Noël Pointe
Noël Pointe (Saint-Étienne, - Sainte-Foy-la-Grande, ), est un représentant du peuple pendant la Convention, partisan de la peine de mort, de la répression et chargé de l'accroissement des armements.
Biographie
Représentant du peuple à la Convention nationale, il se trouve être aussi le seul ouvrier (c'est-à-dire artisan qualifié et non prolétaire) de cette assemblée : il dit dans un opuscule de l’an II, Je suis un forgeron qui n’eut jamais d’autres principes que ceux de pétrir le fer. Élu notable dans la municipalité Desverneys à Saint-Étienne en 1791, il est ensuite choisi comme représentant à la Convention comme député de Rhône-et-Loire, département qui disparait en 1793, conséquence de la révolte lyonnaise[1].
Ancien ouvrier armurier ayant travaillé pour la Manufacture d'armes de Saint-Étienne, il sera chargé par la convention de contrôler et stimuler les fonderies d’armes[2],[2]c’est-à-dire, comme il le dit lui-même[3], « de former des établissements de fonderies et de foreries de canons de fer coulé pour la marine, et de donner à ceux déjà existants toute l’activité dont ils étaient susceptibles ».
Les 16 et , il vota la mort de Louis XVI et s’opposa à l’appel au peuple. En , il fut envoyé dans la Nièvre et le Cher avec des pouvoirs illimités.Quoique fortement attaché au parti républicain, il resta à l’écart des orages qui agitèrent la convention durant le règne de la terreur ; mais, après la chute de Robespierre, craignant le système de réaction contre-révolutionnaire qui dominait, il prononça le un discours sur les dangers de la patrie, dans lequel il demanda que la Loi des suspects du , fût exécutée dans toute sa rigueur. Louis Legendre, l'orateur de la Révolution française, le réfuta faiblement.
En , Pointe fut dénoncé par les autorités de la Nièvre, où il avait été en mission, et la convention chargea le comité de législation de faire un rapport sur sa conduite ; mais les événements de vendémiaire (octobre) vinrent mettre fin à toutes ces enquêtes.
Après la session, Pointe ne passa pas aux conseils, et le directoire l’employa en qualité de commissaire, ainsi qu’il faisait à cette époque de tous les conventionnels ; mais, après le Coup d'État du 18 brumaire, il devait remplir les fonctions de percepteur à Monestier (Dordogne) sous l’Empire, il est révoqué par la Restauration et doit quitter la France comme régicide. Il prend un passeport pour Chambéry mais reste caché à Monestier. Dénoncé, il est arrêté le et condamné à la déportation le mais gracié par le roi, il est admis à rester en France car il n'avait pas signé pas non plus l’Acte additionnel aux constitutions de l'Empire de 1815. Il meurt à Sainte-Foy en Gironde en 1825.
Il se croyait poète et a laissé un petit recueil rimé intitulé L’hypocrisie démasquée par la vérité.
Son œuvre
Les comptes rendus à la Convention
- Compte-rendu à la Convention nationale, par le citoyen Noël Pointe, l'un de ses membres, commissaire près la manufacture d'armes à Saint-Étienne, département de Rhône & Loire, impr. par ordre de la Convention nationale, Paris, Impr. nationale, 1793. [3]
- Compte rendu à la Convention nationale et au peuple souverain : sur sa dernière mission de former des établissements de fonderies &. ; foreries de canons de fer coulé, par Noël Pointe, Paris, Impr. nationale, an III, 1794.[4]
Les écrits politiques
- L'hypocrisie, démasqué par la vérité, l'intrigue, déjouée par la loyauté, et confondue par la franchise, par Noël Pointe, Nevers, 1794.[5]
- Les Crimes des sociétés populaires, précédés de leur origine, in-8°, Montpellier, 1795.
Références
- ↑ Ce département, par décret du 29 brumaire an 2 (19 novembre 1793), fut divisé en deux ; l’un, sous la dénomination du Rhône, et l’autre sous celle de la Loire.
- ↑ Voy. Compte rendu à la Convention Nationale par Noël Pointe, représentant du peuple près les fonderies de Creusot, de Pont-de-Veaux, & autres établissemens dans les départemens de Saône-et-Loire, l'Ain, Jura, Haute-Saône, Doubs et Côte-d'Or.
- ↑ Voy. Compte rendu à la Convention nationale et au peuple souverain : sur sa dernière mission de former des établissements de fonderies &. ; foreries de canons de fer coulé, par Noël Pointe, 1793.) [1]
Sources
- « Noël Pointe », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- * Jean-Baptiste Galley, Saint-Étienne et son district sous la Révolution, Saint-Étienne 1903, t. I, p. 383-385
- Biographie universelle ancienne et moderne
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