Fluence (physique)
| Dimension | L −2 |
|---|---|
| Nature | Grandeur scalaire intensive |
| Symbole usuel | |
| Lien à d'autres grandeurs |
En physique, la fluence ou exposition radiométrique décrit l'intensité avec laquelle un matériau a été historiquement traversé par un flux de particules, ou par un flux de rayonnement ionisant. C'est l'irradiance intégrée dans le temps (W m−2). Il correspond à l'intégration par rapport au temps du flux radiatif ayant traversé un volume élémentaire, exprimé en nombre de particules[1]. L’unité est le « nombre de particules.m−2 » (nombre de particules par mètre carré).
La fluence est aussi utilisée pour décrire l’énergie délivrée par unité d’aire[2], dans ce cas l’unité sera le J/m2. Cette grandeur est considérée comme une unité fondamentale de la dosimétrie.
Dans ce cas, elle est aussi utilisée dans certaines applications de la médecine ou orthodontie (épilation laser…).
Irradiation d'un matériau
Lorsqu'un matériau est soumis à un flux neutronique, la probabilité qu'il y ait une interaction entre le flux et ce matériau dépend de quatre grandeurs physiques, dont le produit donne la probabilité d'interaction par unité de volume et par unité de temps (en m−3 s−1) :
- Côté matériau, la probabilité est proportionnelle à la densité atomique (nombre d'atomes par unité de volume, en m−3), et à la section efficace de ces atomes pour l'interaction considérée (en m2). Le produit de ces deux grandeurs (en m−1) caractérise la capacité du matériau à intercepter le flux, c'est ce qui gouverne son facteur d'atténuation pour une épaisseur donnée.
- Côté flux, la probabilité d'une interaction est proportionnelle à la densité du nuage neutronique (en m−3) et à la vitesse moyenne des particules (en m s−1). Par définition, ces deux grandeurs ont pour produit le flux neutronique, lequel caractérise donc l'intensité de l’environnement radiatif dans lequel est plongé le matériau à un instant donné.
Par définition, la fluence est l'intégration du flux neutronique par rapport au temps. Cette grandeur physique caractérise donc la capacité de l'environnement nucléaire à provoquer des interactions pendant l'exposition correspondante - par exemple, du début à la fin d'une irradiation dans un réacteur de recherche, ou sur la durée de vie d'un réacteur pour déterminer la résistance de sa cuve. Il s'agit donc d'une quantité qui dépend de l'historique de l'irradiation au point considéré, historique pris à la fois dans le temps et dans l'espace.
Il faut souligner ici que même si le « flux neutronique » s'exprime en m−2 s−1, comme le ferait une densité de flux exprimée en « événements par mètre carré et par seconde », ni le flux neutronique ni la fluence ne sont des flux au sens de l'intégrale de surface d'un hypothétique champ vectoriel, traduisant le nombre de passages de particules à travers une surface élémentaire de référence. La différence entre le flux d'un champ vectoriel traversant une surface élémentaire en un point et un flux neutronique est claire si l'on considère qu'un flux, au sens physique du terme, aura par construction une distribution angulaire suivant l'orientation de la surface élémentaire , alors qu'un flux neutronique, étant défini sur un volume, est par nature essentiellement scalaire, donc nécessairement isotrope. De ce point de vue, un « flux neutronique » n'est donc certainement pas un « flux », mais la vitesse de variation d'une fluence.
La fluence n'est pas limitée aux flux neutroniques ou au rayonnement bêta, qui sont portés par des particules, mais peut être de même définie pour tous les flux énergétiques entraînés par une onde électromagnétique, et en particulier le rayonnement gamma, à partir du moment où des particules sont susceptibles d'interagir avec de la matière : c'est également le cas des photons, quelle qu'en soit l'énergie. La même définition s'applique, la différence étant que dans le cas de photons, la vitesse des particules est égale à la vitesse de la lumière dans le milieu considéré.
Contrôle de la fluence
La fluence (du faisceau d'un accélérateur linéaire de particules par exemple) peut être contrôlée en amont via le contrôle de la source d'émission de particules ou de rayonnement ; ou plus en aval, par des modulateurs/absorbeurs, ou par l'action de champs via un collimateur multilames par exemple[3]. Le contrôle précis de la fluence est notamment important pour les appareils de radiothérapie où la dose délivrée doit être optimisée en fonction de l'objectif thérapeutique et de la forme et nature biologique de la tumeur à traiter.
En physique des réacteurs nucléaires
Dans ce domaine, la fluence est l'intégrale calendaire du flux neutronique.
Elle s'exprime usuellement en neutrons par centimètre carré (neutrons/cm2).
Par exemple la fluence en neutrons rapides d'énergie supérieure à un mégaélectronvolt (vitesse supérieure à 13 830 km/s) reçue par la paroi de la cuve d'un réacteur en fin de vie peut atteindre 6 × 1019 neutrons/cm2 (soit une mole par mètre carré).
Grandeurs et unités photométriques et radiométriques
Le tableau ci-dessous rassemble les grandeurs, symboles, unités et dimensions des grandeurs énergétiques ou radiométriques, ainsi que des grandeurs lumineuses ou photométriques qui leur sont associées[4] selon la norme ISO 80000-7[5].
Le tableau ci-dessous présente les relations entre les grandeurs radiométriques et les grandeurs photométriques.
| Grandeur | Symbole | Unité SI (symbole) | Dimension[6] | Description |
|---|---|---|---|---|
| Efficacité lumineuse (d'un rayonnement) | K | lumen par watt (lm W−1) | JΩM−1L−2T3 | Quotient du flux lumineux sur le flux énergétique |
| Efficacité lumineuse (d'une source) | η[13] | lumen par watt (lm W−1) | JΩM−1L−2T3 | Quotient du flux lumineux sur la puissance consommée |
| Coefficient lumineux | V | 1 | Efficacité lumineuse normalisée par l'efficacité maximale possible |
Notes et références
- ↑ Commission internationale des unités et mesures radiologiques, Radiation Quantities and Units, avril 1980 sur icru.org
- ↑ Grandeurs dosimétriques, physique pour la médecine
- ↑ (en) James M. Galvin, Xuan-Gen Chen et Robert M. Smith, « Combining multileaf fields to modulate fluence distributions » [« Combiner les champs multilames pour moduler les distributions de fluence »], International Journal of Radiation Oncology*Biology*Physics, vol. 27, no 3, , p. 697-705 (DOI 10.1016/0360-3016(93)90399-G).
- ↑ Terrien et Desvignes 1972, p. 30 ; Sève 2009, p. 308-311.
- ↑ « ISO 80000-7:2008(fr) — Grandeurs et unités — Partie 7 : Lumière », sur iso.org (consulté le )
- Les symboles dans cette colonne indiquent des dimensions : "M", "L", "T" et "J" correspondent à la masse, la longueur, la durée et l'intensité lumineuse, et non aux symboles des unités mètre, litre, tesla et joule.
- Bureau international des poids et mesures 2019, p. 28
- ↑ Le terme « radiance » est utilisé sous l'influence de la langue anglaise : Sève 2009, p. 308-311. Le terme « luminance énergétique » est conseillé par le Bureau international des poids et mesures 2019, p. 28.
- ↑ La plupart des auteurs utilisent le terme « luminance » bien que le Bureau international des poids et mesures conseille l'utilisation du terme « luminance lumineuse » : Bureau international des poids et mesures 2019, p. 28.
- ↑ Le Bureau international des poids et mesures 2019, p. 28 préconise l'expression « éclairement énergétique ».
- ↑ Le mot « exitance » remplace « émittance » ; le terme « radiance » a été abandonné pour éviter la confusion car il signifie luminance énergétique en anglais et est actuellement utilisé dans ce sens : Sève 2009, p. 308-311.
- ↑ Le terme « lumination » est essentiellement utilisé dans le domaine de la photographie où l'on utilise plutôt la notion d'indice de lumination IL (exposure value EV) : Bouillot 2005, p. 147-149.
- ↑ Le symbole alternatif ρ est parfois utilisé pour l'efficacité lumineuse d'une source.
Voir aussi
Articles connexes
Lien externe
Bibliographie
- Bolton, J. R., & Linden, K. G. (2003). Standardization of methods for fluence (UV dose) determination in bench-scale UV experiments. Journal of Environmental Engineering, 129(3), 209-215.
- Feynman, J., Spitale, G., Wang, J., & Gabriel, S. (1993). Interplanetary proton fluence model: JPL 1991. JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH-ALL SERIES-, 98, 13-281.
- Van der Westhuizen, A. J., Eloff, J. N., & Kruger, G. H. J. (1986). Effect of temperature and light (fluence rate) on the composition of the toxin of the cyanobacterium Microcystis aeruginosa (UV-006). Archiv für Hydrobiologie, 108(2), 145-154.
Content Disclaimer
Informasi ini disarikan dari Wikipedia dan disajikan kembali untuk tujuan edukasi. Konten tersedia di bawah lisensi CC BY-SA 3.0. Kami tidak bertanggung jawab atas ketidakakuratan data yang bersumber dari kontribusi publik tersebut.
- The information displayed on this website is sourced in part or in whole from Wikipedia and has been adapted for the purpose of restating it. We strive to provide accurate and relevant information, however:
- There is no guarantee of absolute accuracy. Wikipedia is an open, collaborative project that can be edited by anyone, so information is subject to change.
- It is not intended to constitute professional advice. The content displayed is for informational and educational purposes only. For important decisions (e.g., medical, legal, or financial), please consult a professional.
- Content copyright. Wikipedia is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike License (CC BY-SA). This means that content may be reused with appropriate attribution and shared under a similar license.
- Responsible use. Any risk arising from the use of information from this website is entirely the responsibility of the user.
