Panroman
| Panroman Universal Unial | |
| Auteur | Heinrich Molenaar |
|---|---|
| Date de création | 1903 |
| Typologie | SVO Synthétique |
| Catégorie | langue auxiliaire internationale |
| Classification par famille | |
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| Étendue | langue individuelle |
| Type | langue construite |
| Échantillon | |
| Panroman es plus simpl, plus fazil, plus kurt, plus praktik ke tut altr universal-ling-sistem. « Le panroman est plus simple, plus facile, plus concis et plus pratique que tout autre système de langue universelle. » |
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Le panroman, également dénommé universal ou unial, est un projet de langue auxiliaire internationale présenté par Heinrich Molenaar en 1903.
Histoire
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'une des questions qui occupent les milieux intellectuels est celle de la langue internationale[1] : alors que l'usage du latin comme outil de communication entre lettrés de différents pays a périclité et que l'anglais ne s'est pas encore imposé comme lingua franca, les échanges internationaux nécessitent en effet la connaissance de nombreuses langues nationales[2]. Un certain nombre de projets de langues construites destinés à la communication universelle, dont le volapük ou l'espéranto, sont alors élaborés dans le but de fournir une langue commune à l'humanité[1].
Heinrich Molenaar, partisan du positivisme et du pacifisme, commence à s'intéresser au problème de la langue internationale après avoir pris connaissance d'un de ces projets, la langue bleue[3], un système a priori présenté en 1899 par le Français Léon Bollack (en)[4]. Ayant également de vagues connaissances en volapük et en espéranto, il juge ces langues insatisfaisantes du fait de leur artificialité et du mélange « barbare » de racines diverses sur lequel se fonde leur vocabulaire : il décide alors de lancer son propre projet, exclusivement fondé sur des racines latines et romanes, qui constituent selon lui l'essentiel du vocabulaire international[3]. Ce sera le panroman, publié en 1903 et rebaptisé trois ans plus tard universal[5], ou unial[6], pour affirmer son internationalité[3].
Description
Le panroman s'écrit à l'aide de l'alphabet latin auxquelles sont retranchées les lettres c, y et w (qui ne sont employées que dans les noms propres) ; la lettre q est une variante contextuelle de k avant u, la lettre z se prononce [t͡s], et les digrammes ch et sh se prononcent respectivement [ t͡ʃ ] et [ ʃ ] ; l'accentuation s'effectue sur l'avant-dernière consonne, à quelques exceptions près, indiquées par des accents écrits : akademí (« académie »)[7].
Les articles définis lo (masculin), la (féminin) et le (neutre) sont employés le moins possible, tandis que l'article indéfini un n'existe qu'au singulier. Comme en français, il n'y a pas de déclinaisons, la fonction des mots étant indiquée par des prépositions. Le pluriel, formé en ajoutant -i au radical (hom, « homme », devient ainsi homi, tandis que filio, « fils », donne filioi), n'existe que pour les noms, les adjectifs restant invariables. Le comparatif de ces derniers est indiqué par plus, le superlatif par lo, la ou le plus ; ils peuvent aussi être transformés en adverbes par l'adjonction de la finale -e, ou en noms par l'adjonction d'un article défini (lo, la ou le bon)[7]. Quant aux verbes, leur conjugaison est totalement régulière[8] :
- L'infinitif est indiqué par la terminaison -er : haber (« avoir ») ;
- L'indicatif présent est simplement formé du radical du verbe : hab ;
- Le prétérit est indiqué par -eva : habeva ;
- Le futur est indiqué par -eró : haberó ;
- Le conditionnel est indiqué par -eré : haberé ;
- L'impératif, le subjonctif et l'optatif sont indiqués par -e : habe ;
- Le participe présent est indiqué par -ent : habent ;
- Le participe passé est indiqué par -et : habet.
La langue de Molenaar puise son lexique dans le vocabulaire international, ce qui inclut les mots qui existent dans au moins deux langues romanes, dans une langue romane et une autre « grande langue » (anglais ou allemand), ou en latin et dans une autre grande langue ; les termes requis ne respectant aucun de ces critères sont tirés du latin, du français, de l'italien ou de l'espagnol, sous la forme la plus simple possible[9]. Ainsi a-t-on si (« oui »), no (« non »), ja (« déjà »), exzept (« sauf »), a kaus de (« à cause de ») ou encore nunk (« maintenant »)[10], qui cohabitent avec klub (« club »), zolverein (« souverain »), av (« oiseau »), malad (« malade ») ou encore komunikazion (« communication »)[9], formés à partir de ces différentes langues selon un procédé non expliqué par Molenaar[11].
Exemple de texte
| Panroman[12] | Français |
|---|---|
| Patr nostr, qui es in ziel, Ton nom ese sanktifizet ; Ton regn vene ; Ton voluntat ese fazet In ter kom in ziel. Done nos hodi nostr pan quotidian ; Pardone nos nostr debiti, Kom nos pardon a nostr debitori ; E non induze nos in tentazioni, Ma libere nos de mal. |
Notre père qui es aux Cieux Que ton nom soit sanctifié ; Que ton règne vienne ; Que ta volonté soit faite Sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ; Pardonne-nous nos offenses, Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ; Et ne nous induis pas en tentation, Mais délivre-nous du mal. |
Références
- Hay 2009, § 46.
- ↑ Hay 2009, § 45.
- Couturat et Leau 1907, p. 63.
- ↑ Couturat et Leau 1903, p. 210.
- ↑ Guérard 1921, p. 218.
- ↑ Meyer 2014, p. 51.
- Couturat et Leau 1907, p. 64.
- ↑ Couturat et Leau 1907, p. 65-66.
- Couturat et Leau 1907, p. 67.
- ↑ Couturat et Leau 1907, p. 66.
- ↑ Couturat et Leau 1907, p. 68.
- ↑ Couturat et Leau 1907, p. 69.
Voir aussi
Bibliographie
- Louis Couturat et Léopold Leau, Histoire de la langue universelle, Paris, Hachette, (lire en ligne)
- Louis Couturat et Léopold Leau, Les Nouvelles Langues internationales, Paris, (lire en ligne)
- (en) Albert Léon Guérard, A Short History of the International Language Movement, New York, Boni & Liveright, (lire en ligne)
- Josiane Hay, « Interculturel et langues véhiculaires et auxiliaires : réflexion sur l’anglais lingua franca », Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité — cahiers de l'Apliut, vol. XXVIII, no 1, , p. 63-76 (ISSN 2257-5405, DOI 10.4000/apliut.1202, lire en ligne, consulté le )
- (de) Anna-Maria Meyer, Wiederbelebung einer Utopie : Probleme und Perspektiven slavischer Plansprachen im Zeitalter des Internets, Bamberg, Presses universitaires de Bramberg, , 355 p. (ISBN 978-3-86309-233-7, lire en ligne)
Articles connexes
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