L’Oranjegekte (en français : « folie orange »)[N 1], également connue en tant qu'Oranjekoorts (« fièvre orange »)[N 2], est un phénomène observé aux Pays-Bas lors d'événements sportifs de premier plan, avec, en particulier, les championnats internationaux de football ou la Formule 1 autour de Max Verstappen, ainsi que pendant l'annuelle fête du Roi (Koningsdag), célébrant l’anniversaire du roi. Le phénomène a aussi des manifestations notables lors des intronisations des monarques, comme pour celles de Juliana (1948), de Beatrix (1980) et de Willem-Alexander (2013).
Initialement confinés aux quelques célébrations annuelles de la monarchie, les Oranjekoortsen se sont élargis au cours du XXe siècle aux événements sportifs, compte tenu de la ferveur populaire que représentaient ces manifestations[2]. Les festivités étaient originellement organisées au niveau local par des associations de quartier et par les Oranjeverenigingen (littéralement, « associations orange »), et financièrement aidées par le gouvernement des Pays-Bas. Ces célébrations monarchiques marquantes incluent notamment le mariage en de la princesse Juliana des Pays-Bas (alors princesse héritière) et du prince Bernhard de Lippe-Biesterfeld. La commune d’Emmen et d’autres villes néerlandaises ont même célébré leur union jusqu’au commencement de la Seconde Guerre mondiale[3].
Les Oranjegekten sont souvent comparés à la Tartan Army, les supporters de l’équipe de football d’Écosse. Le caractère commun mis en évidence avec ces deux types de « soutien » est la formation d’une identité nationale, à la fois personnelle et collective, mais aussi irrationnelle[7]. Certaines institutions, comme le Comité national olympique néerlandais, cultivent le phénomène en orchestrant des événements sportifs d’une telle sorte que se développe la « fièvre orange », qui suscitera de plus amples encouragements à l’égard les athlètes olympiques néerlandais[8].
Le phénomène revêt aussi une dimension éminemment commerciale. De nombreuses entreprises surfent ainsi sur la vague en introduisant sur le marché néerlandais des éditions orange de leurs produits traditionnels. Les secteurs concernés veillent soigneusement à répondre à la demande populaire de gadgets orange, en particulier lors des coupes du monde de football, durant lesquelles fleurissent de nombreuses annonces publicitaires orientées sur l’Oranjegekte. Beaucoup de marques et de chaînes de supermarchés lancent des produits dérivés pour ces événements sportifs, connus de tous : chapeaux Heineken, ainsi que Wuppies, Welpies et Beesies de la chaîne Albert Heijn. De même, des artistes populaires produisent des chansons pour les championnats de football européens et mondiaux, en référence à l’équipe des Pays-Bas, habituellement connue, par métonymie, sous le nom d’ « Oranje » (Orange).
Le sociologue Dick Houtman décrit la « fièvre orange » comme un phénomène présentant un désir d’identité culturelle, qui s’exprime également par une stigmatisation des autres identités, jugées avec la supposée identité néerlandaise[9].
Notes et références
Source
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Oranjegekte » (voir la liste des auteurs).
Notes
↑Prononcé [oˈrɑɲə-ɛktə]. Au pluriel, le mot se conjugue en Oranjegekten.
↑Le terme se prononce [oˈrɑɲəko:ɾts]. Le pluriel de ce terme est Oranjekoortsen.
↑(en) W.P. Blockmans, De Nederlandse constitutionele monarchie in een veranderend Europa, Kluwer, , 212 p. (ISBN9789013037777, lire en ligne), « De toegevoegde waarde », p. 127-132
↑Joep de Hart, Voorbeelden en nabeelden : historische vergelijkingen naar aanleiding van de dood van Fortuyn en Hazes, Sociaal en Cultureel Planbureau, , 111 p. (ISBN978-90-377-0248-4, lire en ligne), p. 52-60
↑Dick Houtman, Op jacht naar de echte Werkelijkheid : Dromen over authenticiteit in een wereld zonder Fundamenten, Amsterdam UP, , 48 p. (ISBN978-90-8555-003-7, lire en ligne), p. 18