Al-Qubab
| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Superficie |
13,92 km2 |
| Coordonnées |
| Population |
1 980 hab. () |
|---|---|
| Densité |
142,2 hab./km2 () |
Al-Qubab (القباب) est un village arabe palestinien situé dans le sous-district de Ramle. Il a été dépeuplé en , pendant la première guerre israélo-arabe.
Géographie
Le village d’al-Qubab était construit à 150 mètres d’altitude, à une dizaine de kilomètres de Ramla, dans une région de collines arrondies, au nord de la route entre Jaffa et Jérusalem. Le nom d’al-Qubab (en arabe, les dômes) vient probablement de ces collines[5]. Situé entre la plaine littorale et les monts de Judée, il faisait partie d’un groupe de villages appelés irqiyyat (les petites collines en arabe)[5]. La superficie des terres du village était de 13 918 dounams (soit 1392 hectares)[6], dont 861 dounams (86 hectares) étaient propriété juive et 389 (39 hectares) terres publiques, le reste appartenant à des Arabes[5]. Sur cette superficie, 51 hectares étaient non-cultivables[5]. Sur les terres cultivables 12 295 dounams étaient alloués à la culture des céréales, 238 dounams étaient classés comme terres irriguées ou plantations[7].
Histoire
Des vestiges datant éventuellement de l’Empire romain ont été mis au jour à al-Qubab[8]. Des fouilles archéologiques ont dégagé des tombes et des citernes datant des empires romain et byzantin[9],[10] et des céramiques des mêmes époques[9].
Des céramiques des débuts de la période islamique ont aussi été découvertes, dont un bol émaillé de la période du califat abbasside[9].
Période mamelouke
En 1483, à la fin de la période mamelouke, Mujir al-Din (en) écrit qu’al-Qubab relève de la juridiction de Ramla (ou Ramle)[11] et qu’en 898 AH, ou 1492 ère chrétienne, les fellahin se sont révoltés contre le gouverneur de Jérusalem. Ils sont alors pris entre les gouverneurs de Gaza et de Jérusalem, dont le village d’Al-Qubab relevait[8]. Le site de Khirbat Yarda recèle des fondations de maison, un pressoir à vin et un cimetière[5].
Des céramiques de la période mamelouke ont aussi été mises au jour à al-Qubab[9].
Empire ottoman
La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.
En 1838, al-Qubab est signalé comme village musulman sous le nom de Beit Kubab, dans la région d’Ibn Humar du district de Ramle[12].
Edward Robinson passe par le village en 1852 et le décrit comme un grand village[13].
En 1863, Victor Guérin estime sa population à au moins cinq cent habitants. Il signale les vergers de figuiers de Barbarie et les silos servant à stocker les productions agricoles. Il donne pour étymologie au nom du village "les voûtes", soit d’après les voûtes couronnant les maisons, soit d’après un sanctuaire de saint local[14]. Une liste de village ottomane des environs de 1870 recense 381 habitants de sexe masculin dans 114 maisons, les femmes n’étant pas recensées[15],[16].
En 1883, l’enquête du Palestine Exploration Fund (PEF) le décrit comme un « petit village aux maisons d’adobe construit sur une pente, proche de la grande route. » Il est entouré de figuiers de Barbarie et d’oliviers. La seule source d’approvisionnement en eau est assuré par la source d’Ain Yerdeh, à un mile 1/4 du village (deux kilomètres)[17].
Période du mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d’al-Qubab est conquise fin 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Les maisons construites au XXe siècle utilisaient la pierre liée à l’argile. Une école primaire de garçons est fondée en 1921, avec 233 élèves inscrits en 1947-48[5]. Lors du recensement de 1922 conduit par les autorités britanniques, Qubab a une population de 1275 habitants, tous musulmans[18] qui augmente à celui de 1931 à 1502 habitants, tous musulmans, dans 382 maisons[19]. Le village disposait d’une mosquée et de plusieurs boutiques sur la place du marché. Plusieurs sources et puits alimentaient le village en eau[5].
Dans les statistiques de Village de 1945, la population est estimée à 1980 musulmans[20],[6].
Guerre de 1948 et suites

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, le village d‘Al-Qubab est attribué à l’État arabe mais une partie de ses terres sont attribuées à l’État juif[21].
Les différents rapports, articles et ouvrages historiques divergent sur la date de conquête d’ al-Qubab par les milices sionistes le , le même jour qu’Abou Shousha, bien que l’histoire officielle israélienne situe cette prise de contrôle quinze jours plus tard, ce qui suggère que les combats acharnés des batailles de Latroun ont concerné al-Qubab et que les Israéliens ont mis quelques semaines à s’en assurer la maîtrise. Le , le New York Times indique que les habitants fuient en empruntant les pistes chamelières, la route principale étant fermée par l’armée israélienne[5]
Le , le premier ministre israélien David Ben Gourion obtient l’autorisation de détruire 14 villages arabes, dont al-Qubab, à la demande de Zvi Ayalon (en)[5]. Le village est presque entièrement rasé, seules l’école et quelques maisons subsistent.
Après la guerre, le village est annexé par Israël.
- Al-Qubab pendant la guerre de 1948.
-
Route menant à Al-Qubab en 1948.
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Photo d’al-Qubab (archives du Palmach). Légende : "Opération Yoram. Conquête d’Al-Qubab." 6 juillet 1948
-
Membres du 1er bataillon de la brigade Yiftach à al-Qubab après la première trêve. 1948
Période israélienne


La colonie de Gezer est établie sur les terres du village en 1945. Des immigrants tchécoslovaques fondent Mishmar Ayalon à l’emplacement du village détruit dès 1949 ; Kfar Bin Nun est fondé en 1952 sur les terres du village[5].
En 1992, l’historien Walid Khalidi présente ainsi ce qui subsiste du village : « La partie nord du kibboutz est couverte de bois. Le seul point de repère qui subsiste est l’école ; plusieurs maisons de pierre aux portes et aux fenêtres rectangulaires sont encore debout, quelques-unes étant habitées par des Israéliens. L’une est rectangulaire et a deux portes, une grande fenêtre et deux très petites, une sur le côté et l’autre en façade. Une autre maison fait un angle, avec un grand arbre dans la cour de devant. Une des maisons utilisée pour stocker le matériel agricole est rectangulaire, avec quatre entrées en façade et une grande fenêtre. On accède à une autre maison, convertie en boutique, par un escalier menant à un porche fermé par une grille en ferronnerie. Plusieurs arbres et d’autres plantes poussent sur le site, dont des eucalyptus et des caroubiers, des cactus et des queue-de-renard. Les terres alentour sont plantées d’amandiers et d’oliviers[3] »
Un monument aux combattants du Lehi, une milice sioniste des années 1940 (aussi appelé gang Stern), a été érigé en 2005 à Michmar Ayalon[22].
Voir aussi
Bibliographie complémentaire
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
- Ani Ali Al-Hindi, Al-Qubab. Min dhakira al-shuyukh ila qulub al-shahab [Al-Qubab. De la mémoire des anciens aux cœurs de la jeunesse], publié à Amman. Ce livre du souvenir contient 14 pages sur les traditions liées au mariage[23]
Articles connexes
Liens externes
- Welcome To al-Qubab
- al-Qubab et I come from there, Zochrot
- Survey of Western Palestine, Map 17: IAA, Wikimedia commons
Notes
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « al-Qubab » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Palmer, 1881, p. 313
- ↑ Morris, 2004, p. xix, village #240. Also gives cause of depopulation
- Khalidi, 1992, p. 407.
- ↑ Morris, 2004, p. xxi, colonie #84.
- » al-Qubab — القُباب », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 24 février 2026.
- Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 68.
- ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 116.
- Clermont-Ganneau, 1896, vol 2, pp. 83-85.
- Lupu, 2010, El-Qubab.
- ↑ Shachar, 2019, El-Qubab.
- ↑ Khalidi, 1992, p. 406.
- ↑ Robinson, Smith, 1841, volume 3, Appendix 2, p. 120.
- ↑ Robinson, 1856, p. 143-144.
- ↑ Guérin, 1868, p. 56-57, 314.
- ↑ Socin, 1879, p. 154
- ↑ Hartmann, 1883, p. 140, relève lui aussi 114 maisons.
- ↑ Conder and Kitchener, 1883, SWP III, p. 15.
- ↑ Barron, 1923, Table VII, Sub-district of Ramleh, p. 21.
- ↑ Mills, 1932, p. 22.
- ↑ Department of Statistics, 1945, p. 30.
- ↑ Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
- ↑ Israel and you, 15 juillet 2014.
- ↑ R. A. Davis, op. cit., p. 44.
Bibliographie
- Government of Palestine, Palestine: Report and General Abstracts of the Census of 1922, Barron, J.B., (lire en ligne)
- C.S. Clermont-Ganneau, [ARP] Archaeological Researches in Palestine 1873-1874, translated from the French by J. McFarlane, vol. 2, London, Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- C.R. Conder et H.H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology, vol. 3, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
- Alexander Glick, « Mishmar Ayyalon », Hadashot Arkheologiyot – Excavations and Surveys in Israel, no 118, (lire en ligne)
- V. Guérin, Description Géographique Historique et Archéologique de la Palestine, vol. 1: Judee, pt. 1, Paris, L'Imprimerie Nationale, (lire en ligne)
- S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Center, (lire en ligne [archive du ])
- Mordechai Haiman, « El-Qubab », Hadashot Arkheologiyot – Excavations and Surveys in Israel, no 126, (lire en ligne)
- M. Hartmann, « Die Ortschaftenliste des Liwa Jerusalem in dem türkischen Staatskalender für Syrien auf das Jahr 1288 der Flucht (1871) », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, vol. 6, , p. 102–149 (lire en ligne)
- W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
- Ronit Lupu, « El-Qubab », Hadashot Arkheologiyot – Excavations and Surveys in Israel, no 122, (lire en ligne)
- Government of Palestine, Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Mills, E., (lire en ligne)
- B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne) (pp. 257, 346, 354, 376, 395)
- E.H. Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 3, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
- E. Robinson et E. Smith, Later Biblical Researches in Palestine and adjacent regions: A Journal of Travels in the year 1852, London, John Murray, (lire en ligne)
- P. G. Saintine, Trois ans en Judée, Hachette, (lire en ligne) (p. 31, quoted in Guérin, 1868, p. 57)
- Dan Shachar, « El-Qubab », Hadashot Arkheologiyot – Excavations and Surveys in Israel, no 131, (lire en ligne)
- A. Socin, « Alphabetisches Verzeichniss von Ortschaften des Paschalik Jerusalem », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, vol. 2, , p. 135–163 (lire en ligne)
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