Toamasina

Toamasina
Tamatave
Blason de Toamasina
Héraldique
De haut en bas et de gauche à droite : l'avenue de l'indépendance, l'Hôtel de ville, le port, et l'usine d'Ambatovy.
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Province Toamasina
(capitale)
Région Atsinanana
(préfecture)
District lui-même
Préfet Philibert Hervé Andriamanantsoa
Députés Roland Ratsiraka (KOL)
Lucien Irmah Naharimamy (IRMAR)
Maire
Mandat
Alain Andriafanomezantsoa[1] (IRMAR)
2025–2030
Code postal 501
Démographie
Gentilé Tamatavien/ne [2]
Population 378 966 hab. (2022)
Densité 1 353 hab./km2
Géographie
Coordonnées 18° 08′ 50″ sud, 49° 23′ 43″ est
Superficie 28 000 ha = 280 km2
Localisation
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Toamasina
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Toamasina

Toamasina (en français Tamatave), est une grande ville portuaire d'environ 379 000 habitants[3] dans l'est de Madagascar, chef-lieu de la région d'Atsinanana (« Est » en français) et de la province de Toamasina. La cité est située à 353 km au nord-est de la capitale, Antananarivo. Sa superficie de 28 km2 correspond au district de Toamasina-I ; son aire urbaine est estimée à 458 000 habitants en 2021[4], ce qui en fait la deuxième ville du pays.

Géographie

Sur le plan géographique, Tamatave est située entre d'un côté, à l'est, l'océan Indien, territoire des requins, et de l'autre, à l'ouest, une forêt dense, tandis que deux fleuves encradrent aussi la ville avec l'Ivoloina au nord et l'Ivondro au sud. On y trouve également des marais, dans la plupart des quartiers périphiques (notamment dans la partie occidentale et méridionale). Cette configuration la rendant assez difficile d'accès depuis l'intérieur des terres, puisque seule la RN 2 venant d'Antananarivo aboutie au sud-est de la ville.

Climat

Le climat est de type tropical : températures chaudes et des pluies fréquentes tout au long de l'année (avec pour Tamatave une température moyenne de 24°C pour 3 500 mm de pluie par an[5]). Les températures minimales se rencontrent en juillet et août avec 17°C, tandis les maximales sont en janvier et février avec 31°C. En ce qui concerne les précipitations, le mois d'octobre est le plus sec avec seulement 108 mm de pluie, tandis que le mois de mars est le plus humide avec 384 mm.

De janvier à avril, la saison chaude est rythmée par des tempêtes tropicales qui peuvent parfois évoluées en cyclones extrêmement violents.

Toponymie

Sur les cartes du XVIIe siècle apparaît le nom de « Port-aux-Prunes »[réf. souhaitée]. De nos jours, le nom d'« Île aux Prunes » est porté par un îlot inhabité à 10 milles nautiques au nord-nord-est de Tamatave et sur lequel se trouve un phare.

Le sieur de Flacourt est le premier à mentionner Tamatave en 1655, dans son ouvrage Histoire de la grande île Madagascar :

« Depuis la baie d'Antongil que l'on nomme ici Manghabei, jusqu'au Port-aux-Prunes, qu'ils [les Malgaches] nomment Tamatavy. »

Au cours du XVIIIe siècle ces deux noms de « Port-aux-Prunes » ou « Tametavi » figurent sur les cartes, avec parfois une variante : « Port-Tametavi ».

Sur la Chart of part of the east coast of Madagascar, établie par le chevalier Grenier en 1768 et publiée en 1782 à Londres, figure pour la première fois le nom de la ville sous sa forme actuelle[réf. souhaitée], Tamatave. Ce nom remplace définitivement celui de « Port-aux-Prunes », qui n'apparaît plus par la suite en cartographie.

Le toponyme malgache Toamasina semble n'apparaître dans aucun document d'origine européenne avant Histoire et géographie de Madagascar de Henry Descamps (1884). L'interprétation traditionnelle de ce nom est la suivante : le roi merina des Hauts-Plateaux, Radama Ier, découvrant la mer pour la première fois lors de sa conquête de Madagascar, aurait porté un peu d'eau à sa bouche et se serait exclamé : Toa masina ! (« C'est salé ! »).

La ville et sa province portent officiellement seul le nom de Toamasina, mais le nom français de Tamatave est toujours autant utilisé.

Histoire

La ville prend son essor sous le règne de Radama Ier (1816-1828), qui l’utilise comme plateforme commerciale pour la traite des esclaves avec les puissances occidentales[6].

La présence de deux lignes de récifs coralliens protège la rade de Toamasina contre la haute mer et lui assure une sécurité relative[7].

Avec la colonisation française à la fin du XIXe siècle, elle devient, au détriment de Majunga, le premier port de l’île et donc la principale fenêtre maritime du pays. La majorité du commerce avec les Britanniques transite alors par Toamasina. On y trouve également des maisons de négoce américaines, allemandes et suisses. Les Indiens sont aussi très nombreux, quant aux Chinois, ils possèdent à cette époque une centaine de magasins dans lesquels ils vendent surtout des denrées à l'usage des Européens, mais aussi du riz. La présence de plus en plus nombreuse de ces derniers porte préjudice à l'activité commerciale des autochtones, au point où l'administration coloniale finit par prendre des mesures, comme les taxes de capitation élevées, afin d'atténuer les effets de cette concurrence[7].

Toujours à la fin du XIXe siècle, un entrepreneur français prend l'initiative de construire un appontement d'une longueur de 200 à 500 mètres qui, éclairé la nuit, facilite les opérations d'embarquement et de débarquement tant des marchandises que des passagers, notamment durant les fortes houles[7].

Mais, résultat de constructions sommaires et fragiles, la ville est presque totalement détruite par le cyclone tropical du . La volonté de ses habitants et une aide financière importante de l’île Maurice permettent de reconstruire une ville plus moderne et mieux organisée[8].

Tamatave doit à la période coloniale son plan en damier autour de l'avenue de l'Indépendance, qui débute par l'hôtel de ville à l'ouest et se termine à l'est par la place de la République s'ouvrant sur la mer.

En 1929, le premier port en eau profonde permettant de décharger directement à terre marchandises et passagers est construit par un consortium franco-allemand.

En , la ville fut de nouveau détruite à 80 % par le cyclone Geralda.

Le , survient un nouveau cyclone dévastateur baptisé Gezani qui détruit entre 75% et 90 % de la ville[9]. Le bilan au pour Madagascar est d'un minimum de 59 morts et plus de 425 000 sinistrés, dont la majorité est signalée dans la région de Toamasina (41 décès)[10].

Politique et administration

Depuis , le maire de Toamasina est Alain Lova Andriafanomezantsoa. Voir aussi la liste des maires de Toamasina

Situation administrative

Le territoire de la commune de Tamatave correspond à celui du district de Tamatave I. La commune compte 138 fokontany[11].

Jumelage

Population et société

Démographie

Évolution démographique
1993 2000 2005 2007
137 782173 633204 247217 950
Nombre retenu à partir de 1993 : population sans doubles comptes.
(Source : www.pnae.mg[12])

Toamasina est une ville cosmopolite, majoritairement peuplée par les Betsimisaraka. En plus des autres ethnies de l'île, elle abrite aussi une très importante communauté chinoise (le plus souvent métissée), indo-pakistanaise, ainsi qu'une minorité européenne.

Avec sa population d'environ 379 000 habitants, elle est la deuxième agglomération de Madagascar, derrière Antananarivo la capitale, mais devant Antsirabe, Mahajanga et Fianarantsoa. Elle est aussi la capitale économique du pays.

Éducation

Lycée J. Rabemananjara de Toamasina
Lycée J. Rabemananjara
Enseignement primaire privé à Toamasina
Enseignement primaire privé

La ville compte une université, fondée en 1977. Son campus se trouve aux limites occidentales de la ville.

Il n'y a qu'un seul lycée public pour toute la ville, nommé « Jacques Rabemananjara » et regroupant quelque 4 000 élèves. Les autres lycées sont des établissements privés, en grande partie ecclésiastiques, par exemple : le « lycée Stella Maris ». Un Lycée français existe également.

Au sein du primaire, les écoles privées combinant maternelle et élémentaire (la dernière classe s'appelant la 7e) foisonnent ; elles mettent souvent en avant un accent sur l'expression française ou anglaise.

Toamasina abrite « Épigasy », seul centre d'apprentissage post-bac dédié aux métiers de boulanger et pâtissier situé sur le sol malgache, fondé en 2017. Installé dans le quartier de Tanamakoa, proche du Lycée français, il forme gratuitement en alternance pendant douze mois des jeunes de 18 à 25 ans issus principalement de couches défavorisées et maitrisant la langue française. Cette institution remonte à l'engagement d'une association suisse avec laquelle un échange est maintenu[13].

Lieux de culte

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens :

Il y a également des mosquées.

Économie

Grues du port de Tamatave.

Agriculture, industrie et ressources minières

Capitale de l’est, au débouché du canal des Pangalanes (axe majeur de transport des marchandises le long de la côte est malgache), Tamatave est le principal port maritime de Madagascar qui permet d'exporter les produits agricoles de la région : vanille, girofle, litchi, café. C'est aussi par la voie maritime que le pays importe ses besoins en hydrocarbures et c'est pour cette raison que la ville possède une importante raffinerie de pétrole assurant l’approvisionnement de la capitale.

Depuis 2007, le grand projet minier d'Ambatovy, situé à moins de 250 kilomètres au sud-ouest de la ville et conduit par un consortium étranger (Sherritt, SNC Lavallin, Sumitomo Corporation), incite celui-ci à construire une usine de traitement de minerais de cobalt et de nickel dans la banlieue sud de la ville (le minerai est alors acheminé par pipeline depuis le site minier). Ainsi traité, il est transporté par train de marchandises jusqu'au port de Toamasina pour y être exporté. Ce projet a métamorphosé l'économie de la région en réduisant sensiblement le taux de chômage, et permis de réhabiliter plusieurs infrastructures.

Coopération et humanitaire

Depuis 2004, la ville accueille le siège du PPRR financé par le FIDA.

Ce programme, d'une durée de vie de huit ans, englobe les régions de l'Est et d'Analanjirofo et a pour objectif de réduire la pauvreté rurale par l'accroissement des revenus des producteurs et le renforcement des communautés de base à prendre en charge leur développement.

Dans la partie est de Madagascar, plus de 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté[15].

Transports

Tranports interurbains

La ville est reliée par voie aérienne avec l'aéroport Ambalamanasy, situé à la périphérie nord de la ville.

Elle est aussi desservie par voie ferrée via la ligne Tananarive-Côte Est, dont la gare de Toamasina, formellement son terminus, a repris de l'activité jusqu'à Moramanga pour le service voyageur, le [16],[17],[18].

Elle est également accessible par les routes nationales 2 (vers Antananarivo) et 5 (vers le nord, par exemple : Foulpointe, Fénérive-Est, Soanierana Ivongo — désservant l'île Sainte-Marie —, Mananara Avaratra et Maroantsetra). La première autoroute malgache actuellement en construction doit relier Antananarivo à Toamasina en 2 h 30.

Transports urbains

Malgré le fait que Toamasina est la deuxième agglomération la plus peuplée du pays, elle ne possède plus aucun réseau de transports en commun (analogues aux taxis be encore en circulation à Antananarivo), ceux-ci ayant été supprimés depuis la pandémie de Covid-19. La majorité de la population ne disposant pas de moyens de locomotion personnels fait alors appel aux très nombreux cyclo-pousses et tuk-tuks qui parcourent la ville.

Transports maritimes

Le port autonome de Toamasina est le plus grand port du pays absorbant 80% du fret maritime malgache avec le monde extérieur. En 2016, l'Agence de coopération internationale du Japon (JICA), débloque un prêt concessionnel de 411 millions de dollars, représentant 65 % des 638 millions de dollars nécessaires à la modernisation et à l’extension des installations portuaires. L'ambition du gouvernement malgache est de quadrupler la capacité du port et faire de Toamasina une plateforme portuaire de redistribution des marchandises supranationale[19].

Patrimoine

Culture et patrimoine

Personnalités liées à la commune

Devise

  • "Lakana tsara voha manafak'onja" (« Un bon bateau ouvre les vagues »).

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. « Elections municipales à Madagascar : les nouveaux Maires sont connus ! », sur aimf.asso.fr, (consulté le ).
  2. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/no_106_janv-mars_2009_cle446315.pdf
  3. « Tableau 7 : Evolution de l’effectif de la population par Arrondissement dans le district de Toamasina I », Région Atsinanana en chiffres no. 2, page 15 – Office de statistique malgache instat.mg (consulté le ).
  4. Population data, https://www.macrotrends.net/cities/21796/toamasina/population macrotrends.net, consulté le 8 juin 2022
  5. Selon le site officiel France Diplomatie
  6. Gwyn Campbell, An Economic History of Imperial Madagascar, 1750-1895: The Rise and Fall of an Island Empire, Cambridge University Press, UK, 2005, p. 69
  7. a b et c Pela Ravailtera, « Une grande effervescence commerciale à Toamasina », sur L'Express de Madagascar, (consulté le ).
  8. « A destination de Toamasina ou Tamatave – Tanora Iray », sur letananarivien.com (consulté le ).
  9. (fr)franceinfo avec AFP, « "C'est le chaos total" : à Madagascar, le cyclone Gezani fait au moins 20 morts, la deuxième ville du pays "détruite à 75%" », sur franceinfo.fr, (consulté le ) : « De nombreux blessés graves et des personnes disparues sont également à déplorer. »
  10. « Cyclone Gezani : Bilan provisoire des dégâts enregistrés », Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes, (consulté le ).
  11. « Région Astinanana en chiffres 2022 - N°2 », Ministère de l'économie et des fininances - Institut national de la statistique,‎ , p. 10 (lire en ligne [PDF])
  12. [PDF] Population.
  13. « Epigasy | centre | Toamasina, Madagascar », sur Epigasy (consulté le )
  14. J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 1768
  15. Selon le site officiel du PPRR
  16. Manuel Marchal, « Madagascar : retour du train de voyageurs entre Moramanga et Tamatave », sur Témoignages.RE - https://www.temoignages.re, (consulté le ).
  17. Madagascar-Tribune.com, « Bientôt une ligne de train directe entre Moramanga et Toamasina », sur Madagascar-Tribune.com, (consulté le ).
  18. « Madagascar : le train reprend du service », sur Mayotte la 1ère, (consulté le ).
  19. « Le port malgache de Toamasina veut croire en son destin de hub océanique – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le ).

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