Urva

Urva (Lato sensu)

Urva
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Illustration de l’urva (Urva cancrivora) dans le Natural history of Indian Mammalia, 1884
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae

Genre

Urva
(Hodgson, 1837)

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Répartition géographique des espèces du genre Urva :
  • U. javanica
  • U. edwardsii
  • U. edwardsii en sympatrie avec U. javanica
  • U. smithii en sympatrie avec U. edwardsii (et localement U. javanica)
  • U. vitticollis et U. fusca en sympatrie avec U. smithii et U. edwardsii
  • U. urva
  • U. urva en sympatrie avec U. javanica
  • U. brachyura
  • U. semitorquata en sympatrie avec U. brachyura

Synonymes

  • Mangusta Horsfield, 1822[1]
  • Mesobema[note 1] Hodgson, 1841[2]
  • Calogale J. E. Gray, 1865[3]
  • Calictis J. E. Gray, 1865[3]
  • Onychogale J. E. Gray, 1865[3]
  • Taeniogale J. E. Gray, 1865[3]
  • Galogale[note 2] Wallace, 1876[4]

Urva, les Urvas, sont un genre de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Il regroupe l'ensemble des espèces de mangoustes asiatiques[5].

Dénominations

Étymologie

L'étymologie du genre et de ses différents synonymes historiques reflète les dénominations vernaculaires locales ainsi que la morphologie des espèces décrites [8] :

  • Urva : provient de la dénomination népalaise « Arva » ou « Urva », désignant localement la mangouste crabière (Urva urva) [8] ;
  • Mangusta : dérive de l'appellation en usage en Inde orientale « Mangutia » (adaptée sous la forme « la Mangouste » par Buffon en 1765), elle-même issue du télougou mangīsu ou du marathi mangus [8] ;
  • Mesobema : construit sur le grec ancien μέσος / mesos (« intermédiaire, du milieu ») et βῆμα / bēma (« pas, marche »), désignant une démarche intermédiaire [8] ;
  • Calogale (et sa variante Galogale) : composé du grec ancien καλός / kalos (« beau ») et γαλέη / galeē (« belette, putois ») [8] ;
  • Calictis : formé du grec ancien καλός / kalos (« beau ») et ἴκτις / iktis (« marte, belette ») [8] ;
  • Onychogale : composé du grec ancien ὄνυξ / onux (« griffe, ongle ») et γαλέη / galeē (« belette ») [8] ;
  • Taeniogale : formé du grec ancien ταινία / tainia (« bande, ruban, opasque ») et γαλέη / galeē (« belette »), en référence aux bandes latérales colorées ornant le cou de certaines espèces comme Urva vitticollis [8].

Taxonomie et historique

Le genre Urva est décrit pour la première fois en 1837 par le naturaliste britannique Brian Houghton Hodgson [9]. Lors de sa création, Hodgson le place au sein de la tribu des Plantigrades et désigne pour espèce type Gulo urva (déjà décrite par lui-même en 1836, qu'il rebaptise temporairement Urva cancrivora) [9].

Dans son analyse comparative, Hodgson établit que le genre possède des caractéristiques intermédiaires entre Herpestes et Gulo. Il justifie la séparation générique par plusieurs critères diagnostiques morphologiques et anatomiques, notamment des doigts reliés par de larges membranes, une formule vertébrale différente (21 vertèbres caudales contre 28 chez Herpestes) [10], la présence de six mamelles au lieu de quatre [11], ainsi que de glandes anales spécifiques projetant une sécrétion liquide particulièrement fétide [11].

Au cours des années 2000 et 2010, les études de phylogénétique moléculaire ont montré que le genre Herpestes tel qu'il était traditionnellement défini était polyphylétique. Les mangoustes africaines forment un groupe monophylétique distinct, tandis que les mangoustes asiatiques forment un clade propre, plus proche des genres africains Atilax et Xenogale que du genre Herpestes stricto sensu [5][12]. Le genre Urva a donc été réhabilité pour accueillir l'ensemble des espèces asiatiques.

Paléontologie

Un fossile attribuable au genre Urva (une molaire supérieure) a été découvert dans les sédiments de la vallée de l'Irrawaddy dans le centre de la Birmanie ; il est daté du Pliocène supérieur [13].

Liste des espèces

Tableau synthétique des espèces du genre Urva selon ITIS ()[6] et UICN ()[14] :
Espèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires) Répartition et description Statut UICN
Urva urva
(Hodgson, 1836)
Urva (Stricto sensu)
Mangouste crabière


Habitat : Zones humides et cours d'eau d'Asie du Sud-Est et du Sud de la Chine.
Grande mangouste d'allure trapue caractérisée par une bande blanche distinctive qui court de ses babines jusqu'à ses épaules. Excellente nageuse spécialisée dans la capture de crabes et de poissons.
(LC)
Urva edwardsii
(Geoffroy Saint-Hilaire, 1813)
Mangouste d’Edwards
Mangouste grise de l’Inde

Répartition : De la péninsule Arabique à l'Inde.
Mangouste de taille moyenne au pelage gris fer rêche et épais. Célèbre pour ses combats vifs contre les cobras, immortalisée dans la culture populaire (Rikki-Tikki-Tavi).
(LC)
Urva auropunctata
(Hodgson, 1836)
Mangouste à points dorés
Petite mangouste indienne

Répartition : Asie du Sud. Espèce introduite mondialement.
Plus petite que sa cousine grise. Introduite dans les Caraïbes et le Pacifique pour chasser les rats, elle est devenue une espèce invasive redoutable pour la faune insulaire.
(LC)
Urva smithii
(Gray, 1837)
Mangouste de Smith
Mangouste roussâtre

Habitat : Forêts claires et plaines de l'Inde et du Sri Lanka.
Se distingue par son pelage d'un brun-roux teinté de noir, et surtout par l'extrémité de sa queue qui est noire et pointée vers le haut.
(LC)
Urva fusca
(Waterhouse, 1838)
Mangouste brune
Mangouste de Malabar

Habitat : Forêts d'altitude du Sud de l'Inde (Ghâts occidentaux) et Sri Lanka.
Mangouste robuste au pelage brun foncé très épais et aux pattes noirâtres, adaptée aux zones montagneuses humides.
(LC)
Urva javanica
(Geoffroy Saint-Hilaire, 1813)
Mangouste de Java


Habitat : Îles de Java et Sumatra (Indonésie).
Longtemps confondue avec la petite mangouste indienne, sa distinction génétique est confirmée. Elle préfère les milieux forestiers et agricoles d'altitude.
(LC)
Urva vitticollis
(Bennett, 1835)
Mangouste à cou rayé


Habitat : Forêts et plantations du Sud-Ouest de l'Inde et du Sri Lanka.
La plus grande espèce du sous-continent indien, reconnaissable à une large bande noire longitudinale de chaque côté du cou.
(LC)
Urva brachyura
(Gray, 1837)
Mangouste à queue courte


Habitat : Forêts primaires de Malaisie, Bornéo et Sumatra.
Espèce trapue au pelage brun-roux sombre et à la queue anormalement courte pour le genre. Menacée par la déforestation massive.
(NT)
Urva semitorquata
(Gray, 1846)
Mangouste à collier


Habitat : Forêts d'altitude de Bornéo et Sumatra.
Rare et méconnue, elle présente une coloration rousse ou orangée unique, avec une fine ligne plus claire sur les côtés du cou.
(NT)

Phylogénie

Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[15], Barycka (2005)[16] et Patou et al. (2009)[17] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[17] (Xénogale)



Genre Urva (Urvas)



Urva brachyura (Mangouste à longue queue)



Urva semitorquata (Mangouste à collier)




Urva urva (Urva)






Urva smithii (Mangouste de Smith)



Urva vitticollis (Mangouste à cou rayé)





Urva fusca (Mangouste brune)




Urva edwardsii (Mangouste d’Edwards)




Urva javanica (Mangouste de Java)



Urva auropunctata (Mangouste à points dorés)










Description

Les urvas sont des carnivores de taille petite à moyenne. La longueur du corps sans la queue, varie de 25 à 55,8 cm, celle de la queue de 17,2 à 47 cm, et le poids s'échelonne entre 305 g (chez la Petite mangouste indienne) et 4 kg. Les mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles.

Répartition et habitat

L'aire de répartition indigène du genre s'étend sur une grande partie de l'Asie : de la péninsule Arabique (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït) et du Moyen-Orient (Irak, Iran) à l'Asie du Sud (Afghanistan, Pakistan, Inde, Népal, Bhoutan, Bangladesh, Sri Lanka) et l'Asie du Sud-Est (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Viêt Nam, Malaisie, Singapour, Indonésie, Philippines), ainsi que dans le Sud de la Chine et à Taïwan [18].

Certaines espèces ont été introduites par l'Homme en dehors de leur milieu d'origine : c'est notamment le cas de la Petite mangouste indienne (U. auropunctata), introduite à la fin du XIXe siècle dans la région des Caraïbes, en Amérique du Sud, dans le Pacifique (Hawai, Fidji) ou en Europe (Chroatie) pour lutter contre les rats, où elle est devenue une espèce invasive redoutable [19].

Notes et références

Notes

  1. Nom de remplacement classique proposé par Brian Houghton Hodgson pour Urva.
  2. Graphie incorrecte plus tardive pour Calogale J. E. Gray, 1865.

Références

  1. (en) Thomas Horsfield, « Zoological researches in Java, and the neighbouring islands », Zoological researches in Java, and the neighbouring islands,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Brian Houghton Hodgson, « Classical terminology of Natural History », The Journal of the Asiatic Society of Bengal, vol. 10, no 1,‎ , p. 27 (lire en ligne)
  3. a b c et d (en) John Edward Gray, « A revision of the genera and species of Viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London,‎ , p. 502–578 (lire en ligne)
  4. (en) Alfred Russel Wallace, The geographical distribution of animals, vol. 2, New York, Harper and Brothers, , 195 p. (lire en ligne)
  5. a et b Patou 2009, p. 69-80.
  6. a et b Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  7. Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, vol. 2, Paris, L. Curmer, , p. 49
  8. a b c d e f g et h (en) Theodore Sherman Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, vol. 23,‎ , p. 1-984 (lire en ligne)
  9. a et b Hodgson 1837, p. 561.
  10. Hodgson 1837, p. 563.
  11. a et b Hodgson 1837, p. 561, 563.
  12. (en) Y. Zhou, S.-R. Wang et J.-Z. Ma, « Comprehensive species set revealing the phylogeny and biogeography of Feliformia (Mammalia, Carnivora) based on mitochondrial DNA », PLOS ONE, vol. 12, no 3,‎ , e0174902 (DOI 10.1371/journal.pone.0174902)
  13. (en) Naoko Egi, Y. Nishioka et T. Tsubamoto, « A mongoose remain (Mammalia: Carnivora) from the Upper Irrawaddy sediments, Myanmar and its significance in evolutionary history of Asian herpestids », Journal of Asian Earth Sciences, vol. 42, no 6,‎ , p. 1204–1209 (DOI 10.1016/j.jseaes.2011.07.003)
  14. UICN, consulté le .
  15. G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  16. E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5,‎ , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  17. a et b M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  18. (en) Géraldine Veron et Andrew P. Jennings, « Javan mongoose or small Indian mongoose – who is where? », Mammalian Biology, vol. 87, no 1,‎ , p. 62–70 (DOI 10.1016/j.mambio.2017.05.006)
  19. (en) V. Louppe, A. Lalis et J. Abdelkrim, « Dispersal history of a globally introduced carnivore, the small Indian mongoose Urva auropunctata, with an emphasis on the Caribbean region », Biological Invasions, vol. 23, no 8,‎ , p. 2573–2590 (DOI 10.1007/s10530-021-02523-6)

Bibliographie

  • (en) Brian Houghton Hodgson, « On a new genus of the Plantigrades », The Journal of the Asiatic Society of Bengal, vol. 6, no 67,‎ , p. 560-565 (lire en ligne)
  • (en) M.-L. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69–80 (DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038)

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