Ruth Fowler Edwards
| Naissance | Cambridge |
|---|---|
| Décès |
(à 82 ans) Cambridge |
| Nationalité |
Angleterre |
| Formation |
Université d'Edimbourg |
| Activité |
généticienne |
| Père |
Ralph Howard Fowler |
| Mère |
Eileen Mary Rutherford (d) |
| Conjoint |
Robert G. Edwards |
| Parentèle |
Ernest Rutherford |
Ruth Eileen Fowler Edwards, Lady Edwards (14 décembre 1930[1] – 3 octobre 2013[2]) était une généticienne britannique et l'épouse et collaboratrice de longue date de Robert G. (Bob) Edwards[2],[3], le « père » de la fécondation in vitro .
Biographie
Ruth Eileen Fowler est née le 14 décembre 1930 à Cambridge[1], d'Eileen Mary Rutherford, fille unique du physicien Ernest Rutherford[4], lauréat du prix Nobel de chimie en 1908, et de Sir Ralph Fowler[4] FRS (1889-1944), professeur Plummer de physique mathématique à Cambridge de 1932 à 1944. Eileen Rutherford et Ralph Fowler eurent quatre enfants, dont Ruth était la benjamine[5]. Sa mère mourut d'une embolie pulmonaire une semaine après la naissance de Ruth.
Ruth Fowler étudia la génétique au début des années 1950 à l'Université d'Édimbourg[4]. C'est là qu'elle rencontra le physiologiste Robert Edwards lors d'un cours de statistiques en 1952, alors qu'elle préparait un doctorat en génétique après avoir obtenu une licence en biologie dans cette même université. Edwards, également doctorant, rencontrait des difficultés ; les deux étudiants s'associèrent alors, résolurent le problème et obtinrent tous deux leur doctorat. Après leurs études, ils partirent pour la Californie afin d'effectuer des stages postdoctoraux. Ils y étudièrent pendant un an avant de rentrer au Royaume-Uni.
Fowler et Edwards ont collaboré sur l'induction contrôlée de l'ovulation chez la souris. Dans leur premier article commun[6], publié en 1957, ils ont démontré la possibilité de la superovulation chez les souris adultes. Fowler a ensuite étudié les effets de la progestérone et des œstrogènes sur la gestation et la mortalité embryonnaire chez la souris ; les différences de production ovarienne entre les conditions naturelles et la superovulation ; la croissance et la génétique de l'embryon humain précoce en culture ; la composition du liquide utérin et l'implantation embryonnaire chez le lapin ; la stéroïdogenèse dans les cellules de la granulosa humaine et la croissance folliculaire ; la composition en glycoprotéines et les interactions intercellulaires au sein du complexe cumulus-ovocyte.
A la naissance de sa première fille, elle quitte son travail. Elle reprendra une activité professionnelle à temps partiel en 1972[7], au sein du Department of Investigative Medicine du Lucy Cavendish College de l'université de Cambridge, se consacrant à la physiologie ovarienne[8]. Elle publie alors plusieurs articles scientifiques, en collaboration avec son mari et d'autres scientifiques. Elle prendra sa retraite en 1989.
En décembre 2010, elle se rend à Stockholm pour recevoir des mains du roi de Suède le prix Nobel de physiologie ou médecine attribué à son mari. Robert Edwards est en effet trop faible pour faire le déplacement[9].
Elle décède à Cambridge le 3 octobre 2013.
En janvier 2014, une notice nécrologique[4] a été publiée par Simon Fishel, étudiant d'Edwards, dans RBM Online, une revue créée par Edwards avec le soutien de Fowler. Fishel écrit notamment :
C'était une femme remarquable, dotée de cette rare capacité à jongler avec trois, voire quatre, des rôles les plus difficiles et souvent contradictoires de nos vies complexes : mère accomplie, épouse et scientifique dont les travaux majeurs se sont étendus sur plus de trois décennies. Et pour ce quatrième rôle si précieux, elle apportait un soutien intellectuel et familial indéfectible à son époux, lauréat du prix Nobel ! Il était donc tout à fait approprié que, lorsqu'Edwards fut trop malade pour recevoir le prix Nobel en personne, ces mots soient prononcés : « En l'absence du lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de cette année, je demande à l'épouse et partenaire scientifique de longue date du professeur Edwards, le Dr Ruth Fowler Edwards, de s'avancer et de recevoir son prix des mains de Sa Majesté le Roi.
Vie privée
Robert Edwards et Ruth Fowler se sont mariés en 1956[10]. Ils ont eu cinq filles, nées entre 1959 et 1964 : Caroline, Jenny, Sarah et les jumelles Anna et Meg[11].
Bibliographie partielle
- (en) Fowler, R. E. et Edwards, R. G., « Induction of superovulation and pregnancy in mature mice by gonadotrophins », Journal of Endocrinology, vol. 15, no 4, , p. 374–384 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Fowler, R. E., « The growth and carcass composition of strains of mice selected for large and small body size », The Journal of Agricultural Science, vol. 51, no 2, , p. 137–148 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Fowler, R. E. et Edwards, R. G., « The fertility of mice selected for large or small body size », Genetics Research, vol. 1, no 3, , p. 393–407 (lire en ligne, consulté le ).
- (en) Fowler, R. E. et Edwards, R. G., « Effect of progesterone and oestrogen on pregnancy and embryonic mortality in adult mice following superovulation treatment », Journal of Endocrinology, vol. 20, , p. 1–8 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Edwards, R. G., Fowler, R. E., Gore-Langton, R. E., Gosden, R. G., Jones, E. C., Readhead, C. et Steptoe, P. C., « Normal and abnormal follicular growth in mouse, rat and human ovaries. », Reproduction, vol. 51, no 1, , p. 237–263 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Fowler, R. E., Edwards, R. G., Walters, D. E., Chan, S. T. H. et Steptoe, P. C., « Steroidogenesis in preovulatory follicles of patients given human menopausal and chorionic gonadotrophins as judged by the radioimmunoassay of steroids in follicular fluid », Journal of Endocrinology, vol. 77, no 2, , p. 161–169 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Edwards, R. G. et Fowler, R. E., « Human embryos in the laboratory », Scientific American, vol. 223, no 6, , p. 44–57 (lire en ligne, consulté le )
- (en) Fowler, R. E., Fox, N. L., Edwards, R. G. et Steptoe, P. C., « Steroid production from 17α-hydoxypregnenolone and dehydroepiandrosterone by human granulosa cells in vitro », Reproduction, vol. 54, no 1, , p. 109–117 (lire en ligne, consulté le )
Notes et références
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- (en) John Campbell, Rutherford : scientist supreme, Christchurch, N.Z., AAS Publications, , 516 p. (ISBN 978-0-473-05700-8, lire en ligne), p. 422
- Martin H. Johnson, « IVF: The women who helped make it happen », Reproductive Biomedicine & Society Online, vol. 8, , p. 1–6 (ISSN 2405-6618, PMID 30723816, PMCID 6352853, DOI 10.1016/j.rbms.2018.11.002, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « Nobel Prize in Physiology or Medicine 2010 », sur NobelPrize.org (consulté le )
- (en) Simon Fishel, « Ruth Fowler (1930–2013) », Reproductive BioMedicine Online, vol. 28, no 1, , p. 3–4 (ISSN 1472-6483 et 1472-6491, DOI 10.1016/j.rbmo.2013.10.005, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Arthur Stewart Eve, Rutherford: being the life and letters of the Rt. Hon. Lord Rutherford, O. M., Cambridge, Cambridge University Press, , 451 p. (lire en ligne), p. 288
- ↑ Ruth E. Fowler et R. G. Edwards, « INDUCTION OF SUPEROVULATION AND PREGNANCY IN MATURE MICE BY GONADOTROPHINS », Journal of Endocrinology, vol. 15, no 4, , p. 374–384 (ISSN 0022-0795 et 1479-6805, DOI 10.1677/joe.0.0150374, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Robert Geoffrey Edwards ; Patrick Christopher Steptoe, A matter of life, the story of a medical breakthrough, New York, William Morrow & Company, , 188 p. (lire en ligne), p. 120
- ↑ (en) John Campbell, Rutherford : scientist supreme, Christchurch, N.Z., AAS Publications, , 516 p. (ISBN 978-0-473-05700-8, lire en ligne), p. 483
- ↑ Martin H. Johnson, « IVF: The women who helped make it happen », Reproductive Biomedicine & Society Online, vol. 8, , p. 1–6 (ISSN 2405-6618, PMID 30723816, PMCID 6352853, DOI 10.1016/j.rbms.2018.11.002, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-GB) Martin H. Johnson, « Sir Robert Edwards obituary », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Martin H Johnson, « Robert Edwards: the path to IVF », Reprod Biomed Online, vol. 23, , p. 245–262 (lire en ligne
, consulté le )
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