Milo Bošković

Milo Bošković (Brčeli, Jasenovac, ) est un médecin qui a participé à la guerre de libération nationale et un héros national de Yougoslavie.

Biographie

Éducation

Il est né le dans le village de Brčeli, près de la ville côtière et le port de Bar[1],[2],[3],[4]. Son père, Ivo, travaillait aux États-Unis tandis que Milo restait au Monténégro avec sa mère et ses frères[3]. Il a terminé l`école primaire dans son village natal et ses études secondaires à Cetinje[3]. Il a étudié la médecine à l'Université de Bologne, où il a obtenu son diplôme en 1937 avec la note maximale de 110/110, le meilleur possible à l'époque[3],[4].

Il est arrivé à Belgrade peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale[4]. Comme médecin, il s'est spécialisé en parasitologie et a travaillé comme assistant à l'Institut de bactériologie de l'École vétérinaire de Belgrade[2],[4].

Imprimerie secrète du Comité central du parti

D'abord il était un sympathisant, puis, après 1940, il est devenu membre du Parti communiste de Yougoslavie (KPJ)[4]. En , sur les instructions du Comité central du parti, il loua une maison au centre de Belgrade[1],[5]. Durant l'occupation allemande, le sous-sol de cette maison abritait l'imprimerie clandestine du Comité central. Branko Đonović et Slobodan Jović, héros nationaux yougoslaves, y travaillèrent d'abord en secret comme imprimeurs. Afin d'échapper à la Gestapo, Milo ouvrit un cabinet médical dans la maison, puis il est marié officiellement Zagorka Zaga Jovanović, étudiante en médecine et employée de l'imprimerie[6]. Ljubica Janović, également employée de l'imprimerie, elle est engagée comme gouvernante pour le couple. L'existence de l'imprimerie était connue de très peu de personnes, dont Milo Bošković, le maréchal Josip Broz Tito, le propriétaire de la maison, et feu Svetozar Vukmanović Tempo[4]. Début , Milo était recherché par la Gestapo, soupçonné d'être un "espion anglais"[5]. Lorsque la police est entrée dans la maison, Milo a réussi à se cacher par l'entrée secrète du placard au sous-sol, où se trouvait l'imprimerie. Zaga et Ljubica expliquaient plus tard à la police que Milo était allé rendre visite à des proches à l'extérieur de Belgrade[5].

Arrestation

Pour sa propre sécurité, ainsi que celle de l'imprimerie, Milo a voyagé précipitamment à Zagreb en , conformément aux instructions du parti[4],[1],[5],[6]. Il avait utilisé de faux documents au nom de Vinko Tomašević pour ce voyage. À son arrivée à Zagreb le , il a rencontré Ivanka Muačević-Nikoliš afin de contacter les partisans dans la zone libérée du pays par son intermédiaire[1],[5]. Alors qu'ils marchaient dans la rue, un policier oustachi a reconnu Ivanka, déjà suspectée auprès de la Gestapo, et les arrêta tous deux[4]. On n'envoie jamais une personne au-dessus de tout soupçon rencontrer une personne déjà suspectée et étroitement surveillée par les autorités. En prison, il α torturé et sauvagement battu[5]. On le roua de coups, on lui arracha toutes les dents de devant, puis on le jeta du deuxième étage du commissariat[5]. Malgré sa jambe cassée, Milo ne confessa rien, ni sur ses activités ni sur l'imprimerie clandestine de Belgrade[5],[6].

Mort

N’ayant pu lui soutirer aucun aveu concernant ses activités, malgré les tortures atroces qu'il subit, Milo est transféré au camp de Stara Gradiška, puis, fin , au camp de concentration de Jasenovac[6],[5]. Avec plusieurs autres prisonniers, il préparait une évasion, mais les gardes les découvrirent. Après avoir été sauvagement battu, le tribunal oustachi nazi le condamna à mort par pendaison[5],[1]. Le jour de son exécution, le , Milo se présenta devant le commandant du camp, Dinko Šakić[1],[7]. Sur le lieu de l'exécution, protestant contre la manière dont on comptait le tuer, il a crié : "Je suis Monténégrin et je proteste contre cette façon honteuse d'appliquer la peine de mort[7]. Dans notre pays, on tue par les armes."[1],[7] Sakic a décidé alors d'exaucer son "dernier souhait". Milo refusait de tourner le dos et de se cacher les yeux, et Sakic lui tira une balle[1],[7]. Par décret du Président de la république fédérative socialiste de Yougoslavie, Josip Broz Tito, le , il a été proclamé héros national de Yougoslavie[1]. Les conseils municipaux de la municipalité de Bar au Monténégro et de Belgrade en Serbie ont nommé deux rues en son honneur.

Musée

La maison qui abritait l'imprimerie et où demeurait Milo Bosković est transformée le en musée consacré à l'imprimerie clandestine et intégrée au musée de la ville de Belgrade[4]. L'exposition présentait le travail de toutes les imprimeries ont fonctionné durant l'occupation du territoire de Belgrade[4]. La même année, une plaque commémorative est apposée sur la maison et, le , le bâtiment est classé monument culturel d'importance exceptionnelle. Le musée a fermé ses portes aux visiteurs en et la maison a été restituée à ses héritiers après un litige juridique avec les autorités administratives de la municipalité de Belgrade.

Famille

Milo Bosković avait deux frères plus jeunes, Đuro et Petar. Đuro Bošković (1914-1945) était avocat et membre d'une organisation révolutionnaire. Il a participé à la guerre de libération nationale et il s'est particulièrement distingué lors de la bataille de Sutjeska[8]. Il a exercè au sein du Service de sécurité yougoslave (OZNA), il était tué pendant de l'opération de libération de Belgrade des nazis et de leurs collaborateurs locaux.Petar Bošković (1931-2011) était diplomate et ambassadeur de la République fédérative socialiste de Yougoslavie à Chypre, tandis qu'en 1999 il était témoin au procès du commandant du camp de Jasenovac, Dinko Šakić, qui était alors condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de son frère Milo. La sœur de Milo, Velika Bosković, était l'une des pionnières, combattantes de la 4e brigade prolétarienne monténégrine qui a participé aux batailles de l'Armée partisane de libération nationale.

Notes et références

  1. a b c d e f g h et i (sr) Narodni heroji Jugoslavije, Belgrade, Narodna knjiga,
  2. a et b « Bošković Iva Milo », sur znaci.org/
  3. a b c et d (sr) « dr Milo Bošković – Revolucionar dorastao ideji, Podvizi i smrt heroja u jasenovačkom paklu », Dan,‎ (lire en ligne)
  4. a b c d e f g h i et j (sr) Svetozar Bucalović, Dr Milo Bošković, ilegalna štamparija u okupiranom Beogradu, Belgrade, CID, (ISBN 978-8-6804-4626-4)
  5. a b c d e f g h i et j (sr) « Crnogorac nikad ne kleči », Dan,‎ (lire en ligne)
  6. a b c et d (sr) « Blede sećanja na ilegalnu štampariju CK », Poltika,‎ (lire en ligne)
  7. a b c et d (sr) « Izabrao otpor i herojsku smrt kličući komunizmu », Dan,‎ (lire en ligne)
  8. Vladimir Dedijer (1953). Prilozi za biografiju Josipa Broza Tita, tom 2, Beograd, Kultura, page 345

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