, elle agit comme un périphérique urbain. Depuis l'est de Kazan, la route fédérale R239 part de la M7 vers Almetievsk et Orenbourg tandis que l'ouest de Kazan part de la M7 la R241 vers Oulianovsk. La R242 commence elle au nord de Kazan en direction de Perm et Iékaterinbourg.

Depuis fin 2023, une autoroute à péage depuis Moscou est partiellement mise en service, la M12 Vostok. La partie ouverte est celle de Moscou à Kazan, tandis que la partie jusqu'à Iékaterinbourg sera ouverte fin 2024.

Histoire

Le peuplement de la région du Tatarstan a commencé au Paléolithique , il y a environ 100 000 ans.

Khanat bulgare

La première forme d'organisation connue dans la région de l'actuel Tatarstan est le Khanat bulgare de la Volga (IXe siècle1236). Ce khanat a émergé vers l'an 900 apr. J.-C. Presque aussitôt, en 922, l'islam est devenu la religion d'État, ce qui signifie que ce royaume bulgare de la Volga est né sous l'influence du califat arabe.

Khanat mongol

Après une résistance acharnée aux invasions mongoles, l'Empire bulgare très développé de la Volga tomba aux mains de la Horde d'Or en 1236.

En 1236, elle est soumise par les Mongols, sous la direction du Khan Batu, qui inclut la région dans les territoires contrôlés par la Horde d'or (1236 — 1502), l'un des quatre grands khanats de l'Empire mongol.

La langue du khanat est la langue turcique des Kiptchaks.

Empire russe

Le Khanat devient russe sous Ivan le Terrible[10]. En conséquence, l’ancienne classe dirigeante perd son pouvoir et le khanat de Kazan est intégré à l’État russe et l'islam en tant que religion était toléré, même si l'influence du christianisme s'est accrue à mesure que de plus en plus de Russes colonisaient ce qui est aujourd'hui le Tatarstan. Les tentatives de prosélytisme des Tatars par l'Église orthodoxe russe, en particulier au XIXe siècle, ont été largement infructueuses.

Cependant, même sous la domination russe, les marchands tatars conservèrent leur importance économique, notamment dans le commerce entre l'Europe de l'Est et les États musulmans d'Asie centrale. En conséquence, Kazan fut déclarée l'un des centres industriels et culturels les plus importants de Russie et devint en 1708, le centre du gouvernorat de Kazan.

Au XIXe et au début du XXe siècle, les Tatars étaient le peuple turc musulman le plus développé économiquement de l'Empire russe. En tant que centre d'éducation musulmane et lieu de publications imprimées en langues turques, Kazan revêtait une grande importance au-delà du territoire du Tatarstan.

Dans le même temps, Ismail Gasprinski, théorise la tolérance des autres religions par l'islam en formulant le jadidisme (dérivé de usul ul-jadid, signifiant, « nouvelle méthode »), un courant de l'islam moderniste, poussant notamment à davantage de tolérance avec les autres religions.

Union soviétique

En 1920, les bolcheviks déclarent le Tatarstan République socialiste soviétique autonome et l'intègrent au sein de l'URSS. Bien que les Tatars fussent plus nombreux que par exemple les peuples baltes, ils figuraient dès le début comme la sixième nation la plus importante dans les armoiries nationales de l'Union soviétique. Le Tatarstan n'a pas reçu le statut de république fédérée (RSS).

En 1988, le Centre Tatar a été créé au Tatarstan, qui prônait l'indépendance complète du pays et l'unité culturelle des Tatars vivant dans le pays avec ceux du Bachkortostan, de Tchouvachie et de Sibérie.

Au cours des années qui précédèrent la dislocation de l'Union soviétique (1991), les autorités de la république socialiste soviétique autonome de Tatarie réclamèrent le statut de république soviétique à part entière, et non de république autonome au sein de la RSFS de Russie.

Quasi-indépendance

Au milieu de la dissolution de l'Union soviétique, les dirigeants politiques tatars ont cherché à s'établir comme distincts de la Russie. La Déclaration de souveraineté de l'État du Tatarstan, adoptée le , définit le Tatarstan comme un État souverain au sein de l'Union soviétique. En , le Soviet suprême de la république déclare l'adhésion du Tatarstan à la CEI comme membre fondateur. Cependant, le Tatarstan est demeuré intégré à la fédération de Russie, mais disposant d'une autonomie plus importante que toutes les autres entités qui la composent, et même de représentations plénipotentiaires à l'étranger (notamment en France, au 6, rue du Docteur-Finlay, à Paris). Lorsque l’Union soviétique s’est dissoute tout à la fin de 1991, le Tatarstan s’est retrouvé dans un état d’indépendance de facto, un état que les dirigeants tatars ont cherché à renforcer avec un référendum sur la souveraineté en 1992 et un vaste exercice d’édification de la nation[11]. Le , les autorités tatares organisent un référendum (auquel assistaient des observateurs internationaux) dont la question était :

« Êtes-vous d'accord pour que la république tatare soit un sujet de droit international ? »

Une majorité de la population (61,4 %) s'est alors prononcée pour l'indépendance (sujet de droit international)[12].

La langue tatare et l'éducation islamique ont été publiquement relancées, tandis que la mosquée Qolşärif a commencé à être reconstruite. Le nationalisme tatar se divisait à cette époque entre les camps modérés et radicaux. Le parti radical Ittifaq dirigé par Fauziya Bayramova, s'est expressément opposé au Jadid, au soufisme et à l'islam européen, promouvant un fort sentiment anti-russe et un Tatarstan islamique. Le Centre public pan-tatar modéré, en revanche, s'intéressait principalement à l'indépendance des Tatars, par opposition aux questions religieuses[11].

Le , le Tatarstan et la Tchétchénie refusent de signer le Traité fédératif visant à remplacer le traité de l'Union élaboré par Mikhaïl Gorbatchev.

Fédération de Russie

Le Tatarstan a signé un accord de partage du pouvoir avec le gouvernement russe en 1994. Dans le cadre de cet accord, le Tatarstan a reçu des pouvoirs importants, qui ont ensuite été accordés à d'autres républiques dans un système de fédéralisme asymétrique. Renouvelé en 2007, ce dernier est arrivé à échéance en 2017 et n'a plus été renouvelé[13].

La politique d'harmonisation de la législation initiée par Vladimir Poutine dans les années 2000, a amené un retour à une plus stricte intégration dans la fédération. Toutefois les choix économiques et les relations internationales sont empreints d'une vaste autonomie, et une politique d'encouragements envers les PME et les partenariats avec les entreprises étrangères est fortement en hausse, malgré la crise.[réf. nécessaire]

Mintimer Chaïmiev fut le président de la république du Tatarstan du au date à laquelle Roustam Minnikhanov lui a succédé[14]. Farid Moukhamedchine est le président de l'assemblée législative (Gossovet) du Tatarstan depuis le .

Symbole Z à Kazan.

Lors de l'invasion russe de l'Ukraine, les habitants du Tatarstan ont participé activement aux combats, et les forces armées russes ont lancé des frappes de missiles sur l'Ukraine depuis le territoire de la république, ce qui a provoqué une contre-réaction [15].

Politique et administration

Organisation des pouvoirs

Représentation fédérale

Gouvernement local et découpage administratif

La république du Tatarstan est divisée en 43 raïons et 13 villes.

Relations internationales

Population et société

Démographie

Le Tatarstan, issu de la république socialiste soviétique autonome de Tatarie (1922-1992), rassemblait, en 1991, à la veille de la dislocation de l'Union soviétique, une population de 3 679 400 habitants. En 2019, Il rassemblait sur un territoire d'environ 68 000 km2, une population de 3 898 700 personnes, soit une hausse de 6 % depuis la fin de l'URSS.

Évolution démographique
1991 2002 2008 2010 2013
3 679 4003 779 2653 762 8093 778 5043 822 038
2016 2019 2022 - -
3 868 7303 898 7004 000 084--
Indice de fécondité et taux de natalité
Année Fécondité Fécondité urbaine Fécondité rurale
1990 2,05 1,86 2,87
1991 1,88 1,66 2,75
1992 1,71 1,50 2,52
1993 1,57 1,37 2,29
1994 1,58 1,39 2,28
1995 1,47 1,29 2,12
1996 1,43 1,25 2,05
1997 1,39 1,23 1,95
1998 1,37 1,22 1,92
1999 1,29 1,15 1,80
2000 1,29 1,15 1,82
2001 1,30 1,19 1,74
2002 1,37 1,27 1,79
2003 1,36 1,26 1,79
2004 1,35 1,26 1,79
2005 1,28 1,21 1,62
2006 1,27 1,20 1,61
2007 1,38 1,29 1,77
2008 1,48 1,38 1,87
2009 1,54 1,46 1,87
2010 1,60 1,53 1,89
2011 1,65 1,59 1,91
2012 1,80 1,73 2,09
2013 1,83 1,74 2,20
2014 1,84 1,75 2,22
2015 1,86 1,85 1,88
2016 1,86 1,87 1,75
2017 1,65 1,67 1,53

Composition ethnique

Ethnies des habitants du Tatarstan (2010)[16]

Les Tatars forment l'ethnie majoritaire au Tatarstan, ethnie qui appartient au rameau turc de la famille ethno-linguistique altaïque. Ils étaient, en 1926, environ 3 311 000 dans l'ensemble de l'Union soviétique, alors que la population totale de la Tatarie ne s'élevait alors qu'à 2 800 000 personnes. En 1970, la tendance s'était encore accentuée, puisque sur 5 931 000 Tatars recensés pour l'ensemble de l'Union soviétique, seuls 1 536 000 vivaient en Tatarie, où ils étaient à peine plus nombreux que les Russes.

Les Tatars sont également nombreux dans les régions voisines de Russie, au Kazakhstan et en Ouzbékistan. L'installation des Russes en Tatarie, commencée au lendemain de la prise de Kazan par les armées du tsar en 1552, s'est constamment poursuivie. La découverte du pétrole au lendemain de la Seconde Guerre mondiale contribua à accroître fortement l'importance numérique du groupe slave vivant à l'intérieur des frontières de la Tatarie. Après la dislocation de l'Union soviétique, les Tatars ne représentaient que 48 % de la population, contre 43 % pour les Russes.

Selon le recensement de 2010, l’appartenance ethnique des habitants du Tatarstan est répartie comme suit[16] :

Ethnie Nombre Pourcentage[17]
Tatars 2 012 571 53,2
Russes 1 501 369 39,7
Tchouvaches 116 252 3,1
Oudmourtes 23 454 0,6
Mordves 19 156 0,5
Maris 18 848 0,5
Ukrainiens 18 241 0,5
Bachkirs 13 726 0,4
Azéris 9 527 0,3
Ouzbeks 8 881 0,2
Arméniens 5 987 0,2
Tadjiks 5 859 0,2
Biélorusses 4 592 0,1
Juifs 2 624 0,1
Allemands 2 200 0,1
Autres 17 149 0,5
Non précisé 6 052

Principales villes

Dix villes de la république les plus peuplées (2021)
Kazan
Naberejnye Tchelny
Nijnekamsk
Ville Nom

russe

Nom

tatar

Population
Almetievsk
Zelenodolsk
Bougoulma
1 Kazan Казань Казан,

Qazan

1 314 685
2 Naberejnye Tchelny Набережные Челны Яр Чаллы,

Yar Çallı

548 434
3 Nijnekamsk Нижнекамск Түбән Кама,

Tübän Kama

241 479
4 Almetievsk Альметьевск Әлмәт,

Älmät

163 512
5 Zelenodolsk Зеленодольск Яшел Үзән,

Yäşel Üzän

99 137
6 Bougoulma Бугульма Бөгелмә,

Bögelmä

81 677
7 Ielabouga Елабуга Алабуга,

Alabuğa

73 630
8 Leninogorsk Лениногорск Лениногорск,

Leninogorsk

60 993
9 Tchistopol Чистополь Чистай,

Çistay

58 815
10 Zaïnsk Заинск Зәй,

Zäy

39 739

Sports

Le sport le plus populaire est bien sûr le hockey-sur-glace avec comme équipe phare le AK Bars Kazan qui évolue KHL. On pratique le rugby à XIII au Tatarstan dans les années 1990.

Une sélection « nationale » reçoit ainsi la France le à Kazan. Elle ne perd que d'une faible marge (10-20)[18].

Le Tatarstan effectue ensuite une tournée en France du au . Il y rencontre cinq sélections régionales qu'il ne parvient pas à dominer[18].

Économie

Le Tatarstan est une des grandes régions économiques de Russie[19]. En 2021, le produit intérieur brut de l'oblast s'élevait à 3,455 milliards de roubles, soit le 6e des 85 sujets[a], compris entre la Iamalie au-dessus et le kraï de Krasnodar en dessous. Le PIB par habitant était lui de 710 400 roubles[20]. Les principaux secteurs économiques sont l'industrie, les services publics, l'agriculture, le commerce de gros et de détail, la construction ainsi que le transport et le stockage[19].

Tatarstan, 100 roubles.

Le Tatarstan possède sur son territoire les puits les plus productifs du gisement du Second-Bakou. Aussi, la valeur de la production industrielle est-elle de beaucoup supérieure à celle de l'agriculture : pétrochimie, plastiques, pneumatiques, engrais, machines-outils, automobiles (Kamaz), électronique, informatique et horlogerie (Vostok). En 2022, le volume des produits expédiés s'élevait à 4 623,9 milliards de roubles[19].

En 2022, le volume des produits agricoles s'est élevé à 334,1 milliards de roubles (125,9% du niveau de 2021). Le volume de la production végétale est de 175,6 milliards de roubles (160,0 %), celui des produits animaux est de 158,4 milliards de roubles (100,9 %)[21].

Le salaire moyen annuel s'est élevé en 2022 à 52 088,6 roubles et a augmenté de 15,9 % par rapport au niveau de 2021[22]. Au , 7 500 personnes sont inscrites au chômage, soit 0,37 % de la population active[23].

Environnement

Faune et flore

Les régions les plus riches en termes de flore et faune sont les zones du nord-ouest de la république frontalières de la Tchouvachie et le centre-nord de la république. Au contraire, les régions de Kazan, du sud-ouest, d'Aksboubaïevo, de Zaïnsk et de Mouslimovo sont pauvres en biodiversité[24]. Sur le territoire de la république du Tatarstan, il y est recensé 1 610 espèces de plantes vasculaires appartenant à 578 genres, 124 familles, 78 ordres, 8 classes et 5 phylums. La république compte de plus 40 espèces de champignons de 19 familles et de 7 ordres. La dernière édition du livre rouge du Tatarstan de 2006 recense 309 espèces végétales protégées, soit 19,2 % de la flore de la République réparties en 67 familles[25].

Roselin cramoisi dans la république.

La faune de la République est représentée par 290 espèces d'oiseaux, 71 espèces de mammifères, 11 espèces d'amphibiens 7 espèces de reptiles ainsi que par plusieurs milliers d'espèces d'animaux invertébrés[26]. Dans les invertébrés, il existe plus de 5 000 arthropodes, 304 espèces d'hyménoptères, 303 espèces de coléoptères terrestres, plus de 250 espèces de staphylins et de 35 à 50 espèces de taupins[27]. Le Livre rouge de la république du Tatarstan, qui recense les espèces protégées, comprend 631 espèces. Elles se répartissent entre 318 espèces végétales, 226 espèces d'animaux et 87 espèces de champignons et lichens[28]. Les mammifères sont représentés entre autres par la crocidure des jardins, le campagnol terrestre, le castor d'Europe, le chevreuil d'Asie, le blaireau européen, le hérisson commun, le hérisson d'Europe orientale, le hamster d'Europe, le lièvre variable, la martre des pins, la musaraigne carrelet, la musaraigne musquée, la noctule commune, le mulot rayé, le rat brun, et la sérotine bicolore[29]. L'avifaune est représentée entre autres par l'alouette des champs, l'aigle royal, le bouvreuil, le bruant jaune, le busard des marais, la chouette lapone, la caille et le coucou. L'avifaune du Tatarstan est aussi représenté par le grand tétras, le hibou des marais, le martin-pêcheur, le merle, la mésange bleue, le milan noir, la paruline, la poule d'eau, le pygargue à queue blanche et le rossignol[30].

Les reptiles sont représentés par deux ordres et les amphibiens par deux ordres. Le Tatarstan abrite, entre autres, dans ces espèces, la couleuvre à collier, la coronelle lisse, l'orvet fragile, le lissotriton vulgaris, le sonneur à ventre de feu et le triton crêté[31]. L'ichtyofaune du Tatarstan est représentée par 58 espèces, toutes des Actinopterygii, appartenant à 11 ordres, 17 familles et 48 genres[32]. Les poissons sont représentés, entre autres, par le béluga européen, l'esturgeon du Danube, la grémille, le goujon commun, la loche de rivière, le nelma, le pélèque sabre, la sandre de la Volga, le spirlin et la vandoise[33].

Aires protégées

Réserve du mont Lobatch.

Au , la république du Tatarstan est constitué de 193 aires protégées de tous niveaux d'une superficie totale de 465 109 hectares. Elles se composent de 187 aires protégées d'importance régionale avec une superficie de 426 800 hectares ainsi que de 38 zakazniks et de 149 monuments naturels d'importance régionale[34].

Culture locale et patrimoine

Monuments historiques

Ensemble architectural de Bolgar.
Cathédrale de l'Assomption de Sviajsk, dans le monastère de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu de Sviajsk.
Usine I.P. Okochnikov et fils du milieu du XIXe siècle.

La république du Tatarstan possède, au , 3 225 objets patrimoniaux culturels, répartis entre 451 objets architecturaux et 2774 monuments archéologiques. Des 3 225 objets, 2 026 d'entre eux sont inscrits au registre d'État unifié des objets du patrimoine culturel, dont 473 objets d'importance fédérale, 1 196 objets d'importance régionale et 357 objets d'importance locale. Enfin, la république compte 185 objets identifiés, en attente de classement. Au cours de l'année 2025, 125 objets ont été inscrits au registre, et 23 autres aux objets répertoriés dans la république, dont 11 sites archéologiques jusque-là inconnus[35]. Le Tatarstan comprend 13 localités ayant le statut de villes historiques, dont Ielabouga et Tchistopol qui sont les deux seules villes tatarstanaises à avoir le statut de ville historique d'importance fédérale. Onze autres villes ont le statut de ville historique d'importance régionale : Bilarsk, Kazan, Bolgar, Bougoulma, Bouïnsk, Laïchevo, Mamadych, Mendeleïevsk, Menzelinsk, Sviajsk et Tetiouchi[35].

Les sites patrimoniaux culturels protégés les plus anciens du Tatarstan datent de la Protohistoire et notamment de l'Âge du fer comme les tumulus d'Ananino (fin du Ier millénaire av. J.-C. au début du Ier millénaire), près d'Ielabouga[36]. Quelques vestiges de la période bulgare du Moyen Âge subsitent avec les anciennes colonies bulgares, comme Bilär (Xe – XIIIe siècles)[37] et Aşlı (XIIe – XIIIe siècles)[38]. La Horde d'Or a laissé les premiers monuments qui tiennent encore debout au gorodichtché de Bolgar avec ses mausolées et son minaret du XIIIe siècle ainsi qu'à Ielabouga avec la tour du Diable (XIIIe – XIVe siècles)[39], vestige d'un ancien château au-dessus de la Kama. Aucun bâtiment ne subsiste de la période du khanat de Kazan[40], si ce n'est des sites archéolgiques comme le site funéraire d'Iske-Kazan et ses pierres tombales[41]. Le début du tsarat de Russie est marquée par un nombre restreint de monuments de différentes architectures russes, en particulier des écoles de Pskov, de Moscou et de Vladimir[42] comme la cathédrale de l'Assomption à Sviajsk, tandis que le XVIIe siècle reste marqué par un faible nombre d'édifices, parmi lesquels la tour Söyembikä du kremlin de Kazan. La véritable explosion architecturale se produit au XVIIIe siècle, avec la construction de nombreuses églises, comme l'église Saint-Cyrille-du-Lac-Blanc-de-Kaïmary, mais aussi à partir de la fin du siècle des mosquées comme la mosquée Märcani[43]. Le XIXe siècle au Tatarstan est représenté par des bâtiments religieux et civils, comme l'usine de feutrage de Rodiguine à Tchistopol[44] et l'usine I.P. Okoshnikov[45]. Les monuments protégés du XXe siècle viennent en grande partie des différentes architectures soviétiques, tels que l'opéra de Kazan[46].

Au niveau fédéral, le Tatarstan est le sujet russe avec le plus de biens inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec les quatre sites du kremlin de Kazan (depuis 2000), du complexe historique et archéologique de Bolgar (depuis 2014), de la cathédrale et monastère de l'Assomption de l'île-village de Sviajsk (depuis 2017) et des observatoires astronomiques de l'université fédérale de Kazan, incluant l'observatoire de Kazan et celui d'Engelhardt (depuis 2024)[47].

Personnalités nées au Tatarstan

Notes et références

Notes

  1. Nombre d'après les revendications russes en 2021. Il comprend l'annexion de la Crimée à la Russie à la suite du référendum de 2014, non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, mais non pas le rattachement à la Russie à la suite des référendums de 2022, eux aussi non reconnus par la majeure partie de la communauté internationale.

Références

  1. Nombre d'après les revendications russes. Il comprend l'annexion de la Crimée à la Russie à la suite du référendum de 2014, non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, ainsi que le rattachement à la Russie à la suite des référendums de 2022, eux aussi non reconnus par la majeure partie de la communauté internationale.
  2. a b et c (en) Arthur Askeyev, Oleg Askeyev, Igor Askeyev et Sergey Monakhov, « Occurrence, Abundance and Distribution of Bleak, Common Spirlin, and Sunbleak in the Environmental Gradients of Small Rivers (Tatarstan) », Transylvanian Review of Systematical and Ecological Research, vol. 23, no 2,‎ , p. 51–62 (ISSN 2344-3219, DOI 10.2478/trser-2021-0014, lire en ligne, consulté le )
  3. (ru) Gouvernement de la fédération de Russie, Loi fédérale du 3 juin 2011 no 107-FZ (telle que modifiée le 14 avril 2023) « Sur le calcul du temps », Moscou, (lire en ligne)
  4. Bourov 2003, p. 5.
  5. a b et c Bourov 2003, p. 6.
  6. Bourov 2003, p. 7.
  7. a b et c Chadrikov et Goubaïdoulline 2023, p. 47.
  8. Chadrikov et Goubaïdoulline 2023, p. 47-48.
  9. Chadrikov et Goubaïdoulline 2023, p. 48.
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  17. Les pourcentages n’incluent pas les personnes n’ayant pas déclaré leur appartenance ethnique.
  18. a et b Louis Bonnery, Le rugby à XIII le plus français du monde, Limoux, Cano&Franck, , 489 p., « Tournée de l'équipe de Tatarstan en France », p. 334-335
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Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Midhat Farukshin, « République autonome du Tatarstan », in Le statut constitutionnel des régions dans la Fédération de Russie et dans d'autres pays européens, Strasbourg, Éditions du Conseil de l'Europe, 2003, p. 155-165 [lire en ligne]
  • Richat Sabitov, Le fédéralisme russe contemporain et la République du Tatarstan, Fondation Varenne, 2013 (ISBN 978-2-37032-018-6), 620 p.
  • (ru) A.V. Chadrikov et I.I. Goubaïdoulline, Государственного доклада «О состоянии природных ресурсов и об охране окружающей среды Республики Татарстан в 2022 году [« Rapport d'État « Sur l'état des ressources naturelles et la protection de l'environnement de la république du Tatarstan en 2022 » »], Kazan,‎ , 397 p. (lire en ligne)
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  • [1]

Articles connexes

Liens externes

  1. (ru) Bourov (dir.), Geology of Tatarstan: Stratigraphy and tectonic, Moscou, GEOS, , 402 p. (ISBN 5-89118-311-0, lire en ligne)

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