Pompe

Une pompe est un dispositif permettant d'aspirer et/ou de refouler un liquide ou un gaz (pour les gaz qui sont compressibles, le terme plus correct est compresseur). Les pompes modernes ont été développées à partir du XVIIIe siècle. Les pompes entraînées par un moteur Diesel ou un moteur électrique, utilisées de nos jours, peuvent avoir des débits de pompage très élevés, en basse pression pour la circulation de l'eau et en haute pression (plus de 400 bars) pour l'oléohydraulique.

Pompe à eau à Fixin (Bourgogne).
Pompe à eau citadine à Bruges.

Histoire

Le besoin de transporter et d'élever l'eau, des rivières ou des puits jusqu'aux lieux d'utilisation, apparaît vraisemblablement dès que l'humanité se sédentarise. Le puisage et le transport à la seule force musculaire humaine à l'aide de récipients sont fastidieux et ont de faibles rendements[1]. Le développement de l'agriculture et sa maîtrise, l'essor des villes et de la démographie, l'altitude des terres cultivables, sont autant de facteurs liés à la mécanisation du puisage de l'eau, principalement pour l'irrigation autre que gravitaire[2]. Le captage de la ressource hydraulique au moyen de seaux ou d'outres à l'aide de balancier est attesté à partir du IIIe millénaire av. J.-C.[3]. La vis d’Archimède, aussi appelée vis sans fin, est un dispositif mis au point par Archimède lors d'un voyage en Égypte, permettant aux habitants du bord du Nil d'arroser leurs terrains.. La pompe à eau à pistons naît probablement à Alexandrie, dans la première moitié du IIIe siècle av. J.-C., dans le contexte des travaux de Ctésibios sur la pompe à air pour l’orgue hydraulique. L’ouvrage de Philon de Byzance intitulé Pneumatiques, au milieu du IIIe siècle av. J.-C., est le premier texte conservé à décrire la pompe à eau jusqu’au texte du De architectura de Vitruve qui décrit la « machine de Ctésibios » vers 25 après J.C.[4]. L'ancienne pompe à godets fut inventée en Chine au Ier siècle apr. J.-C.

Durant l'époque de la culture gréco-romaine, de nombreux principes de physique et d'hydraulique sont découverts, mais pas forcément développés. Ctésibios se heurte notamment à la difficulté de concevoir des cylindres et pistons suffisamment réguliers pour jouer l'un dans l'autre sans accrocs. D'anciennes théories selon lesquelles ces découvertes ne servent souvent qu'à la démonstration de calculs mathématiques (jeux intellectuels) ou aux divertissements (fontaines, jeux d'eau, tours de magie, etc.), ou encore qu'elles ne trouvent pas d'intérêt économique face à la main d’œuvre presque gratuite des esclaves sont largement controversées par les études les plus récentes qui questionnent l'impact de ces techniques sur les rendements agricoles, le bien-être et l'état sanitaire des populations[5],[6].

En 1643, Torricelli explique pourquoi une pompe ne peut pas aspirer d'eau à plus de 10,3 m. On doit aussi à cette époque[Laquelle ?] l'invention des écluses (afin d'éviter les vitesses d'écoulement trop rapide) et les dispositifs anti-béliers sur les conduites fermées, afin d'éviter l'éclatement des conduites. Les principes des pompes centrifuges et des pompes à vide sont découverts à la fin du XVIIIe siècle.

Industrialisation

Les moulins (à eau ou à vent, selon les pays) seront le principal moyen de production d'énergie autre que l'énergie animale ou humaine. L'explosion démographique dans la deuxième partie du XVIIIe siècle obligera à mécaniser l'outil de production. Il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle pour que les premières pompes soient réellement construites et utilisées de façon industrielle.

Typologie des pompes

Techniques d'élévation de l'eau

Beaucoup de systèmes ne sont pas à proprement parler des pompes mais des machines élévatoires, ou élévatrices, parmi lesquelles on trouve tous les procédés utilisant des récipients remplis d'eau, quels que soient leur niveau de mécanisation ou d'entraînement; les arrosoirs, seaux, paniers ou rigoles basculantes, godets, éventuellement entraînés par des systèmes de cordes et poulies, de chaines ou de roues à aubes sont des dispositifs d'élévation de l'eau par transport[7],[1],[8].

Classification

On peut classer les pompes de plusieurs façons qui évoluent au cours de l'histoire: selon la technologie employée pour le pompage, le fluide pompé, l'énergie motrice, le mouvement rotatif ou rectiligne du système, ou bien selon l'usage qui en est fait[9]. Considérant les pompes en tant que mécanisme, elles se divisent en deux grandes classes [10]:

  • les pompes rotodynamiques regroupant les pompes centrifuges, hélicocentrifuges, et les hélices[11];
  • Les pompes volumétriques, comprenant les pompes volumétriques alternatives (piston et membrane) et les pompes volumétriques rotatives (palettes, lobes, vis, engrenages...)[12].

Autres classements

Les mouvements d'entraînement transmis aux organes des pompes sont comme tous les mouvements mécaniques de deux grands types : rotatif ou rectiligne (alternatif).

On parle de familles de pompes par usages, comme les pompes de transfert, les pompes d'irrigation, les circulateurs de chauffage, les pompes doseuses, etc. Ces familles par usage comprennent parfois des technologies de pompes différentes (rotodynamique, volumétrique alternative ou volumétrique rotative).

Les pompes peuvent être classées selon leur mode d'entraînement : manuelles, électriques...

Machines élévatoires

Puits à balancier

Le puits à balancier, puits cigogne, seau à bascule, ou encore chadouf, est une machine élévatoire qui utilise le principe du levier pour puiser et élever l'eau d'un puits, d'un point d'eau ou d'un cours d'eau. Un levier, pivotant sur un support, est lesté à une extrémité; l'autre extrémité suspend un récipient au bout d'une perche en bois, d'une corde ou d'une chaîne. Le système, actionné manuellement, diminue considérablement l'effort nécessaire au puisage, et est adapté pour des hauteurs d'élévation d'environ 2 à 3 mètres[13]. Le puits à balancier est le premier mécanisme connu d'élévation de l'eau, représenté notamment sur un sceau-cylindre de l'empire d'Akkad, en Mésopotamie, vers [14].

Roue élévatoire

Le terme Noria désigne tous les mécanismes destinés à élever l'eau à l'aide d'une roue, parmi lesquels on retrouve les puits à roue, les manèges ou roues persanes, ou encore les pompes à chapelet[15],[16],[17],[18].

Pompe à chapelet

Le chapelet, initialement incliné de 30 à 40°, est constitué de deux axes horizontaux autour desquels s'enroule une sorte de chaîne sans fin; elle peut être en bois, en métal ou en corde. Des planchettes rectangulaires, perpendiculaires et solidaires de la chaîne, y sont disposées à intervalles réguliers. Les deux brins de la chaîne sont tendus entre les deux axes, et le brin inférieur, équipé de ses planchettes, se loge dans un canal, en forme de U, qui épouse leur formes.

Le chapelet vertical apparaît ensuite comme une évolution du chapelet incliné, avec de meilleures performances que son prédécesseur; le canal en forme de U devient une conduite rectangulaire fermée et l'ensemble est installé verticalement. Il évolue ensuite avec le remplacement du canal de transport de l'eau par un tuyau, les planchettes sont remplacées par des rondelles faisant monter l'eau[19],[20].

Chaine à godets

D'autres variantes de la chaine à godets sont apparues dès l'antiquité : la roue persane, appelée aussi noria par extension. Ces variantes étaient surtout utilisées pour l'irrigation.

Roue persane

Tympan

Vis d'Archimède

La vis d'Archimède, parfois abusivement appelée vis sans fin, est un dispositif qu’Archimède aurait mis au point lors d’un voyage en Égypte, permettant aux habitants du bord du Nil d'arroser leurs terrains.

Pompes volumétriques

Une pompe volumétrique est un type de pompe dans laquelle le mouvement du fluide est créé car un volume de fluide isolé est forcé à se déplacer jusqu’à l’orifice de sortie. Dans la plupart des pompes volumétriques, le fluide est également comprimé avant son refoulement. Elles sont d'une grande diversité, et divisée en deux catégories : les pompes alternatives et rotatives. Dans les bases de données de brevets, elles portent le nom de « pompes à déplacement positif ».

Pompe à piston

Pompe à vin à piston.

La pompe à piston est composée de plusieurs parties telles que la crépine, la soupape d’aspiration, le piston, la tringle, le tuyau de refoulement ou la superstructure[21].

Ce type de pompe utilise un piston coulissant de manière étanche dans un cylindre pour repousser un fluide, admis précédemment dans le cylindre par l'intermédiaire d'un clapet, d'une soupape ou d'une lumière, grâce à l'aspiration provoquée par le recul du piston.

Les performances sont élevées :

Il existe différents montages mécaniques, dont :

Pompe à pistons axiaux

Les pistons sont situés parallèlement à l'axe de transmission. Ils fonctionnent grâce à :

  • une glace sur laquelle glissent les patins situés en pied de pistons ;
  • un barillet dans lequel sont logés les pistons.

Certaines pompes peuvent fonctionner avec des solutions aqueuses, voire à l'eau pure.

Pompe à pistons radiaux

Pompe à pistons radiaux

Dans la pompe à pistons radiaux, les pistons se déplacent vers l’extérieur et vers l’intérieur en formant un angle de 90 degrés par rapport à l’axe de l’arbre. Lorsque le poussoir roule vers le bas de la came (logement ovale), le piston se déplace vers l’extérieur. La pression atmosphérique ou une pompe de charge pousse l’huile à travers l’orifice d’entrée de valve et remplit l’espace laissé par le mouvement du piston. Lorsque le poussoir roule vers le haut de la came (logement ovale), le piston se déplace vers l’intérieur. L’huile est poussée hors du cylindre et à travers l’orifice de sortie (refoulement)[22].

Pompe à palettes

Ce type de pompe est surtout utilisé pour diminuer ou augmenter la pression des gaz : pompe à vide, compresseur d'air, climatiseur, réfrigérateur, etc.

Il est aussi très utilisé dans les circuits hydrauliques. Elles sont à débits fixes ou variables.

Les pompes à palettes sont peu bruyantes.

Bélier hydraulique

Le bélier hydraulique est un dispositif mécanique et hydraulique qui permet de pomper de l'eau jusqu'à une hauteur plus élevée que la source, sans autre apport d'énergie que celui de la masse d'eau qui fait naître le phénomène. Le système inventé en par l'anglais Whitehurst et automatisé en par les frères Montgolfier utilise le phénomène du coup de bélier, provoqué par la fermeture rapide d'un clapet, pour transformer l'énergie cinétique de l'eau en onde de pression[23]. Cette pompe assez rustique a le désavantage principal de laisser passer en contrebas une grande quantité d'eau dont seule une petite partie remonte vers le point d'utilisation[24].

Pompe péristaltique

Une pompe péristaltique (appelée aussi parfois pompe à galets) utilise un tube flexible dans lequel le liquide ou le gaz est entraîné par un système de cames ou de galets pressant le tube à l'intérieur de la pompe.

Pompe à engrenages

Pompe Valdès

Pompe par Airlift

Ce type de pompe est parfois appelé également « pompe par injection d'air », « pompe à émulsion » ou encore « émulseur »[25]. C'est un système de pompage simple d'un liquide par injection d'air comprimé dans une canalisation.

Pompe à membrane

Fonctionnement d'une pompe pneumatique à membrane.

Les pompes à membrane, ou pompe à diaphragme, fonctionnent avec une membrane qui oscille, faisant varier le volume d'une cavité, généralement cylindrique, équipée de clapets à l'admission et au refoulement. L'oscillation de la membrane peut être créée par un excentrique mû par un moteur, un piston, un moteur linéaire, une vibration électromagnétique, ou de l'air comprimé. Elles sont utilisées pour le transfert, le dosage ou le mélange de fluides. Elles permettent le pompage de l'air, de l’eau, du sang, des gels, des boues, des pâtes, des colles, des suspensions et des émulsions. Elles sont adaptées au transfert des produits visqueux, abrasifs ou corrosifs et acceptent également des liquides contenant des particules[26].

Pompe à anneau liquide

Une pompe à anneau liquide est une pompe rotative constituée principalement d'un corps de pompe fixe et d'une roue à aubes entraînée en rotation. Un liquide est présent, et est centrifugé contre les parois du corps de pompe. La roue à aubes est placée de façon excentrique par rapport au corps de la pompe, ce qui permet de comprimer le gaz pompé avant de l'évacuer. Cette pompe est utilisée comme pompe à vide ou comme compresseur de gaz.

Pompe à vis excentrée

La pompe à vis excentrée, aussi nommée pompe à cavité progressive se fonde sur le principe d’un rotor hélicoïdal tournant dans un stator hélicoïdal. René Moineau est l'inventeur de la pompe à cavité progressive. Ces pompes sont utilisées pour le transfert de fluides pâteux ou visqueux, y compris en présence de corps solides, voire de boues, abrasifs, hétérogènes, fragiles, émulsionnants ou multibasiques. Un exemple industriel fut inventé en 1939 par l'ingénieur français René Moineau.

Pompes rotodynamiques

Coupe transversale d'une pompe à eau domestique.

Pompe centrifuge

Il s'agit d'une application concrète de la force centrifuge. Le principe utilisé est celui de la roue à aubes courbe[27]. La roue est placée dans une enceinte (le corps de pompe) possédant deux ou plusieurs orifices, le premier dans l'axe de rotation (aspiration), le second perpendiculaire à l'axe de rotation (refoulement). Le liquide pris entre deux aubes se trouve contraint de tourner avec celle-ci, la force centrifuge repousse alors la masse du liquide vers l'extérieur de la roue où la seule sortie possible sera l'orifice de refoulement.

L'énergie fluide est donc celle provenant de la force centrifuge.

Pour une même pompe, le débit varie :

  • proportionnellement à la vitesse de rotation ;
  • avec la différence de pression entre l'entrée et la sortie : plus celle-ci est élevée, plus le débit est faible ;
  • en fonction des caractéristiques du fluide, telle que la viscosité, la température, la densité.

Cette variation de débit est donnée par la courbe de fonctionnement de la pompe, indiquée par le fournisseur de celle-ci. La courbe indique le débit de la pompe centrifuge, qui est fonction de la hauteur totale qu’elle engendre pour une vitesse de rotation donnée. Cette courbe est d’allure parabolique.

Pompe rotative axiale

Le principe est proche de celui de l'hélice de bateau. Le fluide rentre par le milieu sur l'axe de rotation et le mouvement des aubes de l'hélice plaque le liquide contre la paroi grâce à la force centrifuge, ce qui l'engouffre dans le tuyau perpendiculaire à l'axe et crée une succion qui attire plus de liquide et améliore l'efficacité de la pompe. Cette pompe tourne rapidement à plein régime mais est relativement limitée en termes de pression.

Elle trouve son application pour de grands débits sur de faibles dénivelés (faible différence de pression, plusieurs milliers de m³/h) dans le domaine de l'eau (captage de l'eau potable), de l'industrie nucléaire (système de refroidissement du circuit primaire des centrales nucléaires) ou accélérateurs gravitaires.

Pompes par type d'entraînement

Pompe à bras

La pompe à bras est la conséquence des recherches menées par Ctésibios au IIIe siècle av. J.-C. à Alexandrie. Les efforts qu'il entreprend dans la réalisation de son orgue hydraulique le mènent à inventer le piston au cœur de nombreuses machines hydrauliques et notamment les pompes.

Ce qui n'était souvent qu'un objet de curiosité pour les grecs sera mis en pratique par les romains, notamment dans les mines pour réaliser l'exhaure. Ces systèmes de pompe sont décrits par Philon, Vitruve (machina Ctesibica) et Héron d'Alexandrie[28].

Les Grecs et les Romains furent parmi les premiers à poser les bases de l'hydraulique. Tous ces systèmes furent utilisés pour relever l'eau dans des aqueducs alimentant les villes et les bains.

Dès l'époque romaine, deux pompes nous sont parvenues dans un état de conservation important. L'une à la mine de Sotiel Coronada à Calañas en Espagne, l'autre à Bolsena en Italie[28].

Une pompe à foulement romaine est visible au musée gallo-romain de Lyon[29]. Installée au fond d'un puits à six mètres de profondeur, elle permettait de pomper soixante litres par minute. Une autre est visible au musée Vésunna de Périgueux.

Le principe de ces pompes établi par les Grecs se retrouve dans les pompes à bras urbaines mises en place par la fontainerie, notamment au XVIIIe siècle et XIXe siècle ainsi que dans les engins de lutte contre l'incendie, apparus début XVIIe siècle, les pompes à bras de pompier.

Pompe aspirante.

Fin XVIIIe siècle, en termes de fontainerie, une pompe désigne une machine composée de tuyaux cylindriques de bois, de plomb ou de potin, d'un piston et de soupape, dont on se sert pour puiser l'eau et l'élever. Pomper équivaut à mouvoir le piston d'une pompe pour faire monter l'eau. Il existe différentes espèces de pompe, à savoir : la pompe aspirante, la pompe foulante, la pompe aspirante et foulante, la pompe à cylindre et la pompe noyée. Toutes ces pompes se meuvent, soit à bras par une bascule, soit par eau, soit par un manège ; le mécanisme en diffère selon leur position[F 1] :

  • pompe aspirante ou ordinaire : agit par le moyen de la pression de l'air. Elle aspire jusqu'à 32 pieds (soit 10,33 mètres, comme l'a montré Evangelista Torricelli en 1644) de hauteur du niveau de l'eau. Dans le corps du tuyau cylindrique est renfermé un piston percé, garni d'une soupape ou clapet ;
  • pompe refoulante : élève l'eau de même que la précédente. Son piston, au lieu d'avoir un clapet, est massif et agit dans le tuyau d'aspiration ; sous ce piston est un clapet et un coude pour que l'eau puisse s'échapper, lorsqu'elle est comprimée par le piston ;
  • pompe aspirante et foulante : fait le service des deux précédentes. On en fait usage pour élever l'eau où on peut désirer dans les divers étages d'une maison ;
  • pompe à cylindre : semblable à la pompe refoulante, excepté que le corps de pompe est fermé par une boîte nommée suffinboc, dans laquelle passe une tringle en cuivre que l'on nomme « cylindre », à laquelle est fixé le piston ;
  • pompe noyée ou élévatoire : la plus simple de toutes comme la moins sujette à entretien, monte l'eau à une grande hauteur ; elle se place au fond du puits ; le piston qui est plein agit au bas du corps ; l'eau entrant par des ouvertures faites dans la pompe au-dessus du piston est foulée et élevée par lui, puis retenue par un clapet qui est placé au-dessus de ce piston.

Pompe à vent

Éolienne de relevage d'eau Bollée no 3, 1901, à Souilly, département de la Meuse, en Lorraine, France. Une éolienne actionnant une pompe.

Les moulins à eau et à vent furent les premiers dispositifs à fournir une énergie « non musculaire » relativement abondante. D'abord utilisés pour moudre le grain, ils furent ensuite couplés à des pompes à élever les eaux. En particulier, ils furent utilisés aux Pays-Bas pour extraire l'eau des polders. Le premier polder de ce type fut celui de Beemster en Hollande septentrionale en 1612. Plus tard, la force hydraulique appliquée à des pompes fut également utilisée à d'autres fins. Une des réalisations les plus remarquables fut la machine de Marly.

La pompe à eau de Porcheresse[30] fonctionna de 1870 à 1952 et de nombreuses pompes à bélier fonctionnent encore de nos jours.

L’éolienne Bollée est un type d'éolienne inventé par Ernest-Sylvain Bollée (1814-1891), qui servait au pompage de l'eau. Elle fut produite en France de 1872 à 1933, à environ 350 exemplaires, qui furent installés principalement en France, dans quarante-quatre départements. Environ 80 sont encore visibles. Bolée dépose en 1857 le brevet d'un bélier hydraulique.

Pompe à feu

Principe de la machine à vapeur à balancier de Thomas Newcomen (1712). La machine actionne une pompe placée au fond de la mine, réalisant l'exhaure de la mine.

Les pompes mues par une machine à vapeur étaient couramment appelées « pompe à feu ».

L'apparition de la machine à vapeur (Denis Papin) permet la mécanisation des secteurs industriels où les besoins étaient en pleine expansion (coton, charbon).

Le besoin constant de minerai de charbon apparut avec le développement de l'ère industrielle, obligeant la recherche de celui-ci à des profondeurs qui ne permettaient plus le travail à ciel ouvert. Les infiltrations d'eau noyant de façon continue les galeries souterraines, on utilisa alors de façon régulière des pompes pour évacuer cette eau. Il s'agit probablement là de la première utilisation industrielle des pompes. À partir de 1712 Thomas Newcomen met au point une machine à vapeur activant une pompe utilisable pour l’exhaure des mines. Celle-ci est par la suite améliorée par James Watt en 1784. Il s'agissait en fait de pompes à piston (machine de Watt) dont l'énergie provenait de la vapeur produite par de l'eau chauffée par un foyer. Ce foyer ouvert provoquait régulièrement des incendies dans les galeries.

Pompes à entraînement électrique à partir du XIXe siècle

C'est au cours de ce siècle qu'une seconde évolution dans la technique des pompes fit son apparition, cette fois grâce à l'énergie électrique.

Celle-ci permit le développement des pompes à principe rotatif, turbines et pompes centrifuges. En fait, depuis près d'un siècle, aucun grand principe de pompe n'a été découvert. Seuls les matériaux utilisés et la précision d'usinage permirent aux pompes d'évoluer vers de meilleurs rendements, de plus grands débits et de plus hautes pressions.

Le seul fait d'utiliser un liquide pour la fabrication d'un produit implique nécessairement l'utilisation de pompes.

Pompes modernes

Les pompes répondent toutes au même besoin : déplacer un liquide d’un point à un autre.

Pour déplacer ce liquide, il faut lui communiquer de l'énergie. Les pompes remplissent cette fonction.

Le moteur qui alimente les pompes transforme l'énergie thermique ou électrique en énergie mécanique pour permettre le mouvement des organes des pompes. Cette énergie mécanique est retransmise au fluide.

Cette énergie fluide se traduit sous forme de débit (énergie cinétique) et de pression (énergie potentielle). Ces énergies vont s'échanger et se consommer dans les circuits de l'installation.

Pompes par application

Pompe oléohydraulique

Pompe doseuse

Circulateur

Le circulateur désigne une pompe installée spécialement sur le circuit d'une installation de chauffage.

Pompe à vide

Une pompe à vide est un mécanisme permettant de faire le vide, c'est-à-dire d'extraire l'air ou tout autre gaz contenu dans une enceinte close, afin d'en diminuer la pression.

Applications

Les pompes sont utilisées pour une multitude d'application, de l'origine pour les besoins en eau potable ou l'irrigation des champs aux découpes de métal à haute pression. Des pompes de dosage, généralement volumétriques,de l'industrie agroalimentaire ou chimique aux pompes des circuits de refroidissement de l'industrie nucléaire, en passant par le pompage des hydrocarbures[31].

Caractéristiques

La fonction première d'une pompe est d'élever une certaine quantité de fluide à une hauteur définie. Ses caractéristiques fondamentales sont donc le débit du fluide et la hauteur maximum à laquelle la pompe peut l'élever.

Le débit s'exprime en volume par unité de temps, par exemple en m3/h.

La hauteur est appelée hauteur manométrique totale (Hm), souvent abrégé hauteur manométrique, et s'exprime généralement en mètre de colonne d'eau; elle est l'écart de pression maximum possible entre l'entrée et la sortie de la pompe.

Deux autres paramètres sont essentiels pour les pompes : la pression maximum admissible et la NPSH (Net Positive Suction Head)

La puissance du moteur d'entraînement d'une pompe doit être supérieure à l'énergie mécanique transmise au liquide pour son déplacement.

Formules

Cylindrée théorique
Pour les pompes volumétriques, c'est le volume de fluide déplacé par unité de mouvement (un aller-retour pour les pompes rectilignes, un tour pour les pompes rotatives).
La cylindrée se note et s'exprime en m3/mouvement.
Fréquence
C'est le nombre de mouvements du moteur entraînant la pompe par unité de temps.
La fréquence se note et s'exprime en mouvements par seconde.
Débit volumique théorique
C'est le volume de fluide déplacé théorique par unité de temps.
Le débit volumique théorique se note et s'exprime en m3/s.
Différence de pression théorique
C'est la différence entre la pression du fluide théorique en sortie et la pression du fluide en entrée.
La différence de pression théorique se note et s'exprime en pascals (Pa).
Couple théorique
C'est le couple fourni par le moteur en entrée pour produire la différence de pression théorique.
Le couple théorique se note et s'exprime en newtons mètres (N m).
Puissance mécanique (ou théorique)
C'est la puissance fournie par le moteur en entrée pour produire la différence de pression théorique.
La puissance mécanique se note et s'exprime en watts (W).
Puissance hydraulique (ou réelle)
C'est la puissance fournie par le fluide en sortie (ou la puissance fournie par le moteur en entrée pour produire la différence de pression réelle).
La puissance hydraulique se note et s'exprime en watts (W).
Rendement volumétrique
C'est le rapport entre le débit réel et le débit théorique.
Le rendement volumétrique se note et s'exprime sans unité.
Il est toujours inférieur à 1 en raison des fuites et de la compressibilité du fluide.
Rendement hydromécanique
C'est le rapport entre la différence de pression réelle et la différence de pression théorique.
Le rendement mécanique se note et s'exprime sans unité.
Il est toujours inférieur à 1 en raison des frottements fluides entre le fluide et les parois et des frottements mécaniques entre les différentes pièces.
Rendement énergétique (ou global)
C'est le rapport entre la puissance hydraulique et la puissance mécanique.
Le rendement global se note et s'exprime sans unité.
Il est toujours inférieur à 1 en raison des fuites et de la compressibilité du fluide ainsi que des frottements fluides entre le fluide et les parois et des frottements mécaniques entre les différentes pièces.

Bibliographie

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Notes et références

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  27. C. Pfleiderer (trad. Louis Bergeron), Les pompes centrifuges, Paris, Dunod, , 536 p. (lire en ligne)
  28. a et b Philippe Fleury, Sophie Madeleine, « L’accès aux sources anciennes sur le modèle virtuel de la Rome antique », Schedae, université Caen Normandie,‎ (lire en ligne Accès libre [PDF])
  29. Hugues Savay-Guerraz, « La pompe en bois de Lyon », dans Jean-Pierre Brun et Jean-Luc Fiches, Énergie hydraulique et machines élévatrices d'eau dans l'Antiquité, Publications du centre Jean Bérard, , 259 p. (ISBN 978-2-903189-94-5, lire en ligne), p. 19-31
  30. Pompe à eau de Porcheresse.
  31. Syndicat des professionnels du pompage, Guide technique installations de pompage d'eau, Snecorep, , 444 p. (ISBN 978-2-9583368-1-3, lire en ligne), p. 20-22

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