Chidambaram

Chidambaram
சிதம்பரம்
Chidambaram
Le temple de Nataraja (en)
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Tamil Nadu
District District de Cuddalore
Fuseau horaire IST (UTC+05:30)
Démographie
Population 62 153 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 11° 24′ 25″ nord, 79° 41′ 28″ est
Altitude m
Localisation
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Chidambaram

Chidambaram (en tamoul : சிதம்பரம் (sidambaram) ; en sanscrit : चिदम्बरम् (cidambaram) ou छिदम्बरम्), connue en français sous les noms de Chalambron (Chalanbron, Chalembron), Chellambron, Sidambaram ou Silambaram, est une ville indienne située dans l'État du Tamil Nadu, à 50 km au sud de Goudelour (et à 60 km au sud de Pondichéry). Chidambaram est connue dans toute l'Inde pour son sanctuaire du Naṭarāja, le « danseur cosmique », l'une des plus célèbres iconographies du dieu Shiva effectuant sa « danse bienheureuse » (dite Ananda Tandava).

De taille moyenne, la ville suit les contours caractéristiques du Temple town ou « Cité-temple », une typologie urbaine propre au sud-est de l'Inde, organisée autour d'un noyau sacré (temple). Toutefois, les quartiers d'habitation n'ont aucun attrait particulier, particulièrement transformés par la marchandisation des espaces disponibles sur les grands axes, et le changement du tissu urbain en général (densification des îlots, verticalisation, etc.).

Chalambron est localisée en retrait du golfe du Bengale, sur une plaine côtière limitée au nord par le fleuve Vellar, et au sud par le Coléron. À proximité immédiate, la ville est entourée par de nombreuses rivières telles que le Kaippalam, le Khansahib (appelé Palaman à Chalanbron), le Pasumuthan ou le Parameswaranallur. Celles-ci sont en fait les canaux d'un vaste réseau d'irrigation établi sous les Cholas, alimentés par le lac artificiel de Veeranam[1]. Elles se jettent alternativement dans le Vellar, le Coléron, ou l'estuaire de Killai, qui forme le trait de côte face à Chalambron. Killai est remarqué pour la mangrove de Pichavaram, vestige de l'ancienne forêt appelée Thillaivanam (« forêt des palétuviers argent »).

Vue du temple de Nataraja à Chidambaram au Tamil Nadu.

Étymologie

Chidambaram est un nom d'origine tamoul-sanskrit[2].

  • Chid signifie la « conscience ».
  • Ambaram signifie le ciel.

Dans la philosophie shivaïte, la Conscience est incommensurable, comme le ciel. Le mot Chidambaram représente donc, en quelque sorte, la conscience en expansion permanente, la connaissance suprême.

Histoire

Haut lieu de l'hindouisme, et plus particulièrement du shivaïsme depuis plus de 2000 ans, la ville de Chidambaram entre dans l'histoire après la construction du sanctuaire du Naṭarāja, commanditée par les empereurs Chola qui tenaient Naṭarāja pour leur divinité tutélaire (kuladeva). Ce sanctuaire voit sa naissance à la fin de l'empire Chola, au XIIe siècle, sous le règne de Vikrama (décédé en 1135), puis de son fils Kulottunga II (décédé en 1150). Sa construction s'échelonnera cependant sur plusieurs règnes, entre 1130 et 1250, incluant les règnes des derniers empereurs Cholas (Rajaraja II, Rajadhiraja II, et le dernier empereur Chola : Kulottunga III), et ceux des empereurs Pandyas. Cette première phase de construction donnera lieu aux quatre « tours » d'entrée (les gopuram), au mur d'enceinte, à l'espace pavé central, ainsi qu'à la « salle aux 1000 piliers » (Raja Sabha). Ce sanctuaire connaîtra par la suite de multiples améliorations (notamment la construction des quatre autres salles principales), mais, sous le sultanat de Delhi, il pâtira néanmoins du passage, en 1311, des troupes musulmanes Khalji de Malik Kafur, secondées par les Hoysalas, lors de la « conquête musulmane du sud ». Il n'y eut point de destructions, d'autant que les troupes de Malik Kafur ne restèrent qu'un mois dans le Tamil Nadu, mais les pillages des idoles en or massif et des pièces d'or laissées en offrande au temple par les fidèles eurent une forte répercussion sur les shivaïtes. Après une période de calme voyant s'installer la domination de Vijayanagar dans le pays tamoul, la tour septentrionale sera construite vers 1525, sous le règne de l'empereur Krishnadevaraya, dont elle porte la représentation, ainsi que celle des 4 architectes qui y ont travaillé. Il y aura ensuite peu de changements, si ce n'est le cumul d'apports hétéroclites qui ont donné au sanctuaire du Naṭarāja une disposition très confuse (il est par exemple toujours impossible de déterminer avec certitude quelle était l'orientation originelle du sanctuaire...).

Principaux centres d'intérêt

Le sanctuaire du Naṭarāja

Entouré de larges rues (selon les critères de l'époque médiévale) afin de permettre le passage des chariots de procession, le sanctuaire du Naṭarāja est entouré d'un mur d'enceinte datant du XIIe siècle. On peut y accéder par l'un des quatre gopuram (« tours » d'entrée), véritables joyaux de l'art Chola, et dont l'importance, tant en matière de taille que de soin artistique, est parfois supérieure à celle du sanctuaire lui-même (ceci étant une constante dans l'architecture religieuse hindoue du sud de l'Inde).

Gopuram du temple du Naṭarāja à Chidambaram.

L'intérieur du sanctuaire comporte cinq salles principales (sabhas) :

  1. Chitrambalam, ou Chit Sabha (la « salle dorée »), qui accueille la sculpture du Naṭarāja.
  2. Ponnambalam, ou Kanaka Sabha : La salle où le Naṭarāja prend ses ablutions.
  3. Perambalam, ou Deva Sabha, qui contient les « cinq déités » (Pancha Murtis).
  4. Nritya Sabha, où le Naṭarāja a dansé le Urdhva Tandava.
  5. Raja Sabha (la "salle aux 1000 piliers") : Où l'icône mobile (utsavamūrti) du Naṭarāja est promenée et lavée au 10e jour du festival d'Ani Tirumanjanam et de Marghazi (en décembre-janvier), avant de rejoindre à nouveau la Chitrambalam (la « salle dorée »).

La sculpture en bronze du Naṭarāja est exposée dans le Chitrambalam, une salle rectangulaire recouverte d'or et de cuivre. Cette salle (la « salle dorée ») représente pour les fidèles le centre du monde, où Shiva, sous la représentation du Naṭarāja effectue sa « danse cosmique ». Cette sculpture du Naṭarāja, typique de l'art Chola, est dotée d'une forte symbolique :

Naṭarāja; Shiva dansant, fresque ancienne dans le temple de Chidambaram.
  1. Le Naṭarāja se tient dans un « cercle de feu » (thiruvāsi) qui symbolise la nature vibrante, rythmique, et cyclique de la vie.
  2. Il prend appui sur son pied droit, qui écrase le muyalagan (démon), symbolisant la suppression du mal, de l'ignorance.
  3. Sa jambe gauche levée conduit sur la voie du salut.
  4. Sa première main droite tient un tambour (ḍamaru) représentant le rythme vital.
  5. Sa seconde main droite est tenue paume en avant, dans la posture abhaya symbolisant la protection, l'éloignement de la peur.
  6. Sa première main gauche tient le feu, force vitale qui symbolise l'énergie vitale.
  7. Sa seconde main gauche, au bout de son bras tendu devant son corps, adopte la posture kari-hasta, signifiant « Me voici », Shiva recentre ainsi sur lui tout ce qui est.
  8. À la gauche de sa tête, le croissant de lune (chandra) symbolise le sommet de la connaissance et de l'intellect.
  9. À la droite de sa tête, le Gange, en forme de poisson, symbolise l'eau dispensatrice de vie.
  10. À la gauche de son corps, le voile qui vole au vent symbolise le retrait de l'illusion (maya).
  11. À la droite de son corps, le serpent, symbole antique de fertilité, représente le souffle et l'air.

D'autre part, la sculpture du Naṭarāja, qui est sculptée par des artisans d'un type particulier (les sthapati) qui fabriquent depuis des générations les icônes des temples hindous, obéit à des règles proportionnelles très strictes : Ainsi, un triangle équilatéral à sommet supérieur (om-va-ma) peut être tracé entre le sommet de la tête (om), le pied gauche (va), et le foulard au moment où il croise le thiruvāsi (cercle de feu) (ma); de la même manière, un triangle équilatéral à sommet inférieur (si-ya-na) peut être tracé entre le pied droit (si), le tambour (ya), et la main qui tient le feu (na). Les deux triangles superposés sont la représentation la plus anciennement connue de la figure dite « étoile de David », symbole utilisé dans d'autres religions (notamment le judaïsme). Il existe, dans le sanctuaire, deux types d'idoles : des idoles fixes (sthirabera), qui ne peuvent être déplacées du temple une fois consacrées; et des idoles mobiles (utsavamūrti) qui peuvent être sorties du temple, notamment lors des processions rituelles dans la ville.

Hormis la « salle dorée », les autres parties du sanctuaire ont toutes une symbolique propre : ainsi, les 4 Vedas, les 108 Upanishads, les 18 Purāṇas, et tous les autres textes canoniques hindous sont identifiés à l'une ou l'autre partie de ce temple.

Le temple de la déesse Sivakami

Situé au sein du sanctuaire du Naṭarāja, ce temple est dédié à Sivakami, l'une des représentations de la déesse Parvati, parèdre de Shiva, dans son rôle de parèdre, "d'épouse" du Naṭarāja. Il date également de l'époque Chola et accueille de nombreuses sculptures représentant des postures de danse Bharata Natyam.

Le temple de Govindaraja

Situé non loin du sanctuaire du Naṭarāja, ce temple est consacré à l'une des représentations du dieu Vishnou. Ce temple présente la particularité d'être un Divya Desam pour les sri vishnouïtes, c'est-à-dire un des 108 grands lieux saints de ce culte.

Autres sites intéressants

  • Autres temples :
  1. Temple de Kâlî, à Thillai (dans le nord de la ville).
  2. Temple Kotrangudi Umapathi Sivam, à Thillai.
  3. Temple d'Ilamaiyakkinar (dans l'ouest de la ville).
  4. Samadhi de Maraignana Sambandar, à Tirukkalancheri.
  • Université d'Annamalai :

Située à Annamalai Nagar, à 2 km à l'est de Chidambaram.

Galerie

Références

  1. (en) Chockalingam, K., Socio Economic Survey on Selected Towns, Chidambaram, Part VI-B, Series-19 - Census 1971, Director of Census Operations, Tamil Nadu, , 657 p. (lire en ligne Accès libre [PDF]), p. 5-6
  2. (en) Ernst Karel, « Notes on ‘Space of Consciousness (Chidambaram, Early Morning)’ », Anthrovision. Vaneasa Online Journal, no 4.2,‎ (ISSN 2198-6754, DOI 10.4000/anthrovision.2383, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Biographie

  1. John KEAY : India. A History (éditions Harper Perennial / Harper Collins Publishers. Londres. 2000). (ISBN 0-00-638784-5)
  2. Manjula LUSTI-NARASIMHAN : Bharatanāṭyam. La danse classique de l'Inde (musée d'Ethnographie de Genève) (éditions Société nouvelle Adam Biro. Paris. 2002). (ISBN 2-87660-334-9)
  3. Guide NELLES : Inde du Sud. (éditions Nelles Verlag GmbH. Munich. 2004). (ISBN 3-88618-848-5)
  4. S. MEYYAPPAN : Chidambaram (éditions Manivasagar Pathippagam. Chennai. 1998). (Édité en Inde / Pas de N° ISBN).

Articles connexes

Liens externes

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