Patrick Geay
| Patrick Geay | ||
| Gangster | ||
|---|---|---|
| Information | ||
| Nom de naissance | Patrick André Geay | |
| Naissance | Versailles (Yvelines) |
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| Surnom | « Pougache » | |
| Condamnation | (par contumace) |
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| Sentence | 17 ans de réclusion criminelle | |
| Actions criminelles | attaques à main armée, évasion | |
| Période | - | |
| Pays | ||
| Régions | Ile-de-France | |
| Ville | Paris | |
| Arrestation | ||
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Patrick Geay, né le à Versailles, est un gangster et fugitif français, surnommé « Pougache »[1].
Dans les années 1980, il fit partie du célèbre Gang des postiches, en compagnie d'André Bellaïche, Robert Marguery, Bruno Berliner et Jean-Claude Myszka. Après un braquage meurtrier, le , il sera arrêté onze mois plus tard, en compagnie de trois complices. Remis en liberté en , après deux ans détention provisoire, il part en cavale durant 14 ans, avant d'être arrêté le . A l'issue de son procès en appel, il sera condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour sept des vingt-sept braquages du gang et une tentative de meurtre sur un policier[2].
Biographie
Durant sa jeunesse, Patrick Geay fait rapidement connaissance avec la justice pour des vols à l'étalage. Il fait la connaissance d'André Bellaïche, jeune délinquant légèrement plus âgé que lui. Les deux jeunes hommes vouent une admiration juvénile pour le grand banditisme et prévoient de commettre des braquages à l'âge adulte[1].
Au cours des années 1970, Geay est plusieurs fois arrêté pour des délits mineurs. Il fait également la connaissance de Robert Marguery, de Jean-Claude Myszka et de Bruno Berliner. A près plusieurs séjours de coupure liés à leurs détentions, les cinq malfaiteurs se retrouvent en 1981 et projettent de vider les coffres des banques parisiennes[1].
En , Geay a tout juste 30 ans lorsque débutent les braquages du Gang des postiches. Durant plus de quatre ans, celui-ci commet au moins 27 braquages. Déguisés à l'aide de postiches — masque, perruques et fausses barbes —, les braqueurs dévalisent des centaines de lingots d'or. La fréquence des braquages se déroule sur plusieurs séries, séparées dans le temps. Lorsque tout l'argent de gang est dépensé, les braqueurs reprennent leurs attaques à main armée[3],[4],[5],[6],[7],[8].
Durant les plus de quatre ans d'activité du gang, de à , Geay, Berliner, Bellaïche, Marguery et Myszka se cachent dans plusieurs hôtels, afin de préserver leur cavale. Geay loue plusieurs voitures sous un faux nom pour éviter toute identification. Après plusieurs séries de braquages, le gang se fait connaître de tous les médias et apparaît sous la forme de gentleman. Bien que les victimes de ces braquages soient apeurées lors des attaques, les policiers s'avèrent presque aimants à l'égard des braqueurs, qui commettent leurs forfaits sans effusion de sang[3],[4],[5],[6],[7],[8].
Le , le gang perd cette image de « gentil gang » lors d'un braquage raté. Le dispositif se déclenche, impliquant directement BRB. Autour de l'agence du Crédit lyonnais du 39 rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement de Paris, 67 policiers se déguisent en civils. Ceux-ci se répartissent dans une trentaine de véhicules banalisés et se déploient dans les rues adjacentes. L'opération tourne au drame lorsque Marguery et Geay repèrent un véhicule relais, stationné juste en face du véhicule banalisé monté par les chefs du dispositif, Claude Cancès et Raymond Mertz. Les regards des policiers et des braqueurs s'entremêlent. Se croyant menacé, le commissaire Mertz sort du véhicule et fait feu à trois reprises en direction des postiches. Marguery est touché dans le dos et dans le pied, tandis que Geay parvient à regagner la voiture et à s'enfuir. Après être tombé à terre à la suite des deux balles, Marguery est interpellé et placé en garde à vue. Interrogé sur la composition du gang, Marguery refuse de donner le nom de ses complices. Il est inculpé de vols à main armée puis placé en détention provisoire, à la Prison de la Santé. Lors de ce braquage sanglant, le postiche Bruno Berliner, 28 ans, et l'inspecteur de police Jean Vrindts, 33 ans, s'entretuent et se blessent chacun mortellement. Poursuivi par la police, Geay crée un accident et contraint le policier Jean-Michel Rolland à se tourner et tente de la tuer en lui tirant dessus. Après ce braquage sanglant, Bellaïche, Geay et Myszka parviennent à prendre la fuite[3],[4],[5],[6],[7],[8].
Les policiers parviennent ensuite à remonter jusqu'à un hôtel, loué par les membres du gang. Lorsqu'ils s'y rendent, celui-ci s'avère inoccupé depuis plusieurs jours. Sur la table à manger, sont retrouvés des verres d'alcool dans lesquels des empreintes digitales sont exploitées. Après analyse, celles-ci appartiennent à Geay et à Myszka. L'enquête ne s'arrête cependant pas à ces découvertes car les policiers savent que le gang contient au moins cinq membres. En fouillant l'entourage des deux braqueurs, les enquêteurs finissent par trouver le dernier membre de la tête du gang, Bellaïche. Au bout de onze mois de recherche, ils finissent par localiser le reste du gang dans une villa de Yerres, située 28, rue des Pins[1],[3],[5].
Première arrestation, remise en liberté et cavale
Dans la matinée du , les policiers lancent une opération à la bombe, au 28, rue des Pins, à Yerres. Toujours en train de dormir, Bellaïche, Geay et Myszka sont réveillés en sursaut par l'embuscade et son interpellés. Un quatrième homme, Gian Luigi Esposito, également présent, est arrêté avec eux. Lors de leurs garde à vue, Geay, Bellaïche et Esposito nient être à l'origine du Gang des postiches. Dans la propriété où loge les quatre hommes, sont retrouvés de lingots d'or de des espèces volés. Seul Myszka reconnaît avoir participé aux braquages, mais ne livre pas d'autre explication à leur geste. A l'issue de leur garde à vue, Geay et Myszka sont inculpés pour vols à main armée et tentative de meurtre envers une personne dépositaire de l'autorité publique, tandis que Bellaïche est inculpé pour évasion, vols à main armée et tentative de meurtre envers une personne dépositaire de l'autorité publique. Quant à Esposito, celui-ci est seulement inculpé pour évasion. Tous sont déféres devant le juge d'instruction et placés en détention provisoire, à la Prison de Freury-Mérogis[1],[3],[5].
L'arrestation des derniers membres du gang laisse cependant un doute quant à leur culpabilité. A l'exception de Marguery, pris sur le fait, de Myszka, ayant rédigé des aveux, l'accusation manque scrupuleusement de preuves à l'égard de Geay et Bellaïche[1],[3],[5].
Geay est remis en liberté le , après deux ans de détention provisoire. Soumis à un contrôle judiciaire, il est censé se présenter une fois par semaine au commissariat, mais ne s'y rend pas. Il entame alors un cavale[1],[3],[5],[9].
En 1990, les inculpés sont confrontés aux policiers pour déterminer lequel est l'auteur des coups de feu sur le policier Rolland. Seuls, Bellaïche, Marguery et Myszka sont présentés au policier, Geay étant en fuite depuis plus d'un an. Confrontés aux trois braqueurs, le policier ne reconnaît aucun des trois suspects comme étant celui lui ayant tiré dessus. Il évoque un homme chauve, qui correspond au physique de Patrick Geay. Une photo de Geay lui est alors présentée. Le policier le reconnaît immédiatement comme étant l'homme ayant tenté de le tuer. Un mandat d'arrêt est donc lancé pour arrêter le fugitif, mais celui-ci ne donne rien[1],[3],[5].
En , c'est au tour de Bellaïche d'être remis en liberté, après quatre ans et demi de détention. Marguery et Myszka sont libérés en 1992, après une trop longue instruction qui contraint la justice à les relâcher. Le gang sera renvoyé devant la Cour d'assises de Paris pour les sept derniers braquages du gang, commis en et , dont le dernier accompagné d'une tentative de meurtre[5],[8],[10],[11].
Le , seuls Marguery, Bellaïche et Myszka se constituent prisonniers, lors de l'ouverture de leur procès devant la Cour d'assises de Paris. Geay ne s'y présente toujopurs pas et se voit condamné par contumace à 30 ans de réclusion criminelle. Marguery et Myszka sont condamnés à 12 ans de réclusion criminelle, tandis que Bellaïche est condamné à 8 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs, évasion et recels de vols[11].
Arrestation après 14 ans de cavale et détention
Le , Geay est localisé et interpellé à son appartement de Versailles. Au cours de la perquisition, sont retrouvées de fausses cartes d'identité au nom d'Yves L. et d'Eric M., ainsi qu'un permis de conduire vierge. L'ADN de Geay est prélevé et comparé à celui-ci retrouvé sur le verre d'alcool, en 1986. Après une analyse minutieuse, l'ADN correspond avec celui du figitif, recherché depuis 14 ans. En garde à vue, Geay nie catégoriquement avoir participé aux braquages du Gang des postiches et affirme s'être évadé pour éviter d'être condamné à tort. A l'issue de sa garde à vue, Geay est mis en examen pour « non-respect de contrôle judiciaire », vols à main armée et tentative de meurtre envers une personne dépositaire de l'autorité publique, puis placé en détention provisoire à la Prison de la Santé[9],[12],[13].
Lors de son arrestation, l'ADN de Geay est prélevé et enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques et établit une correspondance avec une trace génétique laissée sur un gant, lors du braquage mortel du . Malgré cet élément incriminant, Geay ne varie pas dans ses déclarations et nie farouchement être à l'origine des tirs sur le policier Jean-Pierre Rolland. Il est cependant renoyé devant la Cour d'assises de Paris[1],[3],[5].
Le procès de Geay débute le , devant la Cour d'assises de Paris. Désormais âgé de 52 ans, Geay ne présente aucune émotion lorsqu'il arrive dans le box des accusés. Appelé à la barre, le polcier Rolland reconnaît formellement l'accusé, malgré les 18 ans passés depuis la tentative de meurtre. La défense de Geay affirme cette reconnaissance peu crédible, en évoquant qu'il est impossible de reconnaît un homme de 34 ans, au moment des faits, jugé à l'âge 52 ans. Le policier est cependant formel concernant la reconnaissance de son agresseur et dit également le reconnaître dans sa voix et sa démarche, qui semblent ne pas avoir changées malgré le temps passé. En plus de cela, la présence de l'ADN de Geay sur la scène du crime ne fait aucun doute quant à sa parcipation aux faits[1],[14],[15].
Le , Geay est condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour vols à main armée et tentative de meurtre envers le policier Rolland. Contestant cette décision, il décide d'interjetter appel[1],[16],[17].
Geay comparaît en appel, du 23 au , devant la Cour d'assises d'Évry. Il est condamné pour ces même faits, mais voit sa peine est aloudie à 17 ans réclusion criminelle[2],[18],[19],[20],[21].
Après le procès
Patrick Geay a purgé sa peine et a retrouvé la liberté.
Références
- [vidéo] « Les Postiches - Faites entrer l'accusé - Télé-Loisirs » (consulté le )
- « Gang des postiches : Patrick Geay condamné à dix-sept ans de prison », Les Echos, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b, « L'ÉTRANGE PARCOURS D'UN « MAUVAIS GARÇON » DE BELLEVILLE DEPUIS LE « GANG DES POSTICHES » JUSQU'À SA RÉDEMPTION EN THAÏLANDEE », sur Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com (consulté le )
- Patricia Tourancheau, « Gang des postiches : le dernier masque tombe », Libération, (consulté le ).
- « Faits Divers à Paris », sur 50 faits divers du Moyen Age à notre époque (consulté le )
- Patricia Tourancheau, « Le jour où les postiches ont joué les fils de l’air », sur Libération (consulté le )
- « Vingt ans après, la légende des « Postiches » toujours vivante », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- Patricia Tourancheau, Les Postiches. Un gang des années 80, Fayard, , p. 301.
- Patricia Tourancheau, « Gang des postiches : le dernier masque tombe », sur Libération (consulté le )
- ↑ Patricia Tourancheau, « Le «gang des postiches» enlève le masque. Dix ans après les faits, trois de ses membres comparaissent libres aux assises. », sur Libération (consulté le )
- « Braquages de banques, cavales… Tout savoir sur "le gang des Postiches", arrêté il y a 37 ans », sur www.rtl.fr, (consulté le )
- ↑ Roberto Cristofoli, « Fin de cavale pour un caïd du gang des postiches », sur LeParisien.fr, (consulté le )
- ↑ « BANDITISME : Interpellation de Patrick Geay », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « L'ex du gang des postiches rejugé », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ « Un dernier membre du "gang des postiches" rejugé pour sa participation à sept hold-up », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Gang des postiches : quinze ans de prison », sur LeParisien.fr, (consulté le )
- ↑ « JUSTICE : Patrick Geay a été condamné à quinze années de réclusion criminelle, pour participation à deux braquages. », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Gang des postiches : 20 ans de requis », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ Patricia Tourancheau, « Le Petit Poucet du Gang des postiches », sur Libération (consulté le )
- ↑ « Gang des postiches : 17 ans pour Geay », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- ↑ « Gang des postiches : 17 ans de réclusion à l'encontre de Patrick Geay », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
- Les Postiches, un gang des années 1980 (2004) de Patricia Tourancheau. (Fayard).
- Ma vie sans postiche (2007), André Bellaïche, Éditions First.
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