Daniel Sorano est le fils de Gabriel Sorano, greffier en chef à la cour d’appel de Dakar, et de Marie Michas, descendante de la signare (du portugais senhora : jeunes femmes noires ou métisses, de la Petite-Côte du Sénégal, dans les comptoirs de Rufisque, Gorée et Saint-Louis jusqu'au milieu du XIXe siècle) Marianne Blanchot, elle-même fille de François Blanchot, gouverneur du Sénégal.
Plusieurs fois diplômé du conservatoire de Toulouse en théâtre comme en chant, Daniel Sorano y rencontrera sa femme Suzanne Deilhes. Débouté par le conservatoire de chant, qui préfère le voir à la comédie, il intègre la troupe du Grenier de Toulouse en 1945. Maurice Sarrazin le met en scène dans Le Carthaginois qui remportera le Concours des Jeunes compagnies. Il y côtoiera Simone Turck, Pierre Mirat, André Thorent, Maurice Germain ou encore Jean Bousquet. Les critiques de l’époque le remarquèrent pour un rôle muet, celui de Biondello dans La Mégère apprivoisée de Shakespeare. Chaque soir il s’attache les oreilles avec du fil de pêche et mange trois pommes sur scène en roulant des yeux. La performance fit grand bruit à l’époque.
Jean Vilar
En 1952, il intègre le TNP aux côtés de Jean Vilar qui lui demandera de reprendre le rôle de La Flèche dans L'Avare. Le soir après la première, Jean Vilar se retrouvait dans les loges près de Daniel. Il explique qu’il n’avait pas surveillé le rôle de Daniel Sorano et il lui glisse à l’oreille « Ce soir, j’ai appris comment on jouait Molière. »
En 1955, Jean Vilar lui demande de mettre en scène L'Étourdi dans lequel il sera Mascarille, cette même année il est Joshua Farnaby dans Marie Tudor et Arlequin dans Le Triomphe de l'amour. Il sera enfin Figaro dans Le Mariage de Figaro en 1956, Ivan Triletski dans Ce fou de Platonov et Argan dans Le Malade imaginaire dont il sera le metteur en scène. Daniel Sorano était alors considéré comme un acteur « moliéresque » très apprécié en Scapin, Sganarelle ou Mascarille.
Peu à peu, le cinéma lui fait les yeux doux et, après sa consécration pour Cyrano de Bergerac, les rôles se succèdent.
De 1945 à 1962, Sorano joue dans 44 pièces de théâtre différentes. Il faut inclure dans ce total les 16 pièces interprétées avec le TNP dans la cour du Palais des Papes (1 100 représentations). Il joue les grands classiques comme des créations de son époque. Il fait, durant ces mêmes années, 16 enregistrements de 45 tours, plus de 90 enregistrements pour la radio. Infatigable en apparence, Daniel Sorano meurt alors qu'il cumulait un tournage et deux pièces de théâtre en alternance entre Paris et Amsterdam.
Sa mort survient après le tournage de la dernière scène du film Le Scorpion de Serge Hanin où il joue Peter Carl et alors qu'il vient de signer pour jouer dans Le Guépard de Luchino Visconti. Cette mort suscita d'ailleurs la polémique car sa chemise était couverte de faux sang pour les besoins du film.[réf. nécessaire] Il est inhumé à Pernes-les-Fontaines en costume[2]. Plus tard, sa famille fit changer le costume, suivant les dernières volontés du défunt. Lors d'une interview, Daniel Sorano avait en effet émis le souhait d'être, à la manière de son ami Gérard Philipe, enterré vêtu du costume de Cyrano et avec son épée. Sa femme conserva néanmoins le chapeau et la prothèse nasale du film.
Vie privée
Il était marié avec la chanteuse d'opérette Suzanne Deilhes Sorano, dont il a trois enfants.
Un prix Daniel-Sorano a été créé, remis par l’Académie des arts et des sciences de Toulouse. Philippe Caubère a notamment reçu cette distinction.
Le souvenir de l'acteur survit notamment par de nombreux théâtres et salles qui portent son nom. La troupe de théâtre Daniel Sorano compta Tchéky Karyo dans ses rangs. La scène nationale du Sénégal à Dakar est le théâtre national Daniel-Sorano puisqu'il avait des origines sénégalaises. Le théâtre municipal de Toulouse est Le Sorano. À Vincennes, dans le Val-de-Marne, l'Espace Daniel-Sorano est un lieu culturel pluridisciplinaire[3].