Banque Transatlantique

Banque Transatlantique
logo de Banque Transatlantique

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Eugène Pereire
Forme juridique SA à directoire (s.a.i.) (d)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Un pont vers de nouveaux horizons.Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Drapeau de la France France
Directeurs Bruno Julien-Laferrière (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Autres intermédiations monétaires (d)[1] et Activités de services financiers, à l’exception des assurances et des caisses de retraite. (d)[2]Voir et modifier les données sur Wikidata
Société mère Crédit industriel et commercialVoir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Banque Transatlantique Belgium, Banque Transatlantique Luxembourg, Dubly Transatlantique Gestion
Effectif 470
SIREN 302695937Voir et modifier les données sur Wikidata
TVA européenne FR34542016381Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.banquetransatlantique.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Chiffre d'affaires 206 millions d’euros (2023)

La Banque Transatlantique, est une banque privée fondée en 1881 par Eugène Pereire. Son siège social, à Paris, pilote des filiales, succursales et bureaux de représentation à l'étranger, dont à Bruxelles, Luxembourg, Londres, Genève, Montréal, Singapour, New York, Hong Kong, San Francisco et Boston. Elle est spécialisée dans la gestion de l'épargne des hauts fonctionnaires.

La Banque Transatlantique est une filiale de Crédit Mutuel Alliance Fédérale[3]. Elle est organisée autour de 3 métiers principaux : la gestion privée ; la gestion des hauts fonctionnaires, diplomates & des expatriés ; et l'actionnariat managers (stock-options et attributions gratuites d'actions).

Histoire

Fondation et premières années (1881-1932)

La Banque Transatlantique est fondée en 1881 par Eugène Pereire, président de la Compagnie générale transatlantique. Elle se trouve associée au début du XXe siècle au financement de grands projets industriels et urbains : grands travaux de Marseille, chantiers de l'Atlantique, Alstom, les lignes de chemins de fer… Dès avant l'éclatement de la Première Guerre mondiale, la banque est l'une des grandes banques d'affaires françaises[4]. Elle croît toutefois moins vite que sa concurrente d'alors, la Banque de Paris et des Pays-Bas. Son actionnariat est en effet très dispersé[4].

Acquisition de la Banque Dosseur (1933)

La crise de 1929 frappe de plein fouet le système bancaire français, y compris la Banque Transatlantique. La banque profite de la faillite de la Banque Dosseur & Cie pour la racheter. Cette banque était spécialisée dans le service aux besoins bancaires des diplomates français[5]. Le ministère des Affaires étrangères demande alors à la Banque Transatlantique de racheter la Banque Dosseur et de reprendre la gestion des comptes des diplomates français[5]. Le ministère s'engage à verser, dans les dix années qui suivent, les rémunérations de ses hauts fonctionnaires sur leur compte à la banque[5]. Dès alors, la Banque Transatlantique est parfois surnommée la « banque du Quai d'Orsay ». Pendant de nombreuses années par la suite, la Banque Transatlantique a maintenu un bureau au sein du ministère des Affaires étrangères au Quai d'Orsay à Paris. La banque a également contribué à fonder l'Antwerp Diamond Bank (en) en 1934.

Croissance (1933-1940)

Le président de la banque, Georges Desprêt, favorise l'ascension de Raymond Weill à partir de 1935. Weill prend le contrôle du conseil d'administration et redresse la banque[4]. En quelques années, le volume de dépôts est multiplié par six[4]. La banque développe alors ses activités à l'étranger : elle devient propriétaire de « la Banque de Tunisie, de la Banque commerciale du Maroc, de la Banque commerciale africaine et de l'Amsterdamsche Beheers Cy, ainsi que [du] Comptoir financier des matières premières »[4]. En 1939, le conseil d'administration comprend René Fould, Philip Cortney et d'autres personnalités de premier plan[4].

La Banque Transatlantique sous l'Occupation (1940-1944)

Le régime de Vichy cible les banques fondées ou détenues par des personnes juives et les soumet à sa législation raciste. Plusieurs banques se montrent intéressées pour prendre le contrôle de la Banque Transatlantique, dont la Dresdner Bank. C'est toutefois le CIC qui met la main sur la Banque Transatlantique[6] ; il utilise l’ordonnance allemande du 18 octobre 1940, qui prévoyait la nomination d’administrateurs provisoires dans les banques afin de « supprimer définitivement l’influence juive dans l’économie ». Le , le CIC précisa ses intentions en indiquant que, pour que la Banque Transatlantique puisse être classée comme aryenne, il était disposé à racheter les 25 000 actions détenues par une de ses filiales, l’UFICO.

Mais le CIC acquit en outre 4 650 actions de l’épouse « aryenne » séparée de biens de Léon Cotnareanu, « Juif roumain », et 1 600 actions appartenant à Raymond Weill, « Juif, résidant en zone libre » pour niveler son compte débiteur à l’égard de la liquidation de la banque Weill, filiale de la Transatlantique. Au total, le CIC se procura 35 350 titres, soit 27 % du capital pour le prix dérisoire de 24,5 millions de francs. Il faut y ajouter les 5 332 titres (13% du capital) de la Banque de Tunisie et les 10 010 (12,5% du capital) de la BCM achetés à l’UFICO aux cours de 1 000 et 250 francs, soit un montant total de 7,8 millions.

Cette opération sous contrôle de l'occupant fut décrite comme une « aryanisation brutale » dans les termes mêmes du CIC. Devenu le principal actionnaire de la Banque transatlantique, le CIC y prit le pouvoir : Charles Dangelzer, directeur général du CIC, remplaça Georges Despret à la présidence. En , devant le Comité national interprofessionnel d’épuration (CNIE), Dangelzer affirma que le CIC avait voulu « écarter toute ingérence possible de l’ennemi dans les deux filiales nord-africaines dont la situation juridique du moment constituait une menace grave de conséquences ».

Durant l'épuration, la banque échappa de peu à la nationalisation[6]: son sort fut tranché au Palais Bourbon le dimanche , quand le General De Gaulle lui-même intervint auprès des députés pour que la Transatlantique et le CIC ne soient pas comprise dans la liste votée pour expropriation.

La Banque Transatlantique aujourd'hui

En 1998, le Crédit mutuel rachète le CIC. EN 2001, ce premier devient actionnaire à 100 % de la Banque Transatlantique, à la suite d'une offre publique d'achat (OPA) sur le solde du capital, suivi d'une OPR (opération de retrait de la cote). Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale mandate alors sa filiale pour apporter aux clients de son réseau ses compétences en gestion privée

Ancien siège de la Banque transatlantique, aujourd'hui siège de Danone (17 boulevard Haussmann, Paris)

qu’elle réservait auparavant à sa clientèle propre.

Activités

La Banque Transatlantique a pour activités la banque privée, la gestion d'actifs, l'administration de plan d’actionnariat des salariés (stock option et attribution gratuite d'actions en particulier) la gestion courante de family offices, de fortune de cadres dirigeants, d’entrepreneurs, ou de hauts fonctionnaires. Elle conseillerait également un tiers des 120 entreprises du SBF120.

Implantations

En 1999, la Banque Transatlantique vend son siège historique situé au 17, boulevard Haussmann, racheté par le groupe Danone. Elle s'installe dans un immeuble Art-Déco construit en 1928 par l'architecte Joseph Marrast, au fronton duquel figure un bas relief de Paul Silvestre, élève de Paul Landowski. La grande porte d'entrée, ainsi que les serrureries intérieures sont de Raymond Subes. Les luminaires proviennent pour la plupart de la maison Perzel. Un tapis de Ivan da Silva-Bruhns recouvre la salle du Conseil. L'immeuble a été inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques dans les années 2000.

Sources

  • J. Autin et H. Clement, Les Frères Pereire, le bonheur d’entreprendre, 1984
  • Banque Transatlantique Sa: International Competitive Benchmarks and Financial Gap Analysis, 2000
  • Nicolas Stoskopf, Dictionnaire historique des banques du groupe CIC, 2009
  • Nicolas Stoskopf, 150 ans du CIC, 1859-2009, Éd. la Branche, 2009, 560 p. (ISBN 978-2-35306-038-2), (OCLC 470617378), lire en ligne archive [PDF]).
  • Nicolas Stoskopf, Éd. la Branche, 2009, 560 p..

Références

  1. a et b Sirene (registre national des sociétés).Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. Pressearchiv 20. Jahrhundert (organisation), consulté le .Voir et modifier les données sur Wikidata
  3. « Les filiales de Crédit Mutuel Alliance Fédérale », sur Crédit Mutuel Alliance Fédérale
  4. a b c d e et f Collectif, Banques, Banque de France et Seconde Guerre mondiale, ALBIN MICHEL, (ISBN 978-2-226-37826-2, lire en ligne)
  5. a b et c · Aliénor Bierer, « Banque Transatlantique: des diplomates jusqu’aux Français de l’étranger », sur l'Opinion, (consulté le )
  6. a et b Nicolas Stoskopf, 150 ans du CIC, 1859-2009, Éd. la Branche, 2009

Liens externes

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