Nicolas Colbert

Nicolas Colbert
Image illustrative de l’article Nicolas Colbert
Biographie
Naissance
Reims
Père Nicolas Colbert de Vandières
Décès (à 48 ans)
Auxerre
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale par
Ferdinand de Neufville de Villeroy
Évêque d'Auxerre
Évêque de Luçon
Autres fonctions
Fonction religieuse
abbé du Landais
abbé de Saint-Sauveur de Vertus(1660)
prieur de La Charité-sur-Loire (1664)
Fonction laïque
garde de la bibliothèque du roi (1656-1676)

(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Nicolas Colbert, né le à Reims[1],[2] et mort le à Auxerre, fut évêque de Luçon (1661-71) puis d’Auxerre, abbé du Landais et de Saint-Sauveur de Vertus (1660), prieur de La Charité-sur-Loire (1664).

Il fit rétablir le droit pour l'évêque d'Auxerre de siéger aux États de Bourgogne.

Famille

Nicolas Colbert, fils de Nicolas Colbert de Vandières, est, avec Charles Colbert de Croissy et Édouard-François Colbert, l'un des frères de Jean-Baptiste Colbert ministre de Louis XIV[3].

Il est originaire de Reims . Il , commence ses études, terminées à Paris par une licence (examen dont il sort premier), puis par un doctorat[1].

Garde de la Bibliothèque du roi

Prieur de la Sorbonne, abbé commendataire de Saint-Sauveur de Vertus et de Notre-Dame de Landais, il obtient des lettres de provision de garde de la bibliothèque du roi en 1656, après la mort de Jacques Dupuy. Quand Jean-Baptiste Colbert est devenu surintendant des bâtiments du roi, en 1664, il a fait placer la Bibliothèque du roi dans ses attributions. Il la fait déplacer en 1666 près de son hôtel, rue Vivienne. Le , il obtient du roi pour son frère Nicolas un brevet de la charge d’« intendant et garde de son Cabinet des livres manuscrits, médailles et raretez antiques et modernes » qui prend alors le titre de garde de la Bibliothèque du roi et intendant du Cabinet des médailles[4].

Épiscopat

Les écrits sur Nicolas Colbert sont unanimes sur sa très profonde piété[5], sa charité[6] et sur son application scrupuleuse à suivre les canons bibliques[7],[8]. Il sait aussi demander la même application de ses subordonnés, sans avoir généralement à l'exiger formellement[5] ; il a donc un charisme certain, qui a des répercussions favorables sur la bonne tenue des établissements religieux placés sous sa gouvernance.

Il est économe, évitant le faste et le luxe[9],[10], mais est des plus généreux envers les pauvres.

Son humilité est également remarquable. Entre autres manifestations, il se confesse publiquement chaque dimanche[11].

Luçon

Ordonné évêque du diocèse de Luçon en 1661[1], Nicolas s'y est profondément investi dans sa mission épiscopale. Avec l'appui de son frère Charles Colbert de Croissy nommé commissaire en Poitou pour l'application de l'Édit de Nantes, il combat vigoureusement les protestants. Tous les temples de son diocèse sont détruits.

Translation à Auxerre

Mais le climat de Luçon lui est nocif. D'autre part, son frère ministre Jean-Baptiste Colbert, aussi seigneur de Seignelay dans le diocèse d'Auxerre[8], a eu l'occasion d'y faire effectuer des missions[12] et sait donc qu'Auxerre n'a plus d'évêque depuis la mort de Pierre de Broc (survenue le ). Le chapitre a dû prendre en charge le gouvernement temporel et spirituel de l'évêché après avoir fait apposer des scellés sur le palais épiscopal et sur le château de Regennes . Le temporel est géré par trois économes, le chapitre gouverne le spirituel; tous attendent impatiemment un nouvel évêque[13].

Le ministre Colbert demande en conséquence à Louis XIV de nommer son frère Nicolas à la tête de l'évêché d'Auxerre[7]. Cependant Nicolas applique scrupuleusement les canons (qui stipulent qu'un évêque, dans la mesure du possible, ne soit pas transferré dans une autre charge afin de se donner le plus complètement possible à celle qu'il occupe). Et malgré sa santé déficiente, il se résout mal à quitter Luçon. Le père de Sainte Marthe, général de l'oratoire, plaide la cause d'Auxerre : le grand besoin dans lequel se trouve cet évêché, l'assurance que le roi lui trouvera à Luçon un remplaçant digne de la charge. Finalement Nicolas se résout[7]. Il se retire à Reims où il prie, lit, écrit, visite les lieux de culte, officie aux grandes fêtes à la demande du chapitre jusqu'à la fin de l'année 1671 ieurs fonctions épiscopales à la demande des vicaires généraux de l'archevêque-cardinal de Reims Antoine Barberin ; il inspire ainsi nombre de jeunes ecclésiastiques[1].

Les "bulles de translation" arrivent enfin. Il se rend à Auxerre, où il est attendu avec beaucoup d'espoir[1] - sa nomination a été saluée avec éloge par le théologien Jacques de Sainte-Beuve, ce qui a redoublé l'ardeur de l'attente des auxerrois[13].

Auxerre

Il prend la charge du diocèse d'Auxerre de 1671 jusqu'à sa mort, changeant une seule chose de ses habitudes économes : de vaisselle d'étain il passe à de la vaisselle d'argent, parce qu'Auxerre était sur un axe de grand passage et que des personnalités étaient amenées à s'y arrêter[9].

Sa « première entrée »[note 1] dans la ville est accueillie par une réception particulièrement chaleureuse ; mais il refuse de se faire porter de Saint-Germain à Saint-Étienne (selon la coutume) par les quatre barons attitrés[8],[note 2].

Son premier acte notable est de fonder un séminaire, car il n'y en a pas à Auxerre malgré les directives papales[11](en référence au concile de Trente[8]convoqué par Paul II en 1542). Il installe provisoirement le séminaire dans le bas du palais épiscopal, où il fait construire de petites chambres. Le il fait savoir par mandement que les candidats peuvent postuler à partir du , et il invite Louis Habert, docteur de Sorbonne et natif de Blois, à être leur supérieur. L'année suivante il achète à Pierre Camus, bailli d'Auxerre, un terrain dans la paroisse de Saint-Loup[note 3] pour établir le séminaire dans son propre logis indépendant. Il visitera souvent cet endroit, y prenant ses repas à l'occasion, donnant des conseils et y pratiquant l'humilité[11].

Une autre action notable est celle de faire rétablir pour l'évêque d'Auxerre le droit de siéger aux États de Bourgogne, perdu depuis plus de cent ans. Il use pour cela de sa proximité avec son frère ministre, Jean-Baptiste.
Après mûre délibération et sa demande d'une inspection par un commissaire délégué par les États de Bourgogne, il sollicite - et obtient - encore par le truchement de son frère une grosse réduction des impôts supportés par les communs d'Auxerre et de Varzy[6].

Il travaille à améliorer le niveau spirituel du diocèse en sélectionnant soigneusement les prêtres qu'il installe, et il se prépare à chaque ordination par un jour de retraite (en la crypte de Saint-Germain près du tombeau du saint) ou dans le chœur à chanter l'office avec les religieux, jeûnant jusqu'à passé 7 heures du soir[11].

En 1676 juste après Pâques, il a fait à Paris un voyage dont sa santé souffre[14]. Il avait déjà décidé de visiter toutes les paroisses du diocèse qu'il n'avait pas encore pu voir; ce qu'il entreprend dès son retour sans prendre le temps de regagner des forces. Il s'épuise à ces petits voyages continuels, surtout effectués dans la chaleur de l'été[15]: Colanges-les-Vineuse, La Charité-sur-Loire... et finalement Varzy à la fin de l'été. Il y établit un collège et une communauté de filles pour l'éducation des jeunes. Mais l'insomnie augmente, ses forces diminuent, et ces deux fondations sont les dernières qu'il fera[14].

Mort

Le monument funéraire de Nicolas Colbert dans la cathédrale d'Auxerre (Yonne).

Il est resté humble jusqu'à son lit de mort, où il proteste de ce qu'un chanoine de Saint-Étienne le compare à saint Martin[16]. Cela se passe au château épiscopal de Varzy[14] le jour de sa mort, le [17], à l'âge de 48 ans.

Voir aussi

Bibliographie

  • Abbé Cornat, Notice sur les archevêques de Sens et les évêques d'Auxerre, Sens, Ch. Duchemin, (lire en ligne).
  • Abbé Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 886 p. (lire en ligne). Vie de Nicolas Colbert : p. 708–730.
  • François Bluche (dir.), Dictionnaire du Grand Siècle, Paris, Fayard, , 1640 p. (ISBN 2-213-02425-1).

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Sur la cérémonie traditionnelle de « première entrée » d'un évêque dans son siège : Véronique Julerot, « La première entrée de l’évêque : réflexions sur son origine », Revue historique, no 639,‎ , p. 635-675 (lire en ligne, consulté le ).
  2. Pour la coutume de porter les nouveaux évêques, voir Léon Chauvin, L'ancien régime et la Révolution, ou, Revue historique, critique et morale ..., Paris, Lemarchand, , 242 p. (lire en ligne), p. 224.
    Pour la spécificité d'Auxerre, voir Bernard Picart & al., Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde ..., vol. 12, Paris, Prudhomme, , 550 p. (lire en ligne), p. 150, note 7.
  3. L'église Saint-Loup d'Auxerre se situait au 16, rue Cochois. S'ouvrant dans une rue adjacente, une « impasse Saint-Loup » existe toujours (47° 48′ 00″ N, 3° 34′ 25″ E) et Natacha Van den Bossche, Les dévotions des bateliers auxerrois à la fin du 17e siècle].

Références

  1. a b c d et e Lebeuf 1743, p. 710, volume 1.
  2. Archives départementales de la Marne, Paroisse Saint-Symphorien de Reims, GG 192, p.295/377
  3. Bluche 1990, p. 342.
  4. « Gardes de la Bibliothèque et bibliothécaires du roi : de Louis XIV à la Révolution française », sur BnF (consulté le )
  5. a et b Lebeuf 1743, p. 714, volume 1.
  6. a et b Lebeuf 1743, p. 722, volume 1.
  7. a b et c Lebeuf 1743, p. 708, volume 1.
  8. a b c et d Cornat 1855, p. 106.
  9. a et b Lebeuf 1743, p. 712, volume 1.
  10. Lebeuf 1743, p. 713, volume 1.
  11. a b c et d Lebeuf 1743, p. 711, volume 1.
  12. Lebeuf 1743, p. 708-709, volume 1.
  13. a et b Lebeuf 1743, p. 709, volume 1.
  14. a b et c Lebeuf 1743, p. 727, volume 1.
  15. Lebeuf 1743, p. 726, volume 1.
  16. Lebeuf 1743, p. 728, volume 1.
  17. Lebeuf 1743, p. 729, volume 1.

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