Paul Freiss

Paul Freiss, né le à Hangenbieten et mort le dans la même ville, est un résistant français actif en Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale. Agent de renseignement pour les Alliés dès 1941, il intègre le réseau Martial des Forces françaises combattantes après et devient capitaine des Forces françaises de l'intérieur en 1944.

Biographie

Paul Freiss, employé dans une entreprise de pièces détachées automobiles (établissements Keller) à Strasbourg, entretient dès 1928 des liens avec l'assureur Robert Falbisaner[1].

Activités de renseignement

À partir de , Paul Freiss entreprend des missions de renseignement pour les Alliés. Il filme secrètement les rassemblements de propagande nazie et les formations paramilitaires (SA, NSKK) afin de documenter cette activité dans les territoires annexés. Ces documents, développés à Berlin, sont ensuite acheminés vers Paris par ses soins et remis aux contacts de Robert Falbisaner[1].

Parallèlement, il organise des filières d'évasion, collectant vivres et vêtements pour les prisonniers de guerre (PG) évadés et les fugitifs, hébergés par groupes de six à dix chez le médecin Marius Zimmerlin ou les abbés Magron et Ramp de la paroisse Saint-Jean de Strasbourg[1].

Au sein du réseau Martial

En , après l'évasion d'Alsace de Robert Falbisaner, Paul Freiss franchit illégalement la ligne de démarcation et le rejoint à Lyon. Muni d'une fausse carte d'identité fournie par le commissaire Ernest Braesch, il peut circuler librement en zone non occupée[1].

Grâce à ses contacts dans les administrations, particulièrement Alfred Graff (chambre de commerce de Strasbourg) et Léon Brunstein (employé municipal), Paul Freiss obtient des autorisations d'achat de matériel lui permettant de justifier ses déplacements en Alsace, à Paris et en zone libre[1].

Après l'arrestation de Charles Bareiss le à Mulhouse, Paul Freiss reprend la direction de l'organisation clandestine locale et entre dans réseau Martial des Forces françaises combattantes (FFC). Son réseau comprend notamment le commerçant strasbourgeois Joseph Foehr, les garagistes Victor Dagorn (Obernai), Conrad Karrer (Barr) et René Stouvenel (Wisches), ainsi que le représentant Yves Bouchard et l'ancien adjudant Joseph Seger, spécialisé dans les renseignements militaires[1].

Paul Freiss établit des contacts avec un agent de l'Abwehr basé dans l'ancien bureau des douanes françaises à Strasbourg, obtenant des informations sur la dispersion des usines allemandes en Forêt-Noire, dans le Wurtemberg et en Alsace. Ces renseignements sont transmis à Marcel Kibler et Jean Eschbach[1].

Ses activités d'espionnage industriel incluent l'obtention des plans de fabrication de l'arme V1 via le directeur de l'entreprise de Dietrich (Reichshoffen), transmis à Londres par le réseau Ajax. Il collecte également des informations sur la construction d'un réacteur macromolléculaire à l'hôpital de Strasbourg grâce à Paul Epp (Hospices civils). Par ailleurs, il surveille les activités des usines Bugatti (Molsheim) et de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (Illkirch-Graffenstaden)[1].

Réunions de Grendelbruch

En 1944, Paul Freiss participe à la planification de la libération envisagée des camps de concentration de Natzweiler-Struthof et de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Il organise deux réunions clandestines dans un chalet de Grendelbruch : la première du 17 au avec Marcel Kibler et Jean Eschbach guidés par le corps franc des passeurs de la vallée de la Bruche sous les ordres de René Stouvenel et de Michel Ferry ; la seconde du 27 au avec Guy d'Ornant et des représentants des FFI de Moselle. À cette occasion, il reçoit le grade de capitaine FFI[1].

Après le débarquement de Normandie, Paul Freiss reçoit de Marcel Kibler une proclamation de l'état-major du général Leclerc et en coordonne la diffusion. Le texte, traduit en allemand par Eugène Mey, est imprimé à 10 000 exemplaires par Albert Sohn à Saverne[1].

Échapper aux arrestations

En , malgré les menaces répétées des autorités nazies et des miliciens, Paul Freiss échappe aux arrestations grâce à l'intervention du général Frantz Vaterrodt, gouverneur militaire de Strasbourg[1].

Distinctions

« Officier des Forces Françaises de l'Intérieur en Alsace, animé d'un courage exemplaire et d'un esprit d'organisation de première qualité.

A rendu d'éminents services lors de la réorganisation des Forces Françaises de la Résistance en Alsace. A accompli personnellement les missions les plus dangereuses avec un esprit digne de tous les éloges, à l'entière satisfaction de ses chefs. »

Notes et références

  1. a b c d e f g h i j k et l Le Normand 2016.
  2. Base des médaillés de la résistance, « Freiss Paul », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

  • Eric Le Normand, Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA) (ill. Christophe Clavel), « Paul Freiss », dans La résistance des Alsaciens, Fondation de la Résistance, département AERI, (ISBN 978-2-915742-32-9). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article DVD pédagogique.
  • Hélène Bigot (dir.), Jean-Claude Richez (dir.) et Léon Strauss (dir.), Résistantes et résistants strasbourgeois, Strasbourg, , 226 p. (ISBN 978-2-493781-33-8, ISSN 2970-0108), p. 41,42,109.Voir et modifier les données sur Wikidata
  • Georges Foessel, « Freiss Paul », dans Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, t. 11, , p. 1022-1023.
  • Jean de Poligny, G.M.A Vosges : D'après les souvenirs du capitaine Rivière, , 245 p.

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