Max-Emmanuel Mader

L'adjudant-chef Mader (à l'extrême gauche) avec le drapeau de son régiment, 1917. Au centre se trouve le commandant, le lieutenant-colonel Paul-Frédéric Rollet

Max-Emmanuel Mader ( – années 1950) était un soldat d'origine allemande, « héros » de la Légion étrangère française. Il fut enrôlé, de force, dans l'armée impériale allemande, mais déserta après avoir frappé son sergent. Max Mader s'enfuit en Suisse, puis en France, où il rejoignit la Légion étrangère. Il servi en Afrique Francaise du Nord jusqu'à l'invasion Allemande de la France au début de la Première Guerre mondiale. Bien qu'il n'ait jamais été contraint de combattre l'Allemagne, Max Mader s'est porté volontaire pour servir sur le front occidental afin de combattre ses anciens compatriotes. Max Mader devint le sous-officier le plus décoré de la Légion Étrangère pour ses actions pendant la Première Guerre Mondiale, et reçut la Médaille militaire et la Croix de Guerre, et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il perdit son bras droit lors de la seconde bataille de la Marne et, après la guerre, devint gardien au château de Versailles.

Début de vie

Max-Emmanuel Mader est né le à Giengen, dans le royaume de Wurtemberg, au sein de l'Empire allemand[1]. Il travaillait comme tailleur de pierre avant d'être enrôlé dans un régiment du génie civil de l'armée impériale allemande à l'âge de 18 ans[1],[2]. Max Mader déserta l'armée Allemande après avoir frappé un sergent qui le harcelait, puis enfui en Suisse[3],[4]. Mader pensait avoir tué ce sergent, mais cela n'ait jamais pu être prouvé[2].

En Suisse, il rencontra un ancien combattant de la Légion étrangère française, qui lui conseilla de s'y enrôler. Il rejoignit le 2e régiment d'infanterie étrangère à Montbéliard en , déclarant être de nationalité suisse[3],[4]. Il a servi dans la légion en Afrique du Nord, notamment à Saïda et dans le sud d'Oran, en Algérie, où il a pu utiliser ses compétences en maçonnerie pour aider à la construction de forts[3],[4]. Il poursuivit son engagement auprès de la Légion en 1904 et 1909[3]. Il servit dans la 22e compagnie montée de son régiment dans la région de Chaouia au Maroc entre 1910 et 1911 et a rejoint la 3e compagnie montée en [3].

Première Guerre mondiale

L’Allemagne déclara la guerre à la France en . La France n’espérait pas à ce que des légionnaires nés en Allemagne ou en Autriche, alliée de l'Allemagne, combattent contre leur pays natal. Environ 12 % des effectifs de la légion étaient de ces origines, et beaucoup ont terminé la guerre en service de garnison en Afrique du Nord[5]. Max, qui était alors sergent dans la légion étrangère au Maroc, s'est porté volontaire pour combattre sur le front de l'ouest contre l'Allemagne[4].

En , alors adjudant-chef (sous-officier de carrière), il combattit lors de la Bataille des monts de Champagne, lors de l'offensive de Nivelle[4]. Il mena la 6e compagnie du régiment de marche de la Légion étrangère à la capture d'une batterie de sept pièces d'artillerie allemandes près de Moronvilliers[4]. Le , il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur[6]. En , lors de la seconde bataille de la Marne, alors qu'il combattait près de Villers-Cotterêts, Max fut grièvement blessé. Il perdit son bras et son épaule droites à la suite de l'explosion d'un obus[4],[7]. Il fut transporté à l'hôpital de la base, et contre toutes attentes, réussit à survivre à ses blessures. Il reprit conscience pendant l'administration des derniers sacrements, puis après une longue convalescence, finit par guérir[7]. Pendant la guerre, Mader reçut une commission d'officier de sous-lieutenant et fût décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre avec palmes et étoiles[8]. Il fut le sous-officier le plus décoré de la Légion pendant la première guerre[9].

Vie après guerre

Mader quitta la Légion étrangère française en 1919 et devint gardien au château de Versailles[1],[4]. Suite à l'occupation de la France par l'Allemagne en 1940, Mader adopta un faux nom et prétendit être sourd et muet afin que les troupes allemandes ne le repèrent pas à cause de son français à l'accent germanique[4]. Mader est décédé de causes naturelles dans les années 1950[4].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Max-Emmanuel Mader » (voir la liste des auteurs).
  1. a b et c Jean-Luc Messager et Béatrice Capelle, La Légion étrangère: 175 ans d'histoire, EPA, (ISBN 978-2-85120-669-5, lire en ligne), p. 190
  2. a et b (en) Hugh McLeave, The Damned Die Hard, Bantam Books, (ISBN 978-0-553-29960-1, lire en ligne), p. 136
  3. a b c d et e (en) Martin Windrow, Our Friends Beneath the Sands: The Foreign Legion in France's Colonial Conquests 1870–1935, Orion, (ISBN 978-0-297-85841-6, lire en ligne), p. 488
  4. a b c d e f g h i et j (en) Jean-Denis G. G. Lepage, The French Foreign Legion: An Illustrated History, McFarland, (ISBN 978-0-7864-6253-7, lire en ligne), p. 106
  5. Martin Windrow, Our Friends Beneath the Sands, London, Phoenix, (ISBN 978-0-7538-2856-4), p. 424
  6. Pages de gloire de la division marocaine: Marne, Artois, Champagne, Somme, Verdun, Chapelot, (lire en ligne), p. 64
  7. a et b (en) Martin Gilbert, The First World War: A Complete History, Rosetta Books, (ISBN 978-0-7953-3723-9, lire en ligne), p. 528
  8. Reynaud, « Les étrangers dans l'armée française au cours de la Grande Guerre », Académie des Sciences et Lettres de Montpellier,‎ , p. 14 (lire en ligne)
  9. (en) Richard Holmes, Acts of War: The Behavior of Men in Battle, Free Press, (ISBN 978-0-02-915020-7, lire en ligne), p. 293

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